Présidentielle 2022 : Eric Ciotti dévoile un projet « de rupture » pour sa candidature à l’investiture LR

ELECTIONS Le député a particulièrement mis l’accent sur le volet économique « inspiré de François Fillon »

M.F avec AFP
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Eric Ciotti lors du débat télévisé entre les candidat LR à l'investiture présidentielle le 8 novembre 2021.
Eric Ciotti lors du débat télévisé entre les candidat LR à l'investiture présidentielle le 8 novembre 2021. — BERTRAND GUAY-POOL/SIPA

Eric Ciotti sera-t-il le candidat des Républicains pour l’élection présidentielle, qui aura lieu en mai prochain ? C’est en tout cas ce que le député des Alpes-Maritimes espère, alors que son parti devra prendre sa décision lors d’un congrès dans deux semaines. En attendant, Eric Ciotti a dévoilé mercredi l’intégralité de son projet « de rupture ».

Le candidat à l’investiture LR a assuré sentir « une vraie dynamique », avec « beaucoup plus de monde dans les réunions : les militants veulent une voix pas taboue, qui bouscule le politiquement correct ». Car le pays est dans « un état extraordinairement dégradé », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse où il a présenté 150 propositions « pour que la France reste la France ».

Suppression des droits de succession et des postes de fonctionnaires

Sur le plan économique, pour lequel il veut « revenir à l’esprit du programme de François Fillon », il a proposé un « contre-choc fiscal révolutionnaire » : baisse de l’impôt sur les sociétés de 25 % à 20 %, « flat tax » à 15 %, quasi-suppression des droits de succession… Cela, pour « débloquer l’épargne des Français stérilisée aujourd’hui ».

Outre la suppression de 250.000 postes de fonctionnaires, il prône d’exonérer « sans limite » les heures supplémentaires, de revenir aux 39 heures payées 38 dans la fonction publique, de réduire par paliers les allocations chômage et de plafonner les aides sociales à 66 % du Smic. En matière de retraites, il propose un départ à 65 ans, la suppression des régimes spéciaux et l’alignement du minimum retraite sur le Smic.

Plus de places en prison et moins de « wokisme »

Eric Ciotti, qui a la semaine dernière appelé les sympathisants d’Eric Zemmour à le rejoindre, a assuré qu’il n’était « ni le calque, ni le suiviste » de quiconque. Il a répété ses propositions musclées sur le régalien, avec un plan de 25 milliards d’euros pour la sécurité et la justice : 100.000 places de prison en plus, abaissement de la majorité pénale à 16 ans, suppression des allocations familiales aux parents d’enfants ne respectant pas les valeurs de la République… Favorable aux « peines planchers en cas de récidive » et à « des peines minimales automatiques » pour les agresseurs des forces de l’ordre, il plaide pour « une peine perpétuelle réelle » et prône en matière de terrorisme une « rétention de sûreté » des islamistes dangereux. Il veut aussi permettre la déchéance de nationalité.

Outre la « priorité nationale et européenne » pour l’emploi, le logement social et les allocations, il prône l’abrogation du regroupement familial. Enfin, pour « mettre un terme à l’enseignement de théories qui déconstruisent notre nation et s’inspirent du "wokisme" » (mouvement se revendiquant progressiste et se disant conscient des oppressions vécues par les minorités), il promet un « grand projet de rénovation de l’école » autour d’un « ministère de l’Instruction nationale ».