Législatives 2022 : Guerini juge que Peyrat est un « honnête homme » malgré sa condamnation pour violences conjugales

ELECTIONS Le délégué général de La République en marche (LREM) a déclenché une vague de critiques mercredi, en défendant la candidature de l’ex-conseiller à l’Elysée condamné  pour violences conjugales

20 Minutes avec AFP
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Stanislas Guerini
Stanislas Guerini — LUDOVIC MARIN / AFP

Une polémique que la majorité présidentielle n’arrive pas à éteindre. Le délégué général de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini, a pris mercredi la défense de Jérôme Peyrat, candidat de la majorité présidentielle pour les législatives dans la quatrième circonscription de la Dordogne, condamné pour violences conjugales, déclenchant immédiatement des critiques des oppositions.

Cet ancien conseiller à l'Elysée​ a été condamné en septembre 2020 à une amende de 3.000 euros avec sursis dans une affaire de violence envers une ex-compagne. « C’est un honnête homme, je ne crois pas qu’il soit capable de violences sur les femmes », a estimé Stanislas Guerini sur France Info. « Si j’avais la conviction ou même le soupçon qu’on a affaire à quelqu’un qui puisse être violent et coupable de violences sur les femmes, jamais je n’aurais accepté cette investiture-là », a-t-il assuré.

« Regarder les choses dans leur complexité »

Stanislas Guerini a déclaré qu’il avait « pris du temps pour lire les attendus [du jugement], pour comprendre, pour savoir si au fond, on pouvait avoir quelqu’un qui pouvait être capable de violences volontaires, je crois et j’en suis même infiniment convaincu que ça n’a pas été le cas ».

Stanislas Guerini a par ailleurs assuré qu’il souhaitait « ne jamais donner l’impression qu’on pourrait empêcher la libération de la parole des femmes, qu’on pourrait empêcher la judiciarisation des affaires quand il y a des violences intraconjugales » mais qu’il fallait « regarder les choses dans leur complexité ».

« Dans cette affaire, il y a eu une dispute, deux condamnations, de part et d’autre et je crois qu’on peut respecter ça », a-t-il ajouté, soulignant que l’ex-compagne de Jérôme Peyrat « a elle aussi été condamnée ».

La sortante Jacqueline Dubois candidate contre Jérôme Peyrat

Les violences constatées avaient valu quatorze jours d’ITT à son ex-épouse. Celle-ci a elle-même été condamnée à des amendes de 500 et 800 euros pour des appels et SMS malveillants à Jérôme Peyrat et des proches.

Sur les réseaux sociaux, cette défense de Jérôme Peyrat a valu immédiatement à Stanislas Guerini une flopée de critiques des oppositions. « Quelle honte, quel naufrage », a réagi sur Twitter la députée LFI Mathilde Panot. « Je pense aux femmes victimes de violences conjugales qui entendent ces propos d’une violence inouïe. Passer de la grande cause du quinquennat à la grande tartufferie. Il faut une réaction de la cheffe de majorité Elisabeth Borne​ », s’est indigné le sénateur socialiste Rachid Temal.



L’investiture de Jérôme Peyrat en Dordogne aux dépens de la députée macroniste sortante Jacqueline Dubois provoque des secousses jusque dans la majorité. Cette dernière a annoncé ce mercredi, qu’elle serait malgré tout candidate, contre Jérôme Peyrat.