Présidentielle 2022 : Marine Le Pen « conteste » la date marquant la fin de la guerre d’Algérie

HISTOIRE La candidate du RN estime que cette date ne peut être choisie, car des milliers de harkis ont été « sauvagement assassinés » après ce cessez-le-feu

M.F avec AFP
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Marine Le Pen
Marine Le Pen — ISA HARSIN/SIPA

Ce vendredi, la France célèbre les 60 ans des accords d’Evian signés le 18 mars 1962 et qui aboutirent à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu le lendemain. Le 19 mars 1962 est ainsi inscrit dans les livres d’Histoire comme marquant la fin de la guerre d’Algérie. Une vision de l’Histoire avec laquelle Marine Le Pen, tout comme beaucoup de harkis et de rapatriés, n’est pas d’accord.

« Nous contestons depuis longtemps cette date choisie parce que cette date, qui a été imposée comme la fin de la guerre d’Algérie, n’a pas été la fin de la guerre d’Algérie, car il y a eu des dizaines de milliers de harkis qui ont été sauvagement assassinés », a déclaré vendredi sur France Inter la candidate à la présidentielle du Rassemblement national, ancien Front national, qui fut longtemps le refuge des partisans de l’Algérie française.

Marine Le Pen veut que l’Algérie demande pardon

« S’il s’agit de réconcilier les mémoires en se flagellant devant l’Algérie qui ne cesse de réclamer des actes de repentance, moi en ce qui me concerne, ce sera non », a ajouté la candidate d’extrême droite, « sauf si l’Algérie demande elle-même pardon aux harkis sur la manière dont ils se sont comportés à leur égard ». Pour Marine Le Pen, les harkis, ces Algériens ayant combattu dans l’armée française, « ont été particulièrement maltraités par le gouvernement de l’époque » et « on doit avoir à (leur) égard une très vive reconnaissance », ce sont « des gens qui ont choisi la France, qui sont français pas seulement par leur identité, mais par le sang versé ».

Emmanuel Macron doit présider une cérémonie samedi à l’Elysée pour le 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie avec un souci « d’apaisement » des mémoires et de « main tendue » à l’Algérie. « Le 19 mars est une étape sur ce chemin (de mémoire) mais ce n’en est pas le terme », a insisté la présidence.