Présidentielle 2022 : Pourquoi le parti d'Edouard Philippe a séduit Estrosi et d’autres élus azuréens

CENTRE DROIT Christian Estrosi et d'autres élus des Alpes-Maritimes se sont rangés derrière Edouard Philippe et son parti Horizons. Un meeting de soutien à Emmanuel Macron se tient ce mercredi à Nice avec l'ancien Premier ministre comme tête d'affiche

Fabien Binacchi
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Edouard Philippe et Christian Estrosi lors d'une précédente réunion publique à Nice
Edouard Philippe et Christian Estrosi lors d'une précédente réunion publique à Nice — SYSPEO/SIPA
  • Christian Estrosi, le maire de Nice annonçait son ralliement au parti d’Edouard Philippe Horizons dès le mois de décembre 2021.
  • Depuis, une bonne partie du conseil municipal niçois, mais aussi le député LREM Loïc Dombreval et d’autres élus azuréens LR, las de la « dérive » droitière du parti de Christian Jacob, l’ont imité.
  • Leur but est de « porter certaines idées de centre droit dans la politique du chef de l’Etat » et de « structurer l’aile droite de la majorité présidentielle ». En attendant 2027 ?

Christian Estrosi avait lancé le mouvement début décembre. Après avoir claqué la porte de LR sept mois plus tôt, puis affiché un soutien « sans ambiguïté » à Emmanuel Macron, le maire de Nice annonçait son ralliement au parti d’Edouard Philippe Horizons, « la seule organisation qui peut » selon lui « aujourd’hui légitimement revendiquer » l’héritage du RPR et de l’UMP.

Depuis, une bonne partie du conseil municipal niçois, mais aussi le député LREM Loïc Dombreval et d’autres élus azuréens LR, las de la « dérive » droitière du parti de Christian Jacob, ont également préféré cette voie. Celle d’une campagne pour la réélection du président sortant, mais en choisissant le camp de son ancien Premier ministre plutôt que LREM, jugé comme « un parti politique constitué d’hommes et de femmes qui n’ont pas nécessairement le même corpus idéologique », selon Anthony Borré.

Le premier adjoint et plus proche collaborateur de Christian Estrosi explique avoir lui aussi décidé de se ranger derrière le maire du Havre, dont il loue « la personnalité et le courage lorsqu’il était à la tête du gouvernement », et opté pour « Horizons, où l’on défend clairement des idées de centre droit ».

La « loyauté pour Emmanuel Macron » en bandoulière

« Et cette droite raisonnable remporte en effet un écho important chez nous », confirme-t-il. Avec combien d’adhésions dans les Alpes-Maritimes ? La direction parisienne du parti, composante de la « maison commune » organisée autour de LREM en vue des élections, indique qu’elle ne « communique pas sur les chiffres ». Ces partisans de l’ancien chef du gouvernement, qui portent la « loyauté pour Emmanuel Macron » en bandoulière, devraient dans tous les cas être nombreux, ce mercredi soir à Nice où un meeting de soutien au sortant réunira aussi Edouard Philippe et plusieurs ministres en exercice.

Et pour eux, la stratégie est claire : « porter certaines idées de centre droit dans la politique du chef de l’Etat », et « structurer l’aile droite de la majorité présidentielle », poursuit Anthony Borré. « Ça n’empêche pas que l’on soit tous unis », tranche la référente de LREM dans les Alpes-Maritimes, qui revendique 7.000 adhérents. « Nous avons toujours été dans le dépassement des clivages. Le credo est toujours le même : prendre les bonnes idées où qu’elles soient », ajoute Hanaene Tehgmenti, « pas du tout choquée que ces élus aient choisi de rejoindre Horizons. »

Une stratégie à 2050 mais surtout avec 2027 en ligne de mire ?

« Nous avons des sensibilités différentes mais un projet commun », assure aussi Claire Peradotto, cheffe d’entreprise niçoise propulsée présidente du comité local de soutien à Emmanuel Macron. « Les gens sur le terrain ne nous demandent pas de quelle sensibilité on est, on nous demande surtout quel est le projet », explique celle qui a également rejoint Horizons, précisant que c’était « la première fois de [sa] vie qu’elle [s'] encartait ».

Garant, tout en douceur, de ces idées de droite modérée dans la politique d’Emmanuel Macron, le parti d’Edouard Philippe verrait-il aussi plus loin ? Le maire du Havre a lui-même tablé sur « une stratégie à l’horizon 2050 ». Et certains lui prêtent déjà des ambitions pour la prochaine échéance de 2027. Si Anthony Borré élude pour le moment cette question, celle d’une poursuite de la recomposition à droite se pose bien pour le premier adjoint de Christian Estrosi. « Elle n’est pas terminée. Si j’en juge par tous ceux qui prennent des contacts avec nous », glisse l’élu.

Lundi, le député LR de l’Yonne Guillaume Larrivé exhortait la droite à « construire une majorité » autour de Macron en cas de défaite de Valérie Pécresse. Renaud Muselier estimait aussi que la candidature de la présidente de la région Ile-de-France allait « entériner la mort des Républicains ». Dont Horizons pourrait profiter ? C’est ce que certains, parmi le parti de l’ancien premier Ministre, espèrent.