Législatives 2022 à Strasbourg : Ex-DJ, très jeune, franco-allemand et franco-russe… Quatre candidats aux parcours atypiques

POLITIQUE Elle est née en Russie, lui en Gironde et a été bassiste… Zoom sur ces candidats strasbourgeois aux élections législatives avec des profils peu communs

Thibaut Gagnepain
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De gauche à droite : Tamara Volokhova, Alexandre Wolf Samaloussi, Capucine Gautherot et Sébastien Mas.
De gauche à droite : Tamara Volokhova, Alexandre Wolf Samaloussi, Capucine Gautherot et Sébastien Mas. — Montage photo Pixiz
  • Les 12 et 19 juin, les Français seront appelés à désigner leurs députés lors des élections législatives.
  • Strasbourg est divisé en trois circonscriptions : une au centre, une plutôt au sud (la 2e), une dernière plutôt au nord (la 3e).
  • Au sein de ces trois circonscriptions, 20 Minutes vous fait découvrir 4 candidats dont vous ne soupçonnez pas le parcours. Parfois étonnant…

C’est bientôt reparti pour deux tours ! Les 12 et 19 juin, les Strasbourgeois éliront leurs trois députés. Dans ces trois circonscriptions, certains candidats ont connu des parcours de vie atypiques ou se différencient nettement des autres. 20 Minutes en a sélectionné quatre.

Tamara Volokhova (RN), la native de Russie « passionnée de culture française »

Ne lui parlez surtout pas de mannequinat. « Mais ce n’était que quelques petits défilés au niveau local, je ne suis pas une ex-top model ! Ni influenceuse ou œil de Moscou », s’exclame Tamara Volokhova. La représentante du Rassemblement National (RN) dans la première circonscription a quand même connu quelques aventures. Débutées en 1990 à Rostov-sur-le-Don, sa ville natale en Russie. « Mes parents sont d’origine ukrainienne mais j’ai toujours été passionnée de culture française. Elle m’inspirait énormément depuis toute petite, peut-être grâce aux auteurs comme Dumas. » A 17 ans, son bac en poche, elle a donc franchi le pas pour s’installer à Strasbourg. Des études à l’université Robert-Schuman et de communication politique ont suivi, jusqu’à un stage au Parlement Européen, où elle travaille toujours. Pour le groupe du RN, rejoint en 2014. « Je me suis engagée en politique car je trouve que l’état de la France se dégrade. On n’est plus en sécurité et la fracture sociale est impressionnante », lance celle qui a obtenu la double nationalité en 2016. « Je suis un exemple d’assimilation réussie », estime encore la trentenaire en réfutant le paradoxe de voir une candidate d’origine étrangère investie par un parti qui prône la préférence nationale. « Marine Le Pen ne regarde pas les origines », assure Tamara Volokhova.

Tamara Volokhova travaille au Parlement Européen.
Tamara Volokhova travaille au Parlement Européen. - Tamara Volokhova

Sébastien Mas, l’ex-DJ aux milles vies

Par où commencer avec lui ? Ses nombreux métiers peut-être. Avant de devenir en 2014 formateur en français pour les migrants, Sébastien Mas a tour à tour été ouvrier agricole, vendeur de journaux, commis de cuisine, barman ou Disc-jockey ! « Pendant deux ans le week-end puis la boîte de ma ville a fermé », rigole le quadragénaire, originaire de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Son arrivée à Strasbourg a eu lieu bien plus tard, en 2010. Presque par hasard. « J’allais souvent en Allemagne voir une copine et je m’arrêtais à Strasbourg où j’avais des contacts. » Le candidat de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) pour la 3e circonscription n’a depuis jamais cessé de les entretenir au travers de ses nombreuses activités. Associatives, musicales, militantes… Le touche-à-tout, longtemps bassiste pour plusieurs groupes de punk et rock, l’avoue : « je m’ennuie si je ne fais rien. » Il ne pouvait donc pas passer à côté de la politique. Sa première expérience remonte à 2007 « pour soutenir José Bové à la présidentielle ». Puis il y a eu le Parti de Gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon, leader qu’il a suivi chez les Insoumis (LFI). « Si on ne fait rien, le monde se fait sans nous », insiste l’hyperactif.

Sébastien Mas est passionné de musique baroque d'Amérique latine.
Sébastien Mas est passionné de musique baroque d'Amérique latine. - Sébastien Mas

Capucine Gautheron, la jeunesse au service de l’Alsace

Non, ce n’est pas la plus jeune candidate de France ! Mais Capucine Gautheron n’a que deux ans de plus que Raphaëlle Rosa, investie elle en Moselle. A presque vingt ans – en juin –, l’étudiante en droit représentera le parti autonomiste alsacien « Unser Land » dans la 3e circonscription. Déjà sa deuxième campagne électorale après les départementales en 2021. Logique pour cette passionnée de politique de la première heure originaire du quartier de la Robertsau. « Mon père m’emmenait toute petite au café et lisait le journal. Ensuite, j’ai débuté le militantisme vers 11-12 ans et ça s’est accéléré à la fac », détaille la jeune fille qui s’est aventurée chez Les Républicains « mais pas longtemps ». Non, elle préfère la défense de sa région. « On veut une Alsace hors du Grand-Est et avec des compétences larges. Sur le modèle des länder allemands », explique-t-elle en présentant son parti comme un « mouvement de centre-droit tout en étant transpartisan ». Son discours est rodé et énoncé avec une éloquence déjà très aboutie. Capucine Gautheron ne voudrait surtout que jeunesse rime avec faiblesse. « Je vois plutôt mon âge comme un atout. Si ça peut aussi inciter les gens de mon âge à aller voter… »

Capucine Gautheron se destine à une carrière d'avocate ou dans la haute fonction publique d'Etat.
Capucine Gautheron se destine à une carrière d'avocate ou dans la haute fonction publique d'Etat. - Capucine Gautheron

Alexandre Wolf Samaloussi, « symbole franco-allemand »

Le Rhin, il connaît bien. Depuis tout petit, Alexandre Wolf Samaloussi le traverse régulièrement pour passer de part et d’autre de la frontière. Plus précisément de Kehl, où le jeune homme de 26 ans a grandi chez ses parents, à Strasbourg, où il a suivi sa scolarité. Le représentant Les Républicains dans la 2e circonscription, encarté « depuis dix ans, d’abord à l’UMP » n’est pas peu fier de posséder dans le sang les cultures des deux pays. « A l’origine, ma grand-mère, qui était Corse et était venue avec son père militaire à Kehl, a épousé un Allemand en 1959 », retrace-t-il. « Oui, on peut dire que je suis un peu un symbole franco-allemand. » La preuve, le bientôt ex-étudiant de l’EM Strasbourg Business School travaille aujourd’hui comme chef de secteur dans une entreprise germanique. Et il espère que cette double culture pourrait aussi servir en cas de mandat de député… « C’est important d’avoir des élus qui peuvent communiquer facilement en Allemagne et comprendre les enjeux de l’autre côté du Rhin. » Lui connaît déjà parfaitement le chemin.

Alexandre Wolf Samaloussi, 26 ans, a grandi entre la ville-frontalière allemande de Kehl et Strasbourg.
Alexandre Wolf Samaloussi, 26 ans, a grandi entre la ville-frontalière allemande de Kehl et Strasbourg. - Alexandre Wolf Samaloussi