Résultats Législatives 2022 : La Bretagne toujours in love avec Macron (à part à Rennes)

SECOND TOUR La Bretagne a offert 17 de ses 27 sièges aux candidats du parti Ensemble ! mais le président a perdu deux de ses fidèles lieutenants

J. Gicquel et C. Allain
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Emmanuel Macron a toujours le soutien des électeurs bretons. Avec la défaite de Florian Bachelier (à droite en arrière plan), il a toutefois perdu un de ses lieutenants dans la région.
Emmanuel Macron a toujours le soutien des électeurs bretons. Avec la défaite de Florian Bachelier (à droite en arrière plan), il a toutefois perdu un de ses lieutenants dans la région. — Damien Meyer / AFP
  • Chahuté sur le plan national, le parti présidentiel a encore pu compter sur la Bretagne pour glaner quelques sièges de députés à l’Assemblée nationale
  • Le président Macron a cependant perdu deux fidèles soutiens avec les défaites de Richard Ferrand et Florian Bachelier.
  • La Bretagne ne compte aucun député du Rassemblement national, tous ayant été éliminés au premier tour.

Une terre centriste, qui avait pris l’habitude de pencher à gauche. Après avoir fait un triomphe en Bretagne en 2017, le parti d’Emmanuel Macron a encore pu compter sur la péninsule de l’ouest ce dimanche. Au second tour de l’élection législative, la région a offert 17 de ses 27 sièges aux candidats du parti Ensemble ! Mais tout n’est pas parfait pour le président Macron, qui a perdu son fidèle lieutenant Richard Ferrand, envoyé au tapis par une jeune candidate de la Nupes.

Ce n’est pas le raz-de-marée de 2017 où la majorité présidentielle avait remporté 24 sièges sur 27. Mais après le second tour des élections législatives, la Bretagne reste toujours une terre macroniste. Dimanche soir, les candidats investis par Ensemble ! l’ont ainsi emporté dans 17 circonscriptions dans la région, soit sept sièges perdus pour le parti du président. Mais au cours du mandat, il en avait déjà perdu trois avec la démission du député rennais Mustapha Laabid, condamné en justice, l’exclusion de Jean-Charles Larsonneur et le départ de Paul Molac.

Deux poids lourds de la Macronie au tapis

Si la majorité présidentielle a tenu son rang et conservé une grande majorité de ses sièges en Bretagne, les deux principales figures de la Macronie dans la région ont toutefois mordu la poussière dimanche soir. Intime du président de la République, Richard Ferrand a ainsi dit adieu au perchoir de l’Assemblée nationale, battu dans la 6e circonscription du Finistère. Il est devancé d’une courte tête par la candidate de la Nupes Mélanie Thomin qui l’emporte avec 50,67 % des suffrages. Après sa défaite, le désormais ex-président de l’Assemblée nationale a adressé ses « félicitations » et « vœux de plein succès » à sa jeune adversaire socialiste. « Nous allons créer l’alternative à gauche après cinq ans de politique libérale incarnée ici par Richard Ferrand », déclarait-elle avant le second tour sur sa page Internet.

A Rennes, un pilier de la majorité a également chuté dans la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Largement devancé au premier tour par le candidat de la Nupes Mickaël Bouloux, Florian Bachelier n’a pas réussi à combler son retard. Premier questeur de l’Assemblée, il perd ainsi son siège avec 42 % des voix, contre 58 % pour son adversaire socialiste. « Les Français attendent des résultats : je veux être un député qui portera les solutions du terrain à l’Assemblée nationale, celles que j’ai pu porter pendant mes sept ans en tant que maire du Rheu », a déclaré la vainqueur dans un communiqué.

La Nupes triomphe à Rennes

Ils étaient quatre en 2017. Cinq ans plus tard, elle se retrouve seule. Qui ? Laurence Maillart-Méhaignerie. La députée de la 2e circonscription sera désormais la seule représentante du parti présidentiel parmi les quatre circonscriptions rennaises. Autour d’elle, elle ne verra que la Nupes. Bastion de gauche, Rennes a renoué avec ses traditions en élisant Frédéric Mathieu, Mickaël Bouloux et Claudia Rouaux, tous issus de l’union de la gauche.

La députée de la 3e circonscription poursuivra son travail à l’Assemblée entamé en 2020 à la mort du socialiste François André. En 2017, l’élu rennais avait gagné avec le soutien du parti d’Emmanuel Macron avant que la maladie ne l’emporte brutalement, propulsant sa suppléante sur les bancs de l’Hémicycle. On notera que le taux de participation a frémi à Rennes où il a atteint les 55 %, soit treize points de mieux qu’en 2017.

Les Républicains sauvent les meubles

Dans une région réputée pour être plutôt ancrée à gauche, deux élus de droite ont réussi à sauver ce qui pouvait encore l’être. Dans les Côtes d’Armor, le vice-président de l’Assemblée nationale Marc Le Fur s’est facilement imposé face à la Nupes. Le doyen des députés bretons rempile pour un cinquième mandat. Le scrutin s’est révélé plus compliqué pour Jean-Luc Bourgeaux. Le candidat Les Républicains a fini par s’imposer avec 2.000 voix d’avance (52,2 %) à Saint-Malo, devançant la candidate d’Ensemble ! Anne Le Gagne.

Aucun élu du RN dans la région

Alors que le Rassemblement national s’est offert une poussée historique sur le plan national, on notera que la région Bretagne ne comptera aucun élu d’extrême droite à l’Assemblée. Aucun des candidats présents au premier tour le 12 juin n’avait pu se qualifier pour le second tour.