Législatives 2022 : « A Marseille la gauche unie a permis la victoire » et veut faire école

VUE D'ICI Les gauches unies de la mairie Marseille depuis les municipales poussent leurs formations respectives à l'entente avec La France Insoumise et pourrait les outre passer si aucun accord n'était trouvé

Alexandre Vella
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A Marseille, le 1er mai a été l'occasion d'appel à l'union des gauches
A Marseille, le 1er mai a été l'occasion d'appel à l'union des gauches — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Les discussions en vue d’un accord entre tous les partis de gauche pour une candidature commune aux législatives sont en cours.
  • A Marseille, la majorité municipale est déjà un regroupement de ces forces, mais sans LFI qui mène le bal au niveau national.

Après une élection présidentielle en ordre dispersé, les différents partis de gauche tentent de construire actuellement pour les législatives une union avec de La France insoumise. Alors que le PCF et le PS entament des discussions, un premier accord a été annoncé dimanche soir avec EELV, ce dont se réjouit Fabien Perez, président du groupe écolo de Marseille. « Nous commençons à tirer les leçons du passé. À Marseille, la gauche unie a permis la victoire », rappelle-t-il. Celle de juin 2020, où le Printemps marseillais, coalition des gauches – mais sans LFI - emportait la ville dirigée pendant vingt-cinq ans par la droite et Jean-Claude Gaudin. Ce modèle-là, peut-il faire école au niveau national ? À Marseille, ses acteurs appellent en tout cas avec force au rassemblement.

Dans le cortège marseillais du 1er mai, les différents membres de la majorité municipale, issues du PS, du PCF, d’EELV ou encore de « Mad Mars », formation citoyenne, donnaient à voir cette union. À commencer par Benoît Payan, le maire socialiste qui célébrait sur les réseaux « un 1er mai uni et rassemblé ». Le même jour, l’ensemble des organisations de cette majorité municipale signaient dans Libération une tribune appelant « à l’union ici et ailleurs ». Une position pourtant pas évidente au sein du Parti socialiste dont certaines figures s'opposent ouvertement à un accord avec LFI. « Il y a des débats dans le PS aujourd’hui. Cela permet de clarifier les choses, et il y en avait besoin », commente Yannick Ohanessian, adjoint au maire et patron du PS local.

Le PCF « ne doute pas d’un accord »

Autre membre de la majorité municipale issue d’un parti historique de la gauche, Nathalie Tessier, élue PCF, « ne doute pas d’un accord » tandis que le parti réuni ses adhérents ce lundi soir. Pour le collectif Mad Mars, dont Oliva Fortin est la présidente et dont la raison d’être est « de pouvoir accéder aux responsabilités pour changer les choses », l’union se fera, avec ou sans la LFI. « S’il ne devait pas y avoir d’accord national pour cette union, nous le ferons localement », assure-t-elle. Car si au sein de la majorité municipale marseillaise, l’entente est évidente, celle projetée nationalement aux législatives se fait autour d’un acteur sans mandat local et celui-ci aurait fort à y gagner.

Mohamed Bensaada, chef de file LFI de la 3e circonscription, voit d’un bon œil ces tractations. « L’accord avec EELV montre qu’on peut arriver à passer outre nos divergences et j’ai bon espoir ». Au-delà des législatives, l’enjeu est pour lui et son parti de se faire une place dans un paysage politique local. « Si on est ensemble sur une élection aussi importante que les législatives, nous entrons dans une nouvelle séquence et cela ouvre des perspectives extrêmement intéressantes pour les prochaines échéances électorales », veut-il croire. Reste à savoir si LFI arrivera à se transformer en une formation politique implantée localement.