Les critiques envers DSK (1/4) : Il ne rassemble pas la gauche

POLITIQUE Les critiques récurrentes envers DSK, et les façon pour lui de se défendre...

Maud Pierron

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Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010.
Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010. — AFP

Dominique Strauss-Kahn est sous le feu des critiques. De la droite comme de la gauche radicale puisque Jean-Luc Mélenchon en a fait un de ses principaux adversaires. La petite phrase d’Anne Sinclair la semaine dernière a rendu sa candidature potentielle en 2012 un peu plus probable. Provoquant un déluge nouveau d’attaques de la majorité. D’ici à son retour en France, vendredi, 20minutes.fr fait le tour des critiques les plus récurrentes adressées au directeur du FMI.  Et sur les réponses que ce dernier peut y apporter.

Premier volet: DSK ne rassemble pas à gauche

C’est la menace brandie par Jean-Luc Mélenchon: une candidature de DSK provoquerait un très mauvais report des voix au second tour de la gauche de la gauche.  «Il faut que le PS réalise que l'autre gauche représente entre 12 et 15% dans ce pays. En tout état de cause, si c'est Strauss-Kahn au second tour, quoi que je dise, mes électeurs ne suivront pas», assure le leader du Front de gauche. Un argument repris par la droite, notamment par Pierre Lellouche: «C'est un bon candidat, mais en même temps, est-ce qu'il rassemble son propre camp?», a demandé ce week-end le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

La défense

«Ce n’est pas fondé», répondent en chœur Jérôme Sainte-Marie, directeur adjoint de CSA et Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l’Ifop. Dans la dernière enquête CSA, il obtient  64% au second tour contre Nicolas Sarkozy donc «les reports de votes des autres partis de gauche sont excellents», note Jérôme Sainte-Marie. «L’antisarkozysme de cette population est tellement fort que si DSK apparaît comme le candidat  le mieux placé pour battre Sarkozy, ils peuvent se convaincre de voter pour lui», analyse-t-il. «Il rassemble très bien à gauche et mord plus que les autres sur l’électorat centriste», assure Frédéric Dabi, qui parle aussi de «vote refuge» pour expliquer le bon report des voix de la gauche radicale sur l’homme du FMI.  

Sauf que pour le moment, tous ces scénarios restent virtuels, souligne les deux hommes puisque DSK n’a pas fait acte de candidature et que «les Français ne sont pas du tout intéressés par les primaires», rappelle Frédéric Dabi. Malgré sa baisse relative dans les sondages, «il est dans une configuration idéale pour le moment, il ne dit rien, il ne se contredit pas, explique Jérôme Sainte-Marie. A un moment, il devra sortir de l’ambigüité et ce sera à des dépens, on peut penser qu’il y aura de la déception chez certains. Que dira-t-il de la retraite à 60 ans par exemple?», insiste-t-il. 

Pour les Strauss-Kahniens, ce type d’attaque pourrait tout de même laisser des traces. «Quand on a un tel atout dans la manche, on ne l’abime pas, a confié Pierre Moscovici à Nice-Matin la semaine dernière. La machine à taper sur Dominique Strauss-Kahn ressemble fort à la machine à perdre. A force de le critiquer, de le solliciter, on finit par éroder son capital.

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