Présidentielle 2022 : Mélenchon se replace dans la course pour la finale selon les derniers sondages

OUTSIDER Le candidat LFI n’est plus très loin de Marine Le Pen dans les derniers sondages

G. N. avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon, ici le 12 mars à Paris, croit en ses chances d'accéder au second tour.
Jean-Luc Mélenchon, ici le 12 mars à Paris, croit en ses chances d'accéder au second tour. — ALAIN JOCARD / AFP

Avec Emmanuel Macron donné largement vainqueur au premier tour de la présidentielle selon les sondages d’intentions de vote, la lutte se concentre sur la seconde place avec l’appel au vote utile lancé dimanche à gauche par Jean-Luc Mélenchon. Un sondage Ipsos pour Le Parisien et franceinfo place le candidat LFI en quatrième position avec 12 % des intentions de vote, certes loin derrière le président sortant (30,5 %), mais à seulement quatre points de la RN Marine Le Pen (16 %). Il est sur les talons du polémiste d’extrême droite Eric Zemmour (13,5 %) et devant la LR Valérie Pécresse (11 %).

Avec un ticket d’entrée aussi bas pour le second tour, la lutte reste ouverte à 28 jours du premier tour. Le candidat LFI pourrait redonner de l’espoir à une gauche fragmentée, incapable de s’unir et longtemps donnée battue d’avance. Il est à ce stade le candidat de gauche le mieux placé, comme le confirme le sondage Ipsos où il devance largement l’écologiste Yannick Jadot (6,5 %), le communiste Fabien Roussel (3 %) ou encore la socialiste Anne Hidalgo (2,5 %).

« Cette présidentielle, je la sens bien. »

Convaincu d’être « sur le pas de la porte du second tour », Jean-Luc Mélenchon a saisi l’occasion pour appeler au vote utile dans une interview au JDD : « Je dis à chaque conscience de gauche : chacun est personnellement responsable du résultat ». Selon lui un second tour Mélenchon-Macron, « ça change tout » et « purifierait l’atmosphère ». « Mieux vaut discuter de savoir si la retraite est à 65 ou à 60 ans, plutôt que du venin intellectuel que répand l’extrême droite », a-t-il insisté. Avant de conclure : « cette présidentielle, je la sens bien. »

A un moment où le pouvoir d’achat s’impose comme la principale préoccupation des Français avec la flambée des prix de l’essence provoquée par la guerre en Ukraine, le candidat Insoumis tente d’éviter un nouveau duel entre Macron et Le Pen comme en 2017. Il s’était alors classé quatrième avec 19,6 % des voix à moins de deux points de la candidate RN. Après être, déjà, parti de beaucoup plus bas dans les sondages.

« Le leadership dans l’espace des gauches »

Sur franceinfo, le directeur général délégué d’Ipsos Brice Teinturier juge « absolument incontestable » que Mélenchon ait pris « le leadership dans l’espace des gauches ». Et ce malgré la concurrence du Parti communiste qui, contrairement à 2012 et 2017, présente son propre candidat avec Fabien Roussel, un choix que Jean-Luc Mélenchon continue de regretter à longueur d’interviews. Dimanche encore, le candidat du PCF a refusé de rallier : « J’entends ceux qui aimeraient bien que je me retire comme Mélenchon, [mais] ça ne risque pas », a-t-il répliqué sur Radio J, disant lui aussi sentir « très bien » sa campagne.

Objet de vives critiques pour ses positions prorusses depuis le début de la guerre en Ukraine, Mélenchon ne semble pas avoir été pénalisé dans les sondages, malgré les attaques frontales de Jadot et Hidalgo qui a de nouveau critiqué dimanche son « lien particulièrement délicat et critiquable avec un certain nombre de dictateurs sur cette planète ». « L’enjeu de la seconde place va beaucoup être portée par la dynamique de vote utile », explique à l’AFP Bernard Sananès, président de l’institut Elabe. « Est-ce que Jean-Luc Mélenchon va le porter à gauche et est-ce qu’à la droite de la droite Marine Le Pen va réussir à capter un vote utile ? »