Présidentielle 2022 : Avec sa cérémonie d’investiture, Emmanuel Macron cherche un souffle historique

PALAIS Emmanuel Macron sera à nouveau investi président de la République ce samedi. Peut-être une occasion pour lui de reprendre la main alors que sa réélection n’a pas vraiment provoqué de dynamique

Rachel Garrat-Valcarcel
Emmanuel Macron lors de sa première investiture, en mai 2017. (archives)
Emmanuel Macron lors de sa première investiture, en mai 2017. (archives) — Francois Mori / POOL / AFP
  • Emmanuel Macron sera à nouveau investi président de la République samedi matin, à l’Elysée.
  • Deux semaines après son élection, c’est l’occasion de donner un peu de souffle à un début de mandat qui en manque.
  • Pour cela, comme souvent, Emmanuel Macron va se placer dans la longue histoire de France.

Emmanuel Macron a été réélu il y a près de deux semaines. Et depuis… depuis, pas grand-chose. Le gouvernement Castex est toujours en place, et devrait l’être encore une semaine. Le président réélu a pris la parole pour expliquer la période de « décantation » dans laquelle il se trouvait mais le début du nouveau mandat macronien semble manquer de souffle. Alors que la gauche tient le haut du pavé médiatique avec son union, la cérémonie d’investiture arrive peut-être à point nommé. Elle aura lieu ce samedi à partir de 11 heures, et devrait durer « entre une heure et une heure et demie », précise l’Elysée.

Au Palais, on insiste justement pour faire de la cérémonie un évènement à part. « Ce n’est pas une ré-investiture, il s’agit bien d’une nouvelle investiture », précise-t-on. De quoi apporter de l’eau au moulin d’Emmanuel Macron qui n'a eu de cesse de répéter, pendant la campagne, qu’il ne voulait pas continuer mais refonder sa politique dans un second mandat. « Il a été réélu mais sur un nouveau programme et une nouvelle méthode », rappelle la porte-parole de LREM, Maud Bregeon. Alors que depuis le second tour, ses opposants ne cessent de clamer qu'il est le président le plus mal élu de la Ve République ( ce qui est faux), l’investiture va permettre de réimplanter l’idée que « le 24 avril un choix clair a été fait par les Français », juge la marcheuse.

Toute une Histoire

Pas question, donc, de faire un discours de politique générale. Après tout, le programme est connu : « Chacun a bien compris que ses priorités étaient la réforme de l’éducation et de la santé », rappelle Maud Bregeon. « Ce sera plutôt un discours qui dira le sens qu’il donne à son élection, explique-t-on du côté de l’Elysée Il fera le bilan de l’histoire qui vient de s’écrire et qui va s’écrire. »

Car la cérémonie de samedi n’a évidemment pas la symbolique d’une passation de pouvoir. Pour une réélection, il n’est pas de tradition de remonter les Champs-Elysées ou faire la traditionnelle cérémonie d’accueil à l’Hôtel de ville de Paris. C’est donc en convoquant l’Histoire - celle avec un «grand H», selon les mots de l'Elysée - qu’Emmanuel Macron va tenter de marquer les esprits. « Avec cette cérémonie il s’agit de dire "la République c’est nous'', à travers lui, précise le palais. Une fois élu, le président de la République est dépositaire d’une continuité historique et politique. C’est tout le sens d’une cérémonie qui s’inscrit dans un long chemin de traditions. »

La suite de l’itinérance mémorielle

Pour Emmanuel Macron, cette volonté d’ancrage n’est pas nouvelle : son premier mandat a été jalonné de multiples commémorations. « Comme le président est celui du dépassement politique, s’il ne veut pas être complètement hors sol, il faut bien qu’il se rattache à quelque chose, et ce quelque chose c’est l’histoire de France », expliquait son ex-Premier ministre, Edouard Philippe, dans le documentaire de France 2 « Cent jours » dédié au début de mandat des présidents de la Ve République. La solennité voulue par Emmanuel Macron dans ces moments, dès la mise en scène du Louvre le soir de son élection de 2017, est « une forme de compensation de sa jeunesse », analyse Jean-Yves Le Drian.

Sauf que désormais, l’histoire est également celle de son premier quinquennat. Et l’Elysée a fait savoir que parmi les invités (450 au total) figureront des personnalités venues des secteurs d’activité qui ont marqué les cinq dernières années « et qui seront très vraisemblablement, notamment en regard de ce qu’il entend entreprendre, au cœur de l’action du second quinquennat ». Des personnalités des secteurs de la santé, de la jeunesse, des élus et des sportifs… sont notamment attendues. 

De quoi reprendre la main, tout du moins sur le terrain médiatique ? L’opposition de gauche place la barre haute avec le grand raout de son unité organisé dans l’après-midi. Il reste, dans tous les cas, dans la poche d’Emmanuel Macron la carte de son nouveau Premier ministre et de son nouveau gouvernement pour tenter de vraiment lancer son mandat.