Comment le PS peut-il espérer transformer l'essai en 2012?

POLITIQUE Prochain scrutin, la présidentielle: grand défi pour Martine Aubry...

Oriane Raffin

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Le premier secrétaire du parti socialiste, Martin Aubry, au soir du 2nd tour des régionales, le 21 mars 2010
Le premier secrétaire du parti socialiste, Martin Aubry, au soir du 2nd tour des régionales, le 21 mars 2010 — AFP/O.LABAN-MATTEI

«Les grandes manœuvres vont commencer très vite», pronostique Frédéric Dabi, directeur opinion de l’Ifop. 2012 et l’élection présidentielle sont déjà dans la ligne de mire de tous les partis. A gauche comme à droite, il va falloir trouver sa stratégie, et surtout, éviter les divisions.

Le PS espère qu'un succès aux régionales, sur fond d'accord réussi avec ses partenaires, sera l'antichambre de l'Elysée. Mais le chemin pour 2012 reste long à parcourir, avec pour difficulté, notamment, de sceller une alliance durable avec les autres partis de gauche, sans oublier les tensions internes qui ne manqueront pas de ressurgir dès l’euphorie du second tour retombée.

Pour Eric Bonnet, directeur d’études BVA opinion, «le PS part avec trois bonnes nouvelles.» Déjà, même si cela paraît évident, «le rapport gauche/droite lui est favorable». Ensuite, le score très faible du MoDem «résout la difficile question des alliances, qui risquait de diviser le PS». Enfin, selon le sondeur, avec un mauvais résultat, «la lutte pour les primaires au sein du parti aurait été encore plus dure».

La menace de la division interne

Malgré ces bonnes nouvelles, le chemin du PS vers l’élection de 2012 sera semé d’embûches. La question de l’unité au sein du parti risque de ressurgir violemment. «Ségolène Royal, qui a fait un très bon score en Poitou-Charentes (60,61%, ndlr), devrait revenir très vite sur le devant de la scène», note Eric Bonnet. «Ces dernières semaines, elle avait laissé Martine Aubry en avant, ce qui avait donné un sentiment d’unité au PS.» Mais cela ne va pas durer.

Pour Frédéric Dabi, Martine Aubry sort néanmoins «légitimée» de ces élections, c’est elle qui a «insufflé le cap». Du côté de Ségolène Royal, «contrairement à 2004/07, elle est largement devancée dans l’opinion par DSK ou François Hollande», précise le sondeur. «La bataille des primaires risque de faire voler en éclat les résultats des régionales», estime-t-il.

Objectif: une gauche unie

L’unité nécessaire dépasse celle des seuls socialistes. «Martine Aubry a insisté, “Les Français nous aiment unis”», souligne Frédéric Dabi, «la nouvelle version de la gauche plurielle, la gauche solidaire, a su convaincre. Il va falloir maintenir cette tendance pour 2012», souligne le sondeur.

Autre point d’inquiétude pour le parti de la rose: l’abstention massive aux régionales. «Les abstentionnistes étaient majoritairement de droite, donc le rapport droite/gauche est en réalité beaucoup plus serré que le résultat des régionales», souligne Eric Bonnet.

Enfin, dernier problème, mais pas des moindres, à en croire les sondages, la gauche ne paraît pas plus crédible que l’UMP sur un projet politique national.