Sondage Marine Le Pen: Les partis majoritaires brandissent l'argument du vote utile

POLITIQUE Le risque d'un 21 avril bis appuie leur stratégie...

Maud Pierron

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Le relèvement du plafond à partir duquel un contribuable doit acquitter l'impôt sur la fortune (ISF) est "une hypothèse" étudiée dans le cadre de la réforme fiscale voulue par le gouvernement, a affirmé dimanche le ministre du Budget François Baroin.
Le relèvement du plafond à partir duquel un contribuable doit acquitter l'impôt sur la fortune (ISF) est "une hypothèse" étudiée dans le cadre de la réforme fiscale voulue par le gouvernement, a affirmé dimanche le ministre du Budget François Baroin. — Lionel Bonaventure afp.com

Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle… Passé le choc de ce sondage ce week-end, les partis majoritaires ont retrouvé leurs réflexes en réclamant le rassemblement autour de leur candidat pour parer la menace d’un 21  avril – à l’envers ou à l’endroit.

A droite, on veut éloigner le risque Villepin

Dominique de Villepin, qui pourrait jouer les dissidents à droite en 2012, est l’objet de toutes les attentions en ce début de semaine, alors qu’il a petit déjeuné avec le chef de l’Etat ce lundi matin.

François Baroin, porte-parole du gouvernement, l’a appelé sur Europe 1 à retrouver sa place à l’UMP «le plus vite possible», ajoutant que «ce sera aussi un élément de réponse à M. Louis Harris [institut de sondage qui a placé Marine Le Pen en tête]». L’ancienne porte-parole du parti de Dominique de Villepin et actuelle secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, Marie-Anne Montchamp, a parlé du nécessaire «rassemblement» de la droite et lui a également demandé de «ne pas être candidat» pour ne pas favoriser «la candidate Marine Le Pen».

Au centre aussi, ça tangue. Nicolas Sarkozy n’a jamais été convaincu par la présence  d’un champion centriste à l’élection présidentielle, même s’il pourrait jouer les «voitures-balais» en vue du second tour. Le chef de l’Etat est déterminé à contrer les ambitions du patron du Nouveau centre, Hervé Morin, pour 2012. Mais au sein même des partis centristes, l’hypothèse d’une candidature divise. C’est le cas au Parti radical, qui s’est écharpé sur la question d’une éventuelle candidature de Jean-Louis Borloo ce week-end, rapporte Europe 1.

A gauche, on a payé pour voir

A gauche aussi, ce sondage «interpelle», selon les mots de François Hollande, ce lundi matin sur France info. Il y a «une nécessité pour la gauche d’être au rendez-vous de 2012» donc de «répondre aux inquiétudes des Français» et «d’être capable d’être forte au premier tour» de la présidentielle. Or, «il y a une dispersion de toute la gauche».  «Ce n’est «pas possible d’avoir six, sept, huit candidats qui se regardent en chiens de faïence au premier tour», estime le candidat aux primaires socialistes, qui fût aux premières loges à la tête du PS lors du 21 avril 2002. 

Interpellant les candidats potentiels à gauche, il demande: «Qu’est-ce qu’on fait quand on a une extrême droite qui est là, une droite qui joue avec l’extrême droite?» «Il faut un rassemblement» à gauche «autant qu’il est possible dès le premier tour», martèle-t-il et appelle ses partenaires à «une prise de conscience».            

Chez Europe-Ecologie-Verts, on écoute
Si l’appel a peu de chance d’être entendu au Front de gauche ou au NPA, l’argument peut faire mouche auprès des écologistes, dont une partie milite déjà pour le désistement du ou de la candidat(e) Europe Ecologie au premier tour si la menace FN est avérée. «S'il y a un risque de reproduction du 21 avril 2002, il faut que notre candidat se retire», expliquait fin février José Bové, l’un des soutiens d’Eva Joly, à l’unisson de Daniel Cohn-Bendit.  Une «fleur» qui ne serait pas gratuite puisque les écolos souhaiteraient en échange non seulement un accord de gouvernement mais aussi un accord aux législatives, leur permettant d’avoir un groupe parlementaire.