Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo constate l’échec « pour l’instant » de son projet de primaire à gauche

ESPOIR La candidate socialiste, qui a notamment rejeté la faute sur Yannick Jadot, continue de plaider pour l’union de la gauche derrière une candidature unique

X.R. avec AFP
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Anne Hidalgo a été investie par le Parti socialiste.
Anne Hidalgo a été investie par le Parti socialiste. — ISA HARSIN/SIPA

Il paraît que l’espoir fait vivre. Anne Hidalgo, en tout cas, s’accroche à celui d’organiser une primaire de la gauche pour faire émerger une candidature unique dans la course à l’Elysée. A trois mois de l'élection présidentielle, la gauche reste émiettée entre cinq candidatures – Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Arnaud Montebourg —, auxquelles il faut ajouter l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira, qui « envisage » de se présenter mi-janvier. Et tous sont loin derrière la droite et l’extrême-droite dans les sondages.

C’est donc pour éviter une débâcle qu’Anne Hidalgo avait proposé cette primaire de la gauche. « Cette proposition n’a pas pour l’instant fait l’objet d’un accord, ou dans tous les cas d’une reprise de volée pour avancer ensemble », a concédé la maire de Paris depuis Jarnac, où elle s’est recueillie devant la tombe de l’ancien président François Mitterrand.

La responsabilité de l’échec rejetée sur Yannick Jadot

« J’ai entendu les propos de Yannick Jadot, et je l’ai dit, une primaire n’a de sens que si elle sert à avoir un candidat commun, un candidat unique et non à ajouter des candidatures. Evidemment si dans cette primaire, les Verts autour de Yannick Jadot ne sont pas présents, cela ne s’appelle plus une primaire, en tous les cas ce n’est pas cette primaire qui permettrait d’avoir ce candidat unique. Je le redis tant qu’il est possible de l’organiser, il faut l’organiser mais j’entends le refus, et je le regrette, que Yannick Jadot endosse », a-t-elle ajouté.

Le candidat écologiste, comme Jean-Luc Mélenchon, a en effet rapidement décliné la proposition d’Anne Hidalgo, soulignant qu’il était passé par une primaire interne à son parti. De plus, après le mandat de François Hollande, marqué par le départ des écologistes du gouvernement en 2014, et l’échec de la campagne de Benoît Hamon, les Verts estiment que « leur tour est arrivé », signalait à 20 Minutes Fabien Escalona, chercheur associé à Sciences po.

Avec ou sans candidat, la Primaire populaire se fera

« A chaque fois, ma famille politique a su fédérer. Il est de ma responsabilité de tenter le rassemblement, bien sûr pas n’importe comment, pas sur n’importe quoi », a de nouveau plaidé Anne Hidalgo samedi, ajoutant que « dans un contexte dans lequel notre pays subit de plein fouet cette dépolitisation extrêmement néfaste pour la démocratie, j’ai proposé que ce rassemblement puisse se faire à travers un processus clair, transparent, devant nos concitoyens : celui d’une primaire en appelant les différents candidats, au moins ceux qui veulent gouverner ensemble, à se réunir et à accepter le verdict d’une élection avant l’élection ».

Arnaud Montebourg et Christiane Taubira se sont également positionnés en faveur d’une primaire, mais à condition d’être rejoints par les autres candidats de gauche. Le collectif citoyen la «  Primaire populaire » organise, lui, du 27 au 30 janvier une « investiture populaire », qui se déroulera avec ou sans le consentement des candidats, avec en jeu le soutien de plus de 300.000 inscrits.