Législatives 2022 : Jean-Christophe Cambadélis s’oppose à un accord avec LFI et appelle des figures du PS à « refonder » le parti

REFONDATION L’ancien premier secrétaire du PS veut dissoudre le parti pour mieux le recréer

X.R. avec AFP
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Jean-Christophe Cambadélis.
Jean-Christophe Cambadélis. — ISA HARSIN/SIPA

Le grand accord à gauche n’est pas pour tout de suite. Alors que le PS a donné son feu vert au programme commun discuté avec La France Insoumise et qu’Olivier Faure a gentiment invité ceux qui ne veulent pas d’accord à quitter le parti, avant de finalement suspendre les négociations, d’anciens poids lourds ruent dans les brancards. L’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a ainsi publié une lettre ouverte invitant à « s’opposer » à un accord et à « refonder » le parti.

« Il serait temps de se coordonner pour résister et se refondre. Parlons-nous, les amis ! », lance-t-il dans une « lettre ouverte à François Hollande, Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault, Anne Hidalgo, Hélène Geoffroy, Stéphane Le Foll, Martine Aubry, Patrick Kanner, Rachid Temal, Valérie Rabault, Patrick Mennucci, Philippe Doucet et à tous les socialistes ».

Une « profonde refondation » et un nouveau parti

« C’est une question stratégique qui est en cause. Il y a rarement eu dans l’histoire du Parti socialiste de congrès stratégique », souligne-t-il. Selon lui, le PS doit choisir entre « une identité propre renouvelée ou une intégration dans un bloc mélenchonisé ». Il dénonce par ailleurs « le chemin choisi par l’actuelle direction du Parti socialiste » qui fait que « le premier des battus devrait être le premier de cordée ».

Jean-Christophe Cambadélis avait déjà, après l’échec cuisant d’Anne Hidalgo au premier tour de la présidentielle mi-avril, appelé le PS à se dissoudre et le premier secrétaire actuel Olivier Faure à démissionner, pour permettre « la création d’un autre parti ». Plaidant pour une « profonde refondation » et une « gauche de transformation responsable, décomplexée vis-à-vis de la radicalité », il s’interroge aussi sur l’absence de « discussions avec les écologistes » au profit d’une « négociation exclusive avec Mélenchon ». Un accord « dans la forme et le fond (…) pas acceptable en l’état » selon lui.

« C’est toujours Mélenchon »

Un tel accord poserait un problème de « méthode », car « il ne s’agit pas d’une proposition de coalition mais d’une reddition ». « Le slogan c’est Mélenchon, le Premier ministre c’est Mélenchon, la photo de campagne c’est Mélenchon, le programme c’est Mélenchon, et le sigle commun sera imposé à tous : c’est toujours Mélenchon », dénonce Jean-Christophe Cambadélis.

Il évoque aussi « des raisons programmatiques » pour le refuser, citant les velléités de LFI de « sortir des traités européens », « fonder la VIe République », ramener la retraite à 60 ans et lancer des « dépenses vertigineuses impraticables ». Et, « des raisons de représentation », avec des socialistes « sacrifiés » alors le PS a « gagné des villes lors des dernières municipales ».