Présidentielle 2022 : « On n’est pas à l’abri d’une surprise »… A Mont-de-Marsan, Jean Lassalle lance sa campagne

REPORTAGE Jean Lassalle a dédicacé ce vendredi son livre dans un centre commercial près de Mont-de-Marsan, et profité pour lancer plus ou moins officiellement sa campagne pour la présidentielle

Mickaël Bosredon
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Jean Lassalle en dédicace près de Mont-de-Marsan (Landes)
Jean Lassalle en dédicace près de Mont-de-Marsan (Landes) — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • En déplacement dans les Landes ce vendredi, Jean Lassalle en a profité pour lancer sa campagne pour sa deuxième élection présidentielle.
  • En 2017, il avait réalisé 1,2 %. Cette année, il veut croire que « dans cette drôle de période, on n’est pas à l’abri d’une surprise. »

Difficile de rater Jean Lassalle. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, sa silhouette se voit de loin. Surtout, son accent rocailleux des  Pyrénées résonne dans les allées du centre commercial Grand Moun, à Saint-Pierre-du-Mont dans la banlieue de Mont-de-Marsan (Landes), pas très fréquenté en cette fin de matinée. C’est ici, à l’espace culturel Leclerc, que Jean Lassalle a lancé, plus ou moins officiellement, sa campagne pour la  présidentielle, ce vendredi.

« Les gens me reconnaissent à la voix, ils l’ont enregistrée », nous dit-il entre deux cafés, avant de démarrer sa séance de dédicaces pour son livre, Aurore ou Crépuscule, Résistons ! Une cinquantaine de personnes font la queue, sagement. D’autres passent, et demandent une photo. « Attends, j’ai la cravate comme Hollande, ça va pas. » On lui apporte aussi des souvenirs, comme ces deux vendeuses de la galerie commerciale qui lui offrent une tourtière, une spécialité des  Landes. Elles repartiront avec un livre.

« J’adore son franc-parler, au moins il dit ce qu’il pense »

Dans la file où l’on patiente pour faire signer l’ouvrage, pas mal de jeunes ont fait le déplacement. Enzo, 15 ans, dit avoir commencé à s’intéresser à la politique « en raison de la pandémie » et a regardé avec attention les dernières  municipales. « Là, la présidentielle m’intéresse beaucoup aussi, même si je ne peux pas voter, et cela fait quelques mois que je suis Jean Lassalle. Il a un discours patriotique, j’aime ça. »

Jean Lassalle, en dédicace près de Mont-de-Marsan (Landes)
Jean Lassalle, en dédicace près de Mont-de-Marsan (Landes) - Mickaël Bosredon/20Minutes

Guillaume, 19 ans, aime surtout son style. « Il y a une grosse différence entre la classe politique traditionnelle et Jean Lassalle, ce que j’apprécie surtout, c’est son franc-parler. Il n’y a pas de confusion possible. » Pareil pour Julie, une infirmière qui travaille aux urgences de Mont-de-Marsan. « J’adore son franc-parler, au moins il dit ce qu’il pense, alors que chez les autres politiciens, on ne comprend pas la plupart des choses qu’ils racontent. »

« Lassalle, on le sent proche des gens, et il a de l’humour »

Une habitante de Mont-de-Marsan est venue pour sa fille, âgée de 18 ans. « Ma fille suit Jean Lassalle sur les réseaux sociaux, mais malheureusement elle ne pouvait pas venir aujourd’hui, à grand regret, parce qu’elle passe son bac blanc de Français, alors elle m’a missionnée pour faire dédicacer son livre, et pour le filmer aussi, sourit la Montoise. Pourquoi ma fille aime Jean Lassalle ? Parce qu’elle aime sa région, les bons vivants, ceux qui ont les valeurs de la terre et du travail… Ce sont des valeurs qu’elle recherche et qui la sécurisent. »

Jean Lassalle
Jean Lassalle - Mickaël Bosredon/20Minutes

Sylvette aussi a fait le déplacement pour ses enfants. Mais elle, depuis la Dordogne. 200 km. « Je suis venue pour ma fille de 30 ans qui est agricultrice, et pour mon fils qui a 27 ans. Lassalle, on le sent proche des gens, et il a de l’humour. Chez les autres candidats, mes enfants ne retrouvent pas ces valeurs de la terre. »

« Pas un petit bout de France où je ne suis pas allé »

Ses soutiens croient-ils pour autant une élection possible ? La question gêne un peu aux entournures. « On peut pas lire dans une boule de cristal, hein ? » « J’espère pour lui. » D’autres se veulent plus réalistes. « Malheureusement, il n’est pas assez suivi, regrette Julie, ça risque d’être compliqué pour lui, mais au moins il sera entendu. »

L’enjeu pour Jean Lassalle est précisément de faire entendre sa voix. « Pour moi, tout va dépendre si je vais être visible ou pas, pense-t-il. C’est une campagne étonnante, à l’image de ce pays sans dessus dessous et qui a perdu beaucoup de repères avec cette pandémie dont on ne voit pas la fin. Les gens vont chercher quelqu’un de rassurant, dans un contexte où l’on entend des injures de la part d’autres candidats. Moi, je me représente parce que j’aime ce pays à qui je dois tout. Mais je l’aime tranquillement, sans éclat de voix. Dans cette drôle de période, on n’est pas à l’abri d’une surprise. »

A 66 ans, Jean Lassalle met aussi en avant son expérience. C’est la deuxième fois qu’il se présente à la présidentielle (il avait réalisé 1,2 % en 2017), et il a déjà plus d’une vingtaine d’élections au compteur. « J’ai été élu maire pour la première fois à 21 ans [à Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques] » rappelle-t-il. Ex-vice-président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, cet ancien proche de François Bayrou est toujours député, sous la bannière du parti « Résistons ! » qu’il a fondé. Et il n’y a pas que sa carrière politique. « Je suis fils de berger, je l’ai été moi-même, puis j’ai eu ma propre société, énumère-t-il. J’ai fait le tour de France à pied, je me suis rendu dans toutes les régions, je crois qu’il n’y a pas un petit bout de France où je ne suis pas allé. »

« J’ai presque les 500 signatures »

Entre deux-trois interviews aux journalistes, les discussions à rallonge, les bisous et les petits bouts de chansonnette, la séance dans le centre commercial aura un peu traîné en longueur. « Ah, c’est pas une dédicace comme Zemmour, c’est pas pareil, hein ? » lance-t-il à la cantonade, hilare.

Et contrairement au candidat d’extrême-droite, le Béarnais assure avoir quasiment bouclé ses parrainages, lui. « J’ai presque les 500 signatures, dit-il, mais pour l’instant je ne l’annonce pas trop, car je veux en avoir 150 de plus, c’est plus prudent, l’expérience montre que l’on en perd beaucoup durant la période d’envoi. » C’est donc certainement aussi par prudence, que Jean Lassalle avait calé une rencontre avec des maires du département, en fin de journée.