Présidentielle 2022 : A Strasbourg, Nicolas Dupont-Aignan se présente comme « le seul candidat qui ne rase pas gratis »

REPORTAGE Le candidat Debout la France à la présidentielle 2022, Nicolas Dupont-Aignan, était à Strasbourg ce mercredi avant de se rendre dans deux villages alsaciens pour convaincre des maires de lui donner leur parrainage

Gilles Varela
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Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle 2022. Strasbourg le 16 février 2022.
Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle 2022. Strasbourg le 16 février 2022. — G. Varela / 20 Minutes

Il pleut, il fait froid et il n’y a quasiment personne dans la rue, quatre militants à peine. Ce mercredi matin, ils attendent sur le seuil d’un restaurant au cœur de Strasbourg le « futur président de la France » :   Nicolas Dupont-Aignan. Pas de flashs qui crépitent, de gardes du corps, de reporters qui se pressent. Nous ne sommes d’ailleurs que deux journalistes pour une conférence de presse qui tarde à commencer car le candidat de  Debout la France, est en retard, à « cause du train ». Le temps passe. L’occasion rêvée de taper la causette avec les fervents défenseurs de celui qui, ils l’assurent, « incarne la France, la justesse, l’honnêteté ».

« On ne l’aime pas, on l’adore », rigole Aurore, retraitée.  « Vous connaissez son programme ? ». « Non. Pas dans le détail. Mais c’est quelqu’un de droit, d’humble et qui aime la France, pas comme certains qui le disent et font le contraire. » Le futur président ? « On l’espère, nous, on y croit. Même si depuis des années, on préfère des gens qui font un peu du cinéma, un peu de "m’as-tu-vu", assure Jean-Paul, son mari. Nous sommes tout de même dans un monde qui prend tout à la légère, et ça c’est très grave. »

« Beaucoup de choses fausses » sont dites

Venus de communes de l’agglomération de Strasbourg, ces soutiens de Nicolas Dupont-Aignan disent être « contre le vaccin », et portent le masque dans leur poche. Devant la salle où est prévue la conférence de presse, petit moment de panique : « Ils ne veulent pas nous laisser rentrer sans le pass sanitaire, c’est pourtant une réunion politique ! », s’inquiète Aurore. L’attente continue et voilà que s’invitent dans la discussion des idées qui pourraient être qualifiées de « complotistes ».

Mais ça, Jean-Paul « s’en fout ». S’il ne partage pas toutes les propositions du candidat, sa position sur ce sujet est tout de même l’une des raisons pour lesquelles il l’apprécie. « Lui-même ne peut pas dire être contre le vaccin en tant que tel, reconnaît le retraité. Mais il va dans le bon sens. » D’ailleurs, il y a « beaucoup de choses fausses qui sont dites à son sujet » ajoutent en chœur ces aficionados du député de l’Essonne. A commencer par les sondages, qui seraient « trafiqués », « loin de la réalité », « ordonnés par Macron » et « manipulés par les médias ». « Est-ce que ce sont les citoyens qui font les sondages ou est-ce les sondages qui font les citoyens ? », s’interroge Jean Paul. « Mais comme il est droit, il dérange, assure Aurore. On veut le casser. »

Passent alors en revue la sortie de l’Europe, le retour des frontières espéré, le regret d’un pays qui serait « subtilisé aux citoyens ». Pour Antoine, un policier à la retraite qui vient de rejoindre le petit groupe, le candidat Debout la France « incarne » les valeurs gaullistes. « On sait que la crise sanitaire a posé beaucoup de problèmes sur les libertés. Nicolas Dupont-Aignan a voulu défendre ces valeurs. Mais il a aussi un programme de restructuration économique pour inciter les entreprises à se repositionner sur le sol français, poursuit le retraité. C’est bien pour faire baisser le chômage et pour les gens qui sont précaires alors qu’il y a une baisse du pouvoir d’achat. » Sur le nucléaire et les dernières annonces d’Emmanuel Macron, « je pense qu’il faut affiner les choses, réfléchir encore, tempère Yoann, ultime militant âgé de 26 ans qui se joint à nous. C’est délicat, surtout en ce qui concerne les anciennes centrales ».

« Il faut aller voter »

Une petite voiture se gare, et voici Nicolas Dupont-Aignan. Poignées de main rapide, le candidat se presse dans la salle qui lui est réservée et insiste pour que soit respecté le port du masque, excepté pour prendre la parole. Malgré la maigre assistance, il développe les grandes lignes de son programme. Sans oublier en préambule une rapide petite promo de son livre Où va le pognon ?, « base » de son projet présidentiel et pour « récupérer 100 milliards d’euros », avant la présentation d’un fascicule sur les « 100 décisions pour la France 2022-2027 ».

Sur un rythme cadencé, le candidat expose ses convictions, souligne qu’il « veut rendre aux Français leur liberté et à la France son indépendance » , vouloir « reconstruire les services publics sur tout le territoire », soutient « qu’il était possible de lutter contre le virus sans porter atteinte à la liberté des Français ». Avant de rappeler son attachement aux référendums, convaincu que « la crise démocratique » que connaît la France « tient à l’absence d’association des Français aux grandes décisions ». Bien rodée, sa présentation est truffée de punchlines. « Je suis le seul candidat qui ne rase pas gratis », « Tout le monde promet tout et n’importe quoi », « Après les faux pères Noël, il y aura un retour de bâton terrible », « Liberté, démocratie, pouvoir d’achat ».

360 parrainages validés

Questionné sur un éventuel appel du pied d’Eric Zemmour en vue du second tour, le candidat souverainiste balaye de la main. « Je me préfère [aux autres candidats], sourit-il. Je ne sais pas qui sera au second tour. Je me bats pour que 47 millions d’inscrits sur les listes électorales prennent le chemin des urnes. » Il préfère rappeler la nécessité de « réconcilier les Français après la présidence de Macron qui les a dressés les uns contre les autres », « l’indépendance pour la France », « l’arrêt de la submersion migratoire » et l'« assimilation de ceux qui sont là ». « On peut être ferme sur la sécurité des frontières sans pour autant monter les uns contre les autres », conclut le candidat.

Notre dossier sur la présidentielle 2022

Pour l’heure, l’espoir d’être élu passe d’abord par l’obtention des parrainages, principale raison de sa venue en Alsace. C’est d’ailleurs toujours pressé que le candidat a pris la route pour aller à la rencontre de plusieurs maires réunis dans un village du Bas-Rhin puis dans le Haut-Rhin. Des visites pour lesquelles il ne souhaite pas la présence de la presse, ni faire la moindre publicité, « pour éviter toute pression sur ces élus. » Une pression qui lui pèse pourtant : « Il me manque plus d’une vingtaine de signatures, calcule le candidat. Je suis en danger si je ne les obtiens pas. » Au 15 février, selon la dernière mise à jour de la liste des parrainages validés, Nicolas Dupont-Aignan  en comptait 360.