Législatives 2022 : Les négociations à gauche pourraient aller au-delà de la date butoir de ce dimanche

TRACTATIONS LFI n’a pas encore trouvé un accord avec le PC, EELV et le PS pour les scrutins des 12 et 19 juin. Des rencontres pourraient donc encore se tenir la semaine prochaine

20 Minutes avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon votant à Marseille lors du second tour de l’élection présidentielle, le 24 avril 2022.
Jean-Luc Mélenchon votant à Marseille lors du second tour de l’élection présidentielle, le 24 avril 2022. — PHILIPPE MAGONI/SIPA

Les négociations à gauche pour les législatives vont-elles jouer les prolongations la semaine prochaine ? La question est posée car c’est, en principe, le week-end de la dernière chance. Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis appellent donc les gauches à sortir de la « culture de la défaite » alors que s’écoulent les dernières heures prévues pour trouver un accord pour les scrutins des 12 et 19 juin.

Dimanche soir est en effet la date butoir pour un accord mentionnée par tous les protagonistes, évoquant les impératifs de propagande électorale. Or, on est « toujours dans le flou », glisse Alain Coulombel, l’un des négociateurs d’EELV.

LFI en position dominante

« Ça avance », commente pour sa part Manuel Bompard, négociateur en chef pour LFI. Sa formation est dominante depuis les 22 % de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle. La volonté de conclure un accord paraissait samedi réelle entre LFI et EELV. Les deux formations ont abordé en profondeur les thématiques qui font obstacle comme l’Europe, le partage des circonscriptions ou encore le mode d’organisation de l’alliance.

Après avoir jugé vendredi matin qu’un accord était « en vue », le chef des Verts Julien Bayou a suggéré samedi qu’EELV était attentif aux discussions avec les autres partis : « Nous on souhaite que ça avance, avec tout le monde, et entre tout le monde ». Car avec le Parti socialiste, la réconciliation entamée en milieu de semaine prendra du temps, les socialistes ayant « suspendu » leurs discussions vendredi midi. En cause, a argué la direction du parti : les attitudes « hégémoniques » de LFI.

La fronde de certains grands élus et d’un courant minoritaire qui n’acceptent pas que le PS ait souscrit aux exigences idéologiques des Insoumis (retraite à 60 ans, désobéissance partielle à l’Europe, blocage des prix…) expliquent aussi les atermoiements d’Olivier Faure et ses lieutenants. Cependant, « le lien n’est aucunement rompu » avec LFI, a assuré samedi un négociateur PS. Selon lui, « la seule vraie échéance pour LFI, c’est le 7 mai (jour de la convention d’investiture de l’Union populaire), donc ils souhaitent que ce soit terminé à cette date. Mais en réalité, jusqu’au 14 mai, tout est gérable ».

Fabien Roussel se (re)lance

Le communiste Fabien Roussel, sans attendre un accord qui tarde trop à son goût, a annoncé vendredi sa candidature à sa réélection dans sa circonscription nordiste de Saint-Amand-les-Eaux. Les communistes espèrent avoir plus de circonscriptions que celles de leurs députés sortants, affirmant être mieux implantés dans certaines zones. Samedi, ils ont en outre acté « que les propositions de La France insoumise, qui a la responsabilité première de permettre ce rassemblement, n’ont pas permis à cette heure » un accord.

Jean-Luc Mélenchon a pour sa part « mis en garde » tous ses partenaires potentiels : « Les gens n’accepteront pas deux fois de se faire voler la victoire par ceux qui refuseront de construire cette nouvelle majorité ». En outre, certains maires qui composent avec des majorités plurielles sont montés au créneau pour défendre ce modèle d’alliance, tels l’écologiste Grégory Doucet à Lyon ou à Nantes la socialiste Johanna Rolland.