Critiques envers DSK (4/4): Il est de droite

POLITIQUE Les critiques récurrentes envers DSK, et les façon pour lui de se défendre...

Maud Pierron

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Le mandat de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI expire en octobre 2012.
Le mandat de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI expire en octobre 2012. — B. PIOTR / ENPOL / SIPA

Dominique Strauss-Kahn est sous le feu des critiques. De la droite comme de la gauche radicale puisque Jean-Luc Mélenchon en a fait un de ses principaux adversaires. La petite phrase d’Anne Sinclair la semaine dernière a rendu sa candidature potentielle en 2012 un peu plus probable. Provoquant un déluge nouveau d’attaques de la majorité. D’ici à son retour en France, vendredi, 20minutes.fr fait le tour des critiques les plus récurrentes adressées au directeur du FMI.  Et sur les réponses que ce dernier peut y apporter.

Quatrième volet: Il est de droite
 
C’est l’argument massue de la droite, appuyé par son poste de directeur du FMI. Et que la gauche radicale propage également. Dominique Strauss-Kahn ne serait pas vraiment socialiste. «Le problème», c’est «qu'il pourrait être un parfait candidat de droite», assure Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au commerce extérieur. «Quand on est patron du FMI, on est dans la mondialisation, on fait les plans de redressement financier des pays qui sont en difficulté, on n'est pas franchement le genre de gauche que connaît la France», a ajouté le cacique de l’UMP. Au FMI, c'est un «affameur de peuples», à coup de plan de rigueur imposés, lâche même Jean-Luc Mélenchon.
 

Sa défense

Encore une fois, c’est son épouse, Anne Sinclair, qui monte au front pour le défendre: «Dominique est de gauche! C’est d’ailleurs une question qui me sidère: quand on a été 35 ans au Parti socialiste, quand on a été ministre de Mitterrand, ministre de l’Économie dans le gouvernement Jospin, qu’on a été candidat à la primaire socialiste… Faut vraiment être tordu pour se dire que Dominique n’est pas de gauche», s’était-elle agacé en novembre dernier sur le plateau du Grand Journal.
 
Mais le FMI n’a pas bonne presse en France. D’où un travail de pédagogie effectué par ses relais en France et une opération de communication orchestrée pour montrer comment Dominque Strauss-Kahn a transformé le bras armé du capitalisme en outil de régulation, indispensable à la lutte contre la crise. «On ne peut pas l’attaquer sur le FMI. Il l’a transformé, au niveau de son mode de gouvernance, de ses moyens et de son fonctionnement», assure François Patriat, président du Conseil régional de Bourgogne. Le FMI n’est plus cette institution bornée, la méthode DSK, «c’est le dialogue avec les Etats, il n’impose rien».
 
Pour appuyer cette démonstration, un livre est sorti cette semaine – quel timing –, DSK au FMI, enquête sur une renaissance, signée Stéphanie Antoine. Et la renaissance en question, c’est celle du FMI, sous la houlette de DSK. Sa vision, écrit l’auteure, c’est «une organisation politique dont le but est non seulement de corriger les excès du marché mais aussi de préserver la paix». Une vision plus proche de celle de Keynes, économiste de référence de DSK et initiateur du FMI, loin des «thérapies de choc» comme celle appliquée à l’Argentine en 1998.  Dans l’ouvrage, l’accent est mis sur la création des prêts à taux zéro pour les pays pauvres, la démocratisation de l’institution vers les Africains et des Asiatiques ou encore le plan de sauvetage de la Grèce. Finalement, DSK et le FMI, c’est une relation gagnant-gagnant. L’Institution est dépoussiérée et le socialiste a pris une dimension mondiale.
 
C’est ce que va essayer de prouver l’ancien ministre des Finances, de passage à Paris ce week-end pour le G20, lors de son intervention au JT de France 2 et devant les lecteurs du Parisien. Finalement, c’est encore lui le meilleur VRP de la marque DSK.
 
Lire le premier volet: DSK ne rassemble pas la gauche
Lire le deuxième volet: En-a-t-il vraiment envie?
Lire le troisième volet: Deconnecté des réalité, il représente« l'ultra gauche caviar»