Législatives 2022 : Humiliée en 2017, la gauche peut-elle créer la surprise dans le Rhône ?

ELECTIONS Ce dimanche se tient le premier tour des élections législatives. « 20 Minutes » liste les circonscriptions qui peuvent basculer à Lyon et dans le Rhône

Caroline Girardon
Urne, illustration.
Urne, illustration. — Jacques Witt/SIPA
  • Le département du Rhône compte 14 circonscriptions. Ce dimanche, 160 candidats se présentent pour le premier tour des élections législatives.
  • Humiliée il y a cinq ans, la gauche espère reconquérir Villeurbanne et Lyon.
  • Le parti présidentiel, qui avait réalisé un raz-de-marée en 2017, peut espérer conserver la moitié de ses circonscriptions.

En 2017, la déferlante Macron avait tout emporté dans le Rhône. La République en marche n’avait laissé que des miettes à ses adversaires en s’adjugeant 12 des 14 circonscriptions. Les Républicains avaient réussi, non sans mal, à en conserver deux. Quant à la gauche, elle avait réalisé un zéro pointé.

Cinq ans plus tard, la donne a changé et le visage du territoire pourrait s’en trouver modifié, à l’issue des élections législatives. L’influence de Gérard Collomb, qui entretient désormais des relations distendues avec Emmanuel Macron, est bien moindre. La preuve : le baron, prêt à reprendre du service, n’a pas réussi à imposer sa candidature, ni celle de protégés qu’il espérait lancer dans le grand bain.

La gauche, confortée par les résultats de la présidentielle, nourrit de gros espoirs à Lyon, où Jean-Luc Mélenchon (31,1) % était venu chatouiller Emmanuel Macron (31,8 %). Mais aussi à Villeurbanne. Les Républicains, eux, peuvent envisager de récupérer une circonscription supplémentaire. Quels territoires sont susceptibles de basculer ? Le point à quelques heures du premier tour.

La gauche en mode renaissance ?

La 2e circonscription du Rhône (le nord de la ville de Lyon) pourrait se teinter de vert, sans que cela génère pour autant de grands changements. La raison ? Le député sortant Hubert Julien-Lafferrière, qui s’était présenté sous l’étiquette LREM en 2017, a rallié, depuis, les rangs des écologistes et a été investi tout récemment par la Nupes. En cas de victoire, il permettrait donc à la gauche de conquérir un bastion clé et reprendre un peu de terrain à Lyon.

Dans la 3e circonscription, la succession de Jean-Louis Touraine (LREM) pourrait faire l’objet d’une âpre bataille entre Sarah Peillon (Renaissance), Béatrice de Montille (LR) et Marie-Charlotte Garin, jeune pousse écolo, figure montante des Verts. C’est l’une des circo « gagnable », selon eux. Tout comme la 1ere. Si l’Insoumise Aurélie Gries pâtit d’un manque de notoriété, elle pourrait néanmoins bénéficier de la dynamique de la présidentielle pour déloger le député sortant, Thomas Rudigoz (LREM).

Enfin, la 6e circonscription, celle de Villeurbanne, reste un objectif majeur de la gauche. Ce bastion socialiste avait basculé dans l’escarcelle de La République en marche en 2017, à la surprise générale. Depuis, le député Bruno Bonnell a rendu son tablier, passant le relais à Emmanuelle Haziza, ex-Républicaine devenue macroniste. Pour conquérir Villeurbanne, Jean-Luc Mélenchon a sorti l’artillerie lourde en parachutant son gendre, Gabriel Amard. De quoi provoquer de vives tensions en interne, même si les dissidents locaux ont fini par rentrer dans les rangs.

Un petit chelem pour les macronistes ?

​Rebaptisé Renaissance, le parti présidentiel n’a guère pris de risque en misant sur ses députés sortants. Huit d’entre eux ont décidé de se représenter, forts de leur bilan et de leur ancrage local. Si la plupart conservent toutes leurs chances, la tâche s’annonce plus rude pour Anissa Khedher dans la 7e circonscription. La jeune femme aura fort à faire face à Alexandre Vincendet, le maire LR de Rillieux-la-Pape et président de la fédération des Républicains dans le Rhône.

Dans la 14e circonscription (Vénissieux, Saint-Fons), la réélection d’Yves Blein, qui a longtemps hésité à se représenter, n’est pas des plus certaines. Le député macroniste risque de se retrouver englué dans une triangulaire qui pourrait lui être défavorable. La gauche, qui a fini par se réunifier après de grosses tensions liées au parachutage avorté de Taha Bouhafs, peut raisonnablement s’inviter au second tour, tout comme le Rassemblement national.