Présidentielle 2022 : Valérie Pécresse veut « stopper l’immigration incontrôlée » en changeant la Constitution

PROMESSE La candidate LR souhaite que les prestations sociales non contributives ne soient versées aux migrants qu’après cinq ans de séjour régulier en France

M.F avec AFP
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Valérie Pécresse (Libres!, ex-LR) a présenté un projet de révision constitutionnelle pour contrôler l'immigration en France.
Valérie Pécresse (Libres!, ex-LR) a présenté un projet de révision constitutionnelle pour contrôler l'immigration en France. — ISA HARSIN/SIPA

Valérie Pécresse oriente sa campagne électorale sur le polémique sujet de l’immigration. La candidate à l’investiture de la droite à la présidentielle a présenté ce mardi un projet de révision constitutionnelle, qu'elle défendra si elle élue en 2022. Elle propose dans celui-ci douze principes pour « arrêter de subir, et reprendre le contrôle de notre destin et la souveraineté de nos frontières », considérant la maîtrise des flux migratoires comme un « défi de société majeur ».

Instauration de plafonds maximum annuels d’immigration votés par le Parlement chaque année et répartis selon les zones géographiques et les Etats d’origine, renégociation des accords avec les pays étrangers, et demande d’asile à la frontière et examen en urgence avec obligation de quitter le territoire français « sans délai » sont au cœur de son projet de loi constitutionnelle.

« Maîtriser la langue française » pour obtenir un titre de séjour

La présidente de la région Ile-de-France propose également de soumettre la délivrance des titres de séjour à trois conditions « très strictes » : posséder des « ressources suffisantes » (rehaussées « de 25 % »), « maîtriser la langue française » et « respecter la laïcité et les valeurs de la République ».

Valérie Pécresse souhaite aussi verser les prestations sociales non contributives (allocations sociales, aides au logement…) « qu’après cinq ans de séjour régulier en France ». « On ne doit pas venir en France pour les allocations, mais pour trouver un travail et s’intégrer », a-t-elle plaidé. En outre, Valérie Pécresse veut insérer, après le dernier alinéa de l’article 2 de la Constitution : « La République limite le nombre de ressortissants étrangers autorisés à séjourner en France ».

« Incapacité » du gouvernement à reconduire les clandestins

L’ex-LR a fustigé une « immigration incontrôlée sur laquelle le gouvernement a échoué et ne maîtrise plus rien », avec, selon elle notamment, un « nombre record de délivrances de titres de séjours, une incapacité à reconduire les clandestins et les déboutés du droit d’asile dans leur pays d’origine et des délais interminables ».

Elle a déploré qu’Emmanuel Macron ne soit pas parvenu, comme il l’avait promis en 2017, à « 100 % d’exécution des OQTF » (obligations de quitter le territoire français), mais à « seulement 12 % en 2020, "année Covid", et un peu moins de 25 % sous le ministre de l’Intérieur d’alors, M. Castaner ». « L’objectif est d’aller bien plus haut que ces chiffres », a-t-elle précisé, tout en jugeant l’immigration zéro « ni possible, ni souhaitable ».