Présidentielle 2022 : « Les jeunes sont les exclus, les oubliés, du quoi qu’il en coûte » lance Yannick Jadot en déplacement à Bordeaux

PRECARITE Le candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, a consacré un déplacement à la jeunesse, ce mercredi à Bordeaux

Mickaël Bosredon
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Yannick Jadot lors de la visite de la Banque alimentaire de la Gironde, à Bordeaux
Yannick Jadot lors de la visite de la Banque alimentaire de la Gironde, à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Yannick Jadot a visité le CFA « Métiers de l’environnement » à Artigues, la Banque alimentaire à Bordeaux, et terminé la journée par une conférence à Sciences po.
  • La Banque alimentaire a alerté d’une hausse substantielle de ses bénéficiaires depuis la crise du Covid-19, notamment en raison de la précarité étudiante grandissante.
  • Le candidat EELV entend y répondre avec un revenu citoyen automatique de 880 euros mensuels, pour toute personne d’au moins 18 ans.

A la recherche d’un nouveau souffle. En difficulté dans les sondages, le candidat écologiste à la présidentielle  Yannick Jadot est venu mercredi à  Bordeauxchercher un bol d’air frais, sur une terre conquise par son camp lors des dernières municipales. Consacré à la jeunesse, son déplacement a été marqué par une visite du CFA « Métiers de l’environnement » à Artigues, et de la Banque Alimentaire à Bordeaux, la journée se terminant par une conférence à Sciences po.

A une élève du CFA, il a promis de répondre à « l’éco-anxiété » de la nouvelle génération par son projet de verdissement du pays. Après un transfert en car qui « carbure au colza », il a passé environ une heure à la Banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde, où il a essentiellement été question de précarité étudiante.

Yannick Jadot, lors de sa visite de la Banque Alimentaire de Bordeaux
Yannick Jadot, lors de sa visite de la Banque Alimentaire de Bordeaux - Mickaël Bosredon/20Minutes

La Banque alimentaire de Bordeaux, qui distribue chaque année 4.000 t de denrées, a vu en effet le nombre de ses bénéficiaires passer de 18.000 par semaine, avant la crise du Covid-19, à 22.000 dorénavant. « Ces bénéficiaires supplémentaires sont apparus, entre autres, au travers de nouveaux partenariats que nous avons noués avec le Crous et Atena (Association territoriale des étudiants aquitains) » a souligné Benoît Mathieu, vice-président en charge des approvisionnements à la Banque alimentaire.

« Si demain on n’a plus les moyens d’acheter ces produits alimentaires, on ne sait pas comment on va faire »

« Au début de la crise, on a reçu un appel de détresse du Crous pour nous demander si l’on pouvait faire quelque chose, notamment en ce qui concerne les étudiants étrangers qui ne pouvaient pas rentrer chez eux, raconte Pierre Pouget, président du réseau des Banques alimentaires de Nouvelle-Aquitaine. En dix jours, on a mis en place une logistique pour préparer chaque semaine 8 à 10 kg de colis alimentaires. Nous avons ainsi secouru jusqu’à 800 étudiants, chaque semaine, sur le campus de Bordeaux. » En tout, quelque 550 t ont été distribuées ces vingt derniers mois, auprès de 20.000 étudiants de toute la Gironde.

Une aide de la région Nouvelle-Aquitaine « de 860.000 euros » a permis à la Banque alimentaire de pouvoir acheter « les ressources alimentaires qui nous font défaut, en raison d’une explosion de la demande » et d’une diminution des dons. Mais Pierre Pouget de s’inquiéter : « Si demain on n’a plus les moyens d’acheter ces produits alimentaires, on ne sait pas comment on va faire. »

« Les jeunes ont été le plus touchés psychologiquement »

Pour le candidat Yannick Jadot, « dans une société aussi riche que la nôtre, il n’y a aucune raison que l’on ait autant de personnes sous le seuil de pauvreté. Il y a là quelque chose de totalement inacceptable ». « Dans notre projet, nous prévoyons un revenu citoyen automatique, au niveau du seuil de pauvreté, soit 880 euros par mois, a-t-il ajouté. Notre volonté est de le porter dans la campagne comme une exigence d’éradiquer la grande  pauvreté. Notre objectif est que toute personne à partir de 18 ans puisse accéder à ce revenu citoyen. Notre pays a les moyens de cette politique, donc il n’y a pas de raison de continuer à s’en passer. »

Le candidat d’EELV estime par ailleurs que « dans cette crise du Covid, les jeunes ont été les moins touchés du point de vue de la mortalité, mais ils ont été incontestablement les exclus, les oubliés, du quoi qu’il en coûte. » Et d’ajouter que « ce sont eux qui ont été le plus touchés psychologiquement. »

Collecte auprès de la grande distribution en décroissance

Plusieurs étudiants, travaillant bénévolement auprès de la Banque alimentaire, étaient présents ce mercredi pour sensibiliser le candidat à la présidentielle à leurs difficultés. « Pendant la crise, et surtout lors du premier confinement, de nombreux étudiants se sont retrouvés sur le carreau, sans réelle possibilité d’avoir de revenus, rappelle Hugo Lopes, vice-président en charge de la défense des droits et de la lutte contre la discrimination à la fédération Atena. On se rend compte aujourd’hui que les étudiants paient aussi les conséquences de ces confinements avec l’augmentation du coût de la vie d’une manière globale, et la précarité est de plus en plus importante. »

L’association Atena a créé une épicerie solidaire, Le comptoir d’Aliénor, qui œuvre au quotidien sur le campus de Bordeaux grâce à la Banque Alimentaire. « Cette épicerie fournit tout ce qui est produit d’hygiène, alimentaire, à moindre coût, détaille Hugo Lopes. Aujourd’hui, nous avons un peu plus d’une centaine de bénéficiaires, avec notamment des étudiants étrangers. »

Face à ces demandes en croissance, les ressources de la Banque alimentaire, elles, diminuent. « Sur les 4.000 t que nous distribuons par an, 1.600 t proviennent d’une collecte quotidienne auprès de la grande distribution, or celle-ci est en décroissance, parce que la grande distribution gère mieux ses magasins, et parce qu’on a un pourcentage de déchets plus important » a alerté Benoît Mathieu.