Législatives : Olivier Faure veut une « coalition » avec LFI mais pas une « soumission » du PS

NEGOCIATIONS Le Parti socialiste discute depuis mercredi avec La France insoumise pour tenter de trouver un accord pour les législatives des 12 et 19 juin

20 Minutes avec AFP
Une délégation du Parti socialiste arrivant au siège de LFI pour des discussions au sujet des législatives, à Paris le 27 avril 2022.
Une délégation du Parti socialiste arrivant au siège de LFI pour des discussions au sujet des législatives, à Paris le 27 avril 2022. — Gabrielle CEZARD

Alors que son parti a entamé mercredi des discussions avec LFI pour trouver un accord aux législatives, Olivier Faure tient à rappeler qu’il est favorable à un rassemblement mais certainement pas à une disparition ou une humiliation du PS. « Une coalition n’est pas une soumission », explique ainsi le Premier secrétaire du Parti socialiste dans le Figaro.

Olivier Faure reconnaît que le PS et LFI sont « évidemment différents. Mais nous avons passé plus de temps à nous diaboliser mutuellement qu’à réellement chercher à nous comprendre, encore moins à nous entendre ». Pour lui, « les gauches ne sont pas irréconciliables », même si « des désaccords demeureront. Une coalition n’est pas une soumission et chacun conservera son identité ».

Mélenchon « en situation de rassembler la gauche »

Posant les bases de la négociation, le Premier secrétaire estime en outre que pour les législatives, « il faut un candidat unique de la gauche dans la centaine de circonscriptions où l’extrême droite peut l’emporter ». « Nous devons éviter de nous affronter dans les circonscriptions où il y a des députés sortants qui partagent la même volonté de justice sociale et écologique, et ensuite une répartition qui tienne compte de la présidentielle mais aussi des implantations locales et des élections intermédiaires », réclame-t-il.

Comme l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, Olivier Faure considère toutefois que Jean-Luc Mélenchon, 3e homme de la présidentielle avec 22 % des votes, est devenu la force centrale de la gauche. « Il suffit d’ouvrir les yeux. La lucidité n’est pas un défaut. Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui en situation de rassembler la gauche. Il en a la responsabilité et même le devoir ».

Pour cette raison, il justifie ses propos de mardi soir, où il a, lors d’un bureau national du PS, invité les opposants à un accord avec LFI à « partir ». « Si certains considèrent aujourd’hui que leur espace n’est plus la gauche mais un ailleurs qui se trouve chez les Marcheurs, alors qu’ils prennent leur responsabilité ».

Un tacle contre Hidalgo

Interrogé par ailleurs sur l’ex-président François Hollande, Olivier Faure ironise sur « tous les anciens éléphants » du PS qui « sont de sortie. Pas toujours pour aider la gauche à l’emporter ». Quant à Anne Hidalgo, qui a appelé certains de ses proches pour dénoncer la volonté d’accord avec Jean-Luc Mélenchon, il juge qu’elle « a mené une campagne comme elle l’a souhaitée, avec courage. J’entends mener la campagne des législatives avec détermination ». Mais il tacle la candidate : « Si nous en sommes là, ce n’est pas sans lien avec le résultat de la présidentielle. Mais l’heure n’est pas aux états d’âme, plutôt aux états de service ». L’ambiance au PS ne se dirige donc pas, pour l’instant, vers l’apaisement.