Présidentielle 2022 : Des photos de carte électorale à la « remontada », une journée de campagne sur les réseaux sociaux

E-ELECTION Le premier tour de l'élection présidentielle a également battu son plein en ligne. Revue de tweets

L.Gam.
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Les photos dans l'isoloir ou avec sa carte électorale sont déconseillés
Les photos dans l'isoloir ou avec sa carte électorale sont déconseillés — 20 Minutes
  • La journée électorale de dimanche a tenu en haleine les électeurs, les sondages publiés à la veille du premier tour annonçant des écarts réduits entre les favoris du premier tour.
  • En ligne aussi, le suspense a duré.
  • La hype Jean-Luc Mélenchon des dernières semaines, chez les influenceurs comme chez les accros aux réseaux sociaux, a finalement accouché d’une souris. Mais a animé, jusque tard dans la nuit, une soirée électorale au goût amer de 2017.

Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est le tiercé dans l’ordre de ce premier tour de l’élection présidentielle, qui s’est dénoué dimanche. Si plus d’un électeur sur quatre ne s’est pas déplacé pour voter, la journée a tout de même largement tourné autour de ce scrutin, réseaux sociaux en tête.

Des hashtags en trending topics aux recommandations à peine voilées des influenceurs en passant par les milliers de photos de carte électorale et de bulletins dans l’isoloir, ce premier tour a aussi provoqué des remous sur les réseaux sociaux.

Des photos dans l’isoloir

Le selfie dans l’isoloir, pourtant très peu recommandé – comme le confiait le ministère de l’Intérieur à nos confrères de TF1 –, a fleuri en ligne, toutes couleurs politiques confondues.


Et pourtant, on le rapelle, il est important de ne pas publier d’informations personnelles sur les réseaux socaux, jour d’élection ou non. Sur la carte d’électeur comme sur la carte d’identité, des données qu’il faut garder confidentielles peuvent être récupérées et utilisées.


Les influenceurs insoumis donnent de la voix

Le « vote efficace », leitmotiv du candidat La France insoumise ces dernières semaines, a trouvé un écho appuyé sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, Instagram, Twitter, TikTok et ailleurs, aucun Français n’a pu passer à côté d’un « ami » ou d’un influenceur appelant au vote Jean-Luc Mélenchon. Dans les stories ou en post, à grand renfort d’humour et de répétition, les défenseurs de la candidature insoumise ont tout donné pour ne pas revivre le scénario de l’élimination au premier tour de 2017. Peine perdue. Sur Twitter, la tendance a même vu passer le nom du candidat insoumis avec une faute : le hashtag « #Melanchon » est monté très haut dimanche.


« #Remontada », le hashtag star de cette soirée électorale

A 20 heures, à l’annonce des premières estimations, le fossé paraissait trop grand pour La France insoumise : Jean-Luc Mélenchon était crédité de 20,1 % et Marine Le Pen à 23,3 %. Plus de trois points qui semblaient impossibles à combler. Mais la soirée avançant, l’écart s’est largement réduit. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux s’emballent et poussent le hashtag #Remontada dans la liste de ceux les plus utilisés sur Twitter.


Scotchés à l’avancement du dépouillement, notamment dans les grandes villes où les bureaux fermaient à 20 heures, des internautes ont veillé tard, emplis de l’espoir d’un hold-up façon LFI.


Aux alentours de 5h du matin, c’est la douche froide : Jean-Luc Mélenchon enregistrait toujours un retard de 500.000 voix sur Marine Le Pen, alors que 97 % des bulletins avaient été dépouillés. Si proche, et pourtant si loin. Il n’y aura pas de matins qui chantent pour ces e-chevaliers mélenchonistes.


#RadioLondres au plus bas de sa crédibilité

En pole position sur Twitter depuis une décennie les jours d’élection, #RadioLondres a fait les frais dimanche, d’un détournement malheureux, faussant des pronostics souvent proches du résultat final. Apparu au début des années 2010 pour contourner l’article L52-2 du code électoral, interdisant aux médias de divulguer la veille et le jour même de l’élection un quelconque sondage ou des résultats partiels avant 20 heures, ce hashtag s’appuyait majoritairement sur les médias belges et suisses, non soumis à cette règle.


Mais dimanche, malgré des appels aux partisans d’Eric Zemmour d’utiliser le hashtag #RadioVichy, ces derniers ont largement continué à utiliser #RadioLondres pour tenter de convaincre et de se convaincre que leur candidat serait au 2e tour.


#RadioLondres a failli mais les trolls et autres e-partisans ont dû se rendre à l’évidence : hurler la victoire sur les réseaux sociaux ne mène pas au second tour en 2022. A droite comme à gauche.