Résultats présidentielle 2022 : « Pour le PS et sa candidate, c’est un désaveu total »

REPORTAGE Le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, est arrivé en tête devant Emmanuel Macron dans la plupart des bureaux de vote lillois, fief du PS

Mikaël Libert
— 
Il n'y avait pas foule à la mairie de Lille pour les résultats du 1er tour de la présidentielle.
Il n'y avait pas foule à la mairie de Lille pour les résultats du 1er tour de la présidentielle. — M.Libert / 20 Minutes
  • Emmanuel Macron et Marine le Pen sont au deuxième tour de l’élection présidentielle 2022.
  • A Lille, fief socialiste dirigé par Martine Aubry, la candidate du PS, Anne Hidalgo, n’a pas fait mieux qu’au niveau national, autour des 2 %.
  • Dans la capitale des Flandres, c’est Jean-Luc Mélenchon (LFI), qui tire largement son épingle du jeu.

Mélenchon président. Au soir de ce premier tour de l’élection présidentielle 2022, les résultats n’ont pas fait mentir les derniers sondages donnant Emmanuel Macron en tête, suivi de près par la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen. En revanche, à Lille, dans le Nord, on ne fait rien comme les autres. Dans les bureaux de vote de ce fief socialiste, c’est Jean-Luc Mélenchon qui a sorti son épingle du jeu, loin devant les autres et encore plus de celle qui portait les couleurs du PS, Anne Hidalgo.

Dans les deux bureaux installés au cœur de la mairie de Lille, les électeurs ont fait le job. Ni plus, ni moins que la tendance nationale, avec une participation supérieure à 72 %. A l’heure du dépouillement, il y avait donc un peu de boulot, environ 1.500 bulletins. Sauf qu’au fur et à mesure que les enveloppes étaient ouvertes, les tas ne prenaient pas tous la même épaisseur. Sur les tables, certains noms ont mis du temps à apparaître, d’autres sont restés tout simplement absents, à l’instar de celui de Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière. Pas mieux, ou presque pour la socialiste Anne Hidalgo malgré le soutien indéfectible qu’elle avait reçu de la part de la maire de Lille, Martine Aubry.

« Je salue chaleureusement Anne Hidalgo »

Dans cette ville socialiste, on n’y croyait pas. L’optimisme a ses limites et les derniers sondages n’avaient pas aidé à galvaniser les foules. Et quand les résultats lillois sont tombés, donnant Anne Hidalgo autour des 2 %, personne n’est tombé de sa chaise. D’ailleurs Martine Aubry ne s’est pas exprimée ce dimanche soir, laissant la proclamation des résultats à son adjointe en charge des élections. La maire de Lille toutefois s’est fendue d’un simple tweet : « Je salue chaleureusement Anne Hidalgo, elle qui a toujours été fidèle aux valeurs de la gauche. […] Au 2nd tour, j’utiliserai le bulletin Macron pour battre l’extrême droite ».

Non, le champion lillois est ailleurs, du côté de La France insoumise (LFI), incarnée par Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci dépasse les 40 %, devant un Emmanuel Macron aux alentours de 25 % (scores non définitifs à l'heure où nous écrivons ces lignes). « A Lille, ce n’est pas si étonnant. LFI est bien ancrée dans le secteur, avec des députés comme Hugo Bernalicis et Adrien Quattenens », analyse un jeune sympathisant du président sortant. « Il y a eu un véritable élan pour voter Mélenchon. Même autour de moi, des personnes qui ne voulaient même pas voter ont entendu l’argument du vote utile. Je crois que le message est bien passé », se félicite Georges, un électeur de Jean-Luc Mélenchon.

Si Emmanuel Macron doit se contenter de la deuxième place à Lille, cela doit-il signifier que le cœur de la ville est resté à gauche ? « Pour le PS et sa candidate, c’est un désaveu total, parce que le score de Mélenchon montre bien que les Lillois ont toujours des valeurs de gauche », estime pour sa part Dominique qui a voté écolo.

Pour autant, si élevé soit le score de LFI à Lille, le parti n’ira pas au 2nd tour de la présidentielle. Qu’importe, l’objectif est ailleurs désormais. « Ces chiffres sont de bon augure pour les législatives. Le groupe a une bonne occasion de se renforcer encore à l’Assemblée nationale, même si on a conscience que sous la Ve République, cela ne sert pas à grand-chose », reconnaît le militant mélanchoniste.