Régionales en Nouvelle-Aquitaine : Le président socialiste sortant réélu avec un score qui frôle les 40 %

POLITIQUE A 70 ans, Alain Rousset est élu à la tête de la région Aquitaine (puis Nouvelle-Aquitaine à partir de 2015) depuis 1998

Elsa Provenzano
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Alain Rousset repart pour un cinquième mandat.
Alain Rousset repart pour un cinquième mandat. — UGO AMEZ / SIPA
  • Le président sortant socialiste a été réélu pour un cinquième mandat dimanche soir, avec un score de près de 40 % et sans alliance avec EELV.
  • Par rapport au premier tour, il est le seul des cinq candidats à progresser autant, de près de dix points, alors que la plupart de ses challengers stagnent au deuxième tour.
  • Le Rassemblement National, avec environ 20 % des suffrages, devient pour la première fois la première force d’opposition au conseil régional.

Sans grand suspense, la région reste à gauche. Dans des élections régionales marquées par l’abstention (plus de 62 % en Nouvelle Aquitaine), la prime aux sortants a joué pour ce second tour. Alain Rousset (PS) élu depuis 1998 a été réélu nettement dimanche soir, sans alliance avec EELV, pour un cinquième mandat, avec un score frôlant les 40 %.

Par rapport au premier tour, le président sortant est le seul des cinq candidats en lice​ à progresser de façon appuyée, d’une dizaine de points. Les autres listes réalisent des scores proches de ceux décrochés au premier tour. Les Verts ne progressent que de quelques points et la liste de Geneviève Darrieussecq (Modem-LREM-UDI) baisse même un petit peu son résultat, par rapport au premier tour (environ 13 % contre 13,7 % au premier tour).

  • Une majorité absolue

Le mode de scrutin des régionales prévoit qu’au-dessus de 34 %, le candidat obtient une majorité absolue. Avec 39 %, il pourrait même se passer des alliés de sa liste (PCF et PRG). Il a réagi dimanche soir en faisant part de sa « fierté » pour cette réélection, et de ses scores en particulier dans des communes rurales, tempérée par une certaine « modestie », compte tenu de la forte abstention dans la région. Il a néanmoins salué un score qui scelle « une stabilité de la majorité ». En 2015, Alain Rousset, alors à la tête d’une liste d’union de la gauche, avait recueilli 44,27 %.

  • Le RN en deuxième force d’opposition de la Région

Derrière le président sortant, on trouve le Rassemblement national dont la liste était menée par Edwige Diaz, qui recueille environ 20 % des suffrages (18,20 % au premier tour). « Nous devenons pour la première fois en Nouvelle-Aquitaine le premier groupe d’opposition à Alain Rousset », a réagi la candidate RN. Le président réélu a annoncé que la commission des finances, serait de nouveau confiée à l’opposition, sans davantage de précision, et la candidate RN l’a pris pour elle. Alain Rousset a clarifié les choses un peu plus tard, écartant la possibilité qu’elle soit dirigée par le parti d’extrême droite.

  • Les Verts passent de la majorité à l’opposition

Nicolas Thierry (EELV) avait récolté 12,09 % au premier tour des élections régionales. Fort de ce score, doublé par rapport à celui du premier tour de 2015 (5,60 %), le candidat écologiste avait décidé de se passer d’une alliance dans l’entre-deux-tours avec le président sortant, jugé trop peu volontaire sur la transition écologique. Au deuxième tour, le score de Nicolas Thierry s’établit à environ 14 %, un score très proche de celui de l’ancien maire de Bordeaux Nicolas Florian (LR).

Les résultats des élections commune par commune

Les Verts gagnent quelques représentants dans l’hémicycle mais passent dans l’opposition où elle devrait jouer un rôle « d’aiguillon écologique », selon la formule de Monique de Marco sur le plateau de France 3. Tout en se félicitant du « succès » d’avoir gagné en nombre de voix et d’élus, Nicolas Thierry a assuré devant la presse qu’il voterait tous les projets « à la hauteur de l’urgence écologique ». Mais ajoute immédiatement qu’Alain Rousset « nous trouvera sur son chemin à chaque fois qu’il fera reculer l’écologie, et je crains que les occasions soient nombreuses ».