Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo estime que « la candidature de Christiane Taubira va séparer, diviser »

DESUNION Dans une interview au « JDD », la candidate du PS a clarifié sa non-participation à la Primaire populaire et attaque Christiane Taubira et Yannick Jadot

X.R.
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Anne Hidalgo n'a pas épargné ses concurrents à gauche dans une interview au JDD.
Anne Hidalgo n'a pas épargné ses concurrents à gauche dans une interview au JDD. — KONRAD K./SIPA

La tension était palpable hier en région lyonnaise, avec le déplacement sur le terrain de deux candidates à l’élection présidentielle à quelques kilomètres de distance. Oui, bien deux « candidates », car ça y est,  Christiane Taubira s’est officiellement lancée, même si elle reste suspendue au résultat de la Primaire populaire. Un scrutin que ne reconnaîtra finalement pas  Anne Hidalgo, candidate investie par le PS, après avoir pourtant appelé de ses vœux une candidature d’union de la gauche.



« À la fin, chacun sera comptable de ses actes »

« La Primaire populaire n’est plus une primaire, mais une consultation », estime-t-elle dans le Journal du Dimanche. En l’absence de Fabien Roussel et Arnaud Montebourg dans le panel de choix, et alors que Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot ont refusé de reconnaître son résultat, « aucun candidat ne se retirera parce qu’il aura été mal classé » cingle la maire de Paris. « Moi pas plus que les autres », ajoute-t-elle. Dans son interview au JDD, la candidate du PS fait peser l’échec de cette primaire de la gauche sur un seul homme :  Yannick Jadot. « Si Yannick Jadot avait joué le jeu, il aurait pu y avoir un million d’inscrits à cette primaire. Il a fermé la porte. Ce n’est pas responsable. »

Mais c’est avant tout avec l’autre femme à gauche qu’Anne Hidalgo a réglé ses comptes. « Plutôt que d’unir, la candidature de Christiane Taubira va encore séparer, diviser et créer de la confusion », tacle-t-elle. La maire de Paris fait même peser la responsabilité d’un échec de la gauche sur l’ancienne garde des Sceaux, signalant qu'« à la fin, chacun sera comptable de ses actes et de ses paroles ». Elle ajoute ne pas croire « aux hommes et aux femmes providentiels », ciblant le côté cavalier solitaire de celle « qui en décembre affirmait ne pas vouloir être une candidate de plus ».