Présidentielle 2022 : Chômage, enseignants… On a vérifié des affirmations d’Emmanuel Macron au sujet de son projet

FAKE OFF Chômage des jeunes, participation à un débat, salaires des enseignants… « 20 Minutes » a passé en revue cinq affirmations d’Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme jeudi

Mathilde Cousin
Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron qui refuse de participer à un débat avec les autres candidats, une anomalie historique ? — 20 Minutes
  • « 20 Minutes » a passé en revue cinq affirmations d’Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme jeudi
  • Le président – candidat a vu plutôt juste sur le nombre de Français sans médecin traitant ou sur le chômage des jeunes.
  • D’autres affirmations, sur le salaire des enseignants ou sur les débats pour la présidentielle, sont à nuancer.

Une conférence de presse de plus de quatre heures pour présenter son programme pour la présidentielle. Jeudi à Aubervilliers, en banlieue parisienne, Emmanuel Macron a défendu le bilan de son quinquennat et a présenté son projet de candidat.

L’occasion de multiplier les affirmations, du chômage des jeunes qui n’aurait jamais été aussi bas, au nombre de policiers ou de Français sans médecin traitant. Le président-candidat a aussi justifié son refus de participer à un débat avec les autres candidats à la présidentielle.
20 Minutes les passe en revue.

  • « Le taux de chômage des jeunes [atteint] son plus bas niveau depuis quarante ans ».

Si le chômage des 15-24 ans est effectivement en baisse, il n’est pas à son plus bas niveau depuis quarante ans. En 2021, 18,1 % des jeunes de cette classe d’âge étaient sans emploi, selon l'Insee. En 1981, c’était 16,3 % de ces jeunes qui étaient à la recherche d’un emploi. Le niveau de 2021 fait toutefois partie des plus bas depuis quarante ans : le chômage des jeunes est descendu en dessous des 18 % seulement deux fois depuis 1981, en 1989 et en 2008.

  • « Quand je regarde les choses, du général de Gaulle au président Mitterrand, au président Chirac, […] aucun de mes prédécesseurs en fonction se représentant à l’élection n’a fait un débat. »

Notre vérification en vidéo :

  • « Nos enseignants sont beaucoup moins bien payés que dans le reste des pays de l’OCDE et de l’Europe en début de carrière. Progressivement, ensuite, ils rattrapent. Ils sont mieux payés à la retraite. »

Les données de l’OCDE ne donnent pas les rémunérations des enseignants au moment de la retraite. Toutefois, elles fournissent celles au plus haut de l’échelon. Que ce soit en début de carrière qu’au sommet de l’échelon, les enseignants français en primaire ou ceux en deuxième cycle du secondaire sont moins bien payés que la moyenne des 35 pays de l’OCDE. Un enseignant français de primaire touchera 31.873 dollars, environ 28.890 euros, en début de carrière, et 56.900 dollars, soit 50.759 euros au plus haut échelon, quand la moyenne des pays de l’OCDE se situe respectivement à 34.645 dollars (31.409 euros) et 57.913 dollars, soit 52.00 euros.

  • « Aujourd’hui, 10 % de la population n’a pas de médecin traitant. »

Il y avait au 30 septembre 2021 6,3 millions de Français sans médecin traitant, détaille l’Assurance maladie auprès de 20 Minutes. Rapportés à une population de 67,4 millions d’habitants selon les derniers calculs de l’Insee, cela fait environ 10 % de Français qui n’ont pas de médecin traitant.

Les hommes, les patients âgés de 17 à 29 ans et les patients sans affection de longue durée sont les catégories qui ont le moins déclaré de médecin traitant.

Être rattaché à un médecin traitant permet d’être mieux remboursé. Toutefois, en raison de la démographie médicale, des Français déclarent avoir des difficultés à trouver un généraliste qui accepte d’être leur médecin référent. Dans ce cas, ils peuvent se tourner auprès du médiateur de leur caisse de rattachement pour trouver une solution. Enfin, pour ceux dont le généraliste cesse son activité, « ses patients restent rattachés à lui en tant que médecin traitant afin qu’ils ne soient pas pénalisés dans leur remboursement », complète l’Assurance maladie.

  • « Les 10.000 postes de policiers et de gendarmes auxquels je m’étais engagé ont été créés. »

Pour le ministère de l’Intérieur, cette promesse qu’avait fait Emmanuel Macron en 2017 est tenue. La place Beauvau avance auprès de 20 Minutes la création jusqu’à la fin de l’année de 7.464 postes dans la police nationale et 1.609 dans la gendarmerie, soit 9.073 postes. Il faut ajouter à ces chiffres « les effectifs en cours de scolarité et les 1.200 postes créés à la DGSI », complète le ministère.

Ces chiffres sont contestés par la députée socialiste Valérie Rabault, qui a fait ses calculs en s’appuyant sur des équivalents temps plein. 20 Minutes était revenu en détail sur cette polémique dans cet article.