Législatives 2022 : La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts concluent un accord

UNION Les deux formations souhaitent notamment que Jean-Luc Mélenchon devienne Premier ministre. LFI et EELV espèrent maintenant s’entendre rapidement avec le PS et le PCF

20 Minutes avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon lors du défilé du 1er-Mai à Paris.
Jean-Luc Mélenchon lors du défilé du 1er-Mai à Paris. — JEANNE ACCORSINI/SIPA

Sur le chemin de l’union des gauches pour les législatives, un premier grand pas a été fait dans la nuit de dimanche à lundi. La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont en effet conclu un accord historique pour les scrutins des 12 et 19 juin, tandis que les négociations avancent avec le PS et le PCF.

Le Conseil fédéral d’EELV a validé l’accord négocié au cours des deux dernières semaines, par 84 voix pour, 10 contre, 8 bulletins blancs et une personne qui n’a pas participé au vote. Cet accord attribue notamment 100 circonscriptions pour le pôle écologiste, selon des sources proches des négociations.

Une « Nouvelle Union populaire écologique et sociale »

Si l’on excepte le petit mouvement Générations qui a signé un accord avec LFI dès jeudi, les négociations entre LFI et EELV étaient les plus avancées des discussions bilatérales engagées par les Insoumis avec chacune des forces de gauche, après les 22 % de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Le week-end a permis de faire les derniers compromis, autour du rapport à l’Europe (« désobéissance » mais seulement à certaines règles économiques et budgétaires si besoin), du label commun (« Nouvelle Union populaire écologique et sociale ») ou encore sur le partage des circonscriptions. Surtout, en cas de majorité en juin, « le Premier ministre serait issu du plus grand groupe à l’Assemblée, soit Jean-Luc Mélenchon ».

Cet aboutissement est historique. LFI et EELV constituent en effet les deux forces de gauche en dynamique depuis plusieurs années, la première aux présidentielles de 2017 et 2022, la seconde lors des élections intermédiaires depuis les européennes de 2019.

Un accord de LFI avec le Parti socialiste serait tout aussi historique, tant la brouille est profonde depuis le départ de Jean-Luc Mélenchon de Solférino en 2008. Mais il devra attendre. Les négociations ont commencé plus tardivement et se poursuivent. « Si les discussions ne se finissent pas cette nuit, alors ça ne se terminera jamais », a lancé dans le défilé parisien de la Fête du Travail Jean-Luc Mélenchon. Un accord cette nuit ? « Cette nuit, moi, je dors », a toutefois répondu à quelques dizaines de mètres de là Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Quelques minutes plus tard, les deux dirigeants se sont serré la main, avant d’engager une brève conversation devant les caméras aux cris d'« Union populaire ! » dans la foule.

Les éléphants mettent Faure sous pression

Mais Olivier Faure négocie sous la pression d’une opposition interne de plus en plus véhémente. Son prédécesseur à la tête du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a ainsi publié dimanche une lettre ouverte pour demander de ne pas signer d’accord. Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, a lui aussi lâché ses coups dimanche dans une interview au Point : « L’urgence pour Olivier Faure est de se sauver lui-même. Il est prêt à brader toute l’histoire socialiste pour un accord sur 20 circonscriptions, c’est inacceptable ». Les négociations en interne comme en externe ne sont donc pas encore terminées.