Législatives 2022 : Pas « marié » avec Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel prend ses distances avec les Insoumis

(DES)UNIS Tout en sonnant la mobilisation pour faire élire des députés Nupes, le chef de file du PCF a critiqué le leader des Insoumis et ses propos sur la police « qui tue »

20 Minutes avec AFP
Fabien Roussel a pris ses distances avec les Insoumis
Fabien Roussel a pris ses distances avec les Insoumis — ISA HARSIN/SIPA

Pas «marié» avec Jean-Luc Mélenchon : le chef de file du PCF et candidat Nupes dans le Nord, Fabien Roussel, a marqué jeudi ses distances avec le leader Insoumis, tout en sonnant la mobilisation pour une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.

«On m'a posé la question pendant cette campagne: alors vous êtes avec Mélenchon, vous êtes mariés avec?», a lancé le candidat investi par Nouvelle Union populaire écologique et sociale dans la 20ème circonscription du Nord, lors d'une réunion publique dans son fief de Saint-Amand-les-Eaux. «Le choix que nous avons fait, c'est de faire élire le plus de députés de gauche mais nous aurons demain chacun notre groupe à l'Assemblée, notre indépendance, notre autonomie», «nous n'aurons pas un parti unique», a-t-il développé devant une parterre d'une centaine de personnes.

Désaccords sur la police

«Je ne ferai jamais d'amalgame en disant que la police tue», a-t-il notamment souligné, en référence aux propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon après la mort par balle d'une jeune passagère sous des tirs policiers à Paris.

«Nous avons besoin de policiers et de gendarmes mieux formés, en nombre suffisant, pour garantir notre tranquillité», a-t-il insisté, «en aucun cas je ne parlerai comme cela, jamais».

«Rien n'est fini»

Il avait auparavant sonné la «mobilisation des classes populaires» et de la «jeunesse» pour une majorité parlementaire de gauche pour la «première fois depuis 25 ans». «On a le changement au bout des doigts», a-t-il lancé.

«J'ai trop entendu de personnes qui me disent "de toute façon, c'est fichu, Macron est élu et ça changera pas". Rien n'est fini, c'est tout l'inverse», a-t-il plaidé, désignant comme l'abstention comme «le principal adversaire». «Ce n'est pas le président de la République qui fait les lois (...) c'est nous, à l'Assemblée nationale, qui décidons (...) la couleur du Premier ministre», a-t-il poursuivi.

«Nous avons la possibilité, tout de suite, d'augmenter les salaires et les retraites», d'avoir «un gouvernement qui pense au monde du travail, aux factures, au prix du caddie», a-t-il affirmé.

Bonne dynamique

Face à la bonne dynamique de la Nupes dans les sondages, «c'est un petit peu la panique à l'Elysée. Voilà qu'ils nous sortent des petits chèques par-ci, par-là», a-t-il aussi dit à l'AFP en marge de la réunion.

Le candidat malheureux à la présidentielle est défié dans sa circonscription par un dissident, l'ex-communiste Eric Renaud, appuyé par des militants Insoumis locaux. En 2017, il avait été élu avec 63,88% des suffrages, mais n'avait devancé que de très peu le candidat du RN au premier tour.