Législatives 2022 en Dordogne : L’embarrassante candidature de Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales

ELECTIONS Le candidat de la majorité présidentielle dans la quatrième circonscription de la Dordogne a été condamné en septembre 2020 à 3.000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales

M.B.
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Le candidat pour la majorité présidentielle dans la 4° circonscription de la Dordogne, Jérôme Peyrat
Le candidat pour la majorité présidentielle dans la 4° circonscription de la Dordogne, Jérôme Peyrat — Ludovic MARIN / AFP
  • La candidature de Jérôme Peyrat pour la majorité présidentielle Ensemble dans la quatrième circonscription de la Dordogne commence à faire des remous, en raison de la condamnation de l’intéressé pour violences conjugales.
  • Même chez En Marche !, des militants ont du mal à comprendre cette investiture, à la place de la députée sortante Jacqueline Dubois.
  • Jérôme Peyrat se défend de son côté en évoquant une affaire de dispute conjugale dans une voiture.

C’est une des investitures, dans le camp de la majorité présidentielle Ensemble, qui fait le plus parler depuis une semaine. Candidat dans la quatrième circonscription de la Dordogne, le conseiller régional et maire de La Roque-Gageac Jérôme Peyrat, a en effet été désigné par le parti présidentiel, malgré sa condamnation en septembre 2020 par le tribunal correctionnel d’Angoulême pour « violences conjugales. »

Les adversaires du chef de l’Etat ne manquent pas de rappeler qu’Emmanuel Macron avait déclaré l’égalité femmes-hommes comme grande cause de son nouveau quinquennat, et qu’il avait promis de ne pas laisser « seules » les femmes victimes de violence. Sur les réseaux sociaux, l’affaire commence également à faire du bruit, relayée par les défenseurs de la cause féministe mais pas seulement.


La députée sortante « débranchée »

Même dans les rangs de LREM, l’investiture de cet ancien conseiller d’Emmanuel Macron commence à être mal digérée chez certains militants.

Les comités du parti présidentiel de Terrasson et Sarlat, s’ils ne font pas référence à cette condamnation, dénoncent qu’il prenne « la place de la première femme élue députée de notre circonscription », Jacqueline Dubois, qui avait battu il y a cinq ans Jérôme Peyrat alors qu’il se présentait sous les couleurs de LR. L’intéressée a peu goûté d’avoir été « débranchée » pour céder la place à son ancien adversaire, et envisagerait une candidature dissidente, notamment pour « défendre la place des femmes. »

Ces deux comités assurent que « de nombreux militants » « soutiendront » et « feront campagne » auprès de Jacqueline Dubois, si celle-ci décide se présenter.

« Amalgame » et « utilisation politique » selon Jérôme Peyrat

Le 18 septembre 2020, Jérôme Peyrat avait été reconnu coupable de violences volontaires sur son ex-compagne, pour des faits remontant au 30 décembre 2019, et condamné à une amende de 3.000 euros avec sursis. La victime s’était vu reconnaître quatorze jours d’incapacité totale de travail.

Jérôme Peyrat assure de son côté qu’il ne s’agissait que d’une dispute conjugale. « Je conduisais, elle a arraché mes lunettes, j’ai essayé de la maîtriser, elle a reçu un coup au menton, je n’ai pas cherché à la frapper » répète-t-il, dénonçant dans Sud Ouest « l'amalgame » entre son affaire et les « véritables drames des violences conjugales ». Pour lui, son histoire fait l’objet d’une tentative « d’utilisation politique » notamment de la part de « l’extrême gauche. » Il rappelle qu’il a été condamné à une amende avec sursis, et que depuis cette affaire il a été élu conseiller régional et réélu maire.

Des explications qui n’ont, pour l’heure, pas réussi à éteindre la polémique.