Présidentielle 2022 : Deux maires du Gers furax après l’annulation des votes de leurs communes

INVALIDATION Le Conseil constitutionnel estime que la présence d’une seule personne dans les bureaux de vote lors du passage de la magistrate déléguée entache la régularité du vote. Les maires s’inscrivent en faux

20 Minutes avec AFP
Les suffrages de deux communes gersoises ont été annulés par le Conseil constitutionnel. (Illustration bulletins de vote)
Les suffrages de deux communes gersoises ont été annulés par le Conseil constitutionnel. (Illustration bulletins de vote) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Ils ne décolèrent pas après la décision du Conseil constitutionnel d’invalider les votes des électeurs de leur commune dimanche dernier, lors du second tour de la présidentielle. Les maires de Nogaro et Eauze, dans le Gers, se sont vus signifier l’invalidation des bulletins de vote, comme six autres communes françaises, au motif que lors du passage du magistrat délégué de l’Institution chargée de veiller sur la régularité des élections, « un seul membre du bureau de vote était présent ». Soit respectivement 894 et 1.974 suffrages exprimés.

« Une telle irrégularité étant de nature à entraîner des erreurs et à favoriser la fraude, il y a lieu d’annuler l’ensemble des suffrages exprimés dans ces bureaux de vote », indique le Conseil constitutionnel. De quoi susciter l’ire des élus locaux qui demandent à l’institution de « lever l’opprobre et le discrédit » ainsi jetés sur leurs municipalités.

Lettre à Laurent Fabius

« Le Conseil s’appuie sur ce rapport faux et délétère. Il dit qu’il n’y avait qu’une personne par bureau de vote, c’est n’importe quoi ! Quand elle est venue, j’étais à la Journée des déportés pendant quarante minutes, pour déposer des fleurs devant la tombe commémorative. Quatre adjoints étaient présents au bureau de vote à ce moment-là », a justifié le maire d’Eauze, Michel Gabas, auprès de l’AFP. Dès dimanche soir, il avait signalé l’incident au préfet et a d’ores et déjà écrit au président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, auprès de qui il exprime son désarroi et son incompréhension.

Il y tacle la magistrate déléguée qui aurait « une méconnaissance des processus administratifs », une « interprétation détournée, entachant de manière évidente la réputation et le sérieux de toute une ville ».

Son homologue de Nogaro, Christian Peyret, raconte que quand la magistrate est venue, « j’étais devant la salle et en tant que président du bureau de vote, je discutais avec des habitants. Elle m’a dit que ma place était à l’intérieur et non pas devant, d’un ton véhément, impoli. Je ne pensais pas qu’on irait jusqu’à l’invalidation du scrutin », a-t-il déploré.