Présidentielle 2022 : Mélenchon prévient Taubira qu’un scrutin ne se gagne pas « sur un nom »

LOIN DE L'UNION Alors que Christiane Taubira « envisage » de se présenter en 2022, Jean-Luc Mélenchon juge que l’on « ne prend pas le peuple par surprise trois mois avant une élection ».

20 Minutes avec AFP
Jean-Luc Mélenchon lors d'un discours au Lamentin en Martinique, le 18 décembre 2021.
Jean-Luc Mélenchon lors d'un discours au Lamentin en Martinique, le 18 décembre 2021. — AFP

En visite dans les Antilles, Jean-Luc Mélenchon a réservé un accueil glacial à l’entrée de Christiane Taubira dans la  campagne présidentielle. « On ne gagne pas les élections sur un nom mais sur un programme », a lancé samedi le candidat de la France insoumise en meeting en Martinique à propos de celle qui « envisage » de candidater à l’Elysée à la mi-janvier.

« Dans une démocratie, il n’y a pas de martingale pour régler tous les problèmes », a déclaré Jean-Luc Mélenchon en référence à l’aura de prestige dont jouit Christiane Taubira, s’adressant autant aux Martiniquais qu’aux électeurs de gauche en général, lors de son meeting près de Fort-de-France, devant quelques centaines de personnes. Selon lui, « on ne prend pas le peuple par surprise trois mois avant une élection ».

Refus de « la ritournelle de l’union »

Pour le candidat à l’Elysée, « nous ne sommes pas en train de tenir un congrès à ciel ouvert du PS ou du PRG (parti de Christiane Taubira) mais en train de se préparer à gouverner une puissance présente sur tous les continents ». « On me joue la ritournelle de l’union, ah non pas à moi », s’est écrié le député des  Bouches-du-Rhône. « Pourquoi l’union était-elle possible auparavant ? Parce que ça voulait dire le triomphe des revendications communes : la retraite à 60 ans, l’augmentation du SMIC, faire l’Europe sans défaire la France, parce que nous étions tous d’accord là-dessus ».

« Mais cette union ne voudrait plus rien dire quand ceux qui étaient pour la retraite à 60 ans se contentent aujourd’hui de celle à 62 ans, l’union ça voudrait dire qu’on mettrait sous le boisseau » les désaccords, a estimé l’Insoumis. « L’union c’est le programme, le programme c’est l’union », a-t-il scandé, précisant : un « programme de rupture ». Christiane Taubira est donc encore très loin de réussir son pari de réunir son camp pour 2022.