Résultats des régionales en Ile-de-France : Valérie Pécresse repart pour six ans de mandat (… ou pour un an ?)

BATAILLE Valérie Pécresse a remporté les élections régionales en Ile-de-France, utilisera-t-elle sa victoire comme une rampe de lancement pour la présidentielle ?

Aude Lorriaux
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Valerie Pécresse en meeting politique au Cirque d'hiver à Paris, le 24 juin 2021.
Valerie Pécresse en meeting politique au Cirque d'hiver à Paris, le 24 juin 2021. — Louise MERESSE/SIPA
  • La présidente de la région Ile-de-France a remporté la victoire aux élections régionales en Ile-de-France, mais sa légitimité sort écornée du fait de la faible participation.
  • La liste du trio de gauche mené par l’écologiste Julien Bayou reste loin derrière Valérie Pécresse, avec environ 34 % des suffrages selon différentes estimations.
  • Le poulain de Marine Le Pen, le jeune Jordan Bardella (26 ans), a douché les espoirs de sa patronne, en faisant bien moins que le RN au niveau national (entre 10 et 11 % des voix, contre 20 % en moyenne dans l’Hexagone).
     

La présidente sortante de la région Ile-de-France remporte très largement la bataille des régionales, selon les estimations, tandis que la liste d’union de gauche menée par Julien Bayou ferait huit points de moins que l’ex rival de Valérie Pécresse en 2015, Claude Bartolone. L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy profitera-t-elle de ce beau score pour se lancer dans la présidentielle ?

Valérie Pécresse écrase la concurrence

On annonçait un duel serré. Finalement, la candidate de Libres ! soutenue par Les Républicains Valérie Pécresse a écrasé la concurrence, en remportant environ 45 % des suffrages, selon différentes estimations (45,6 % selon Ifop-Fiducial pour TF1 et LCI, 44,9 % selon Elabe, 46 % selon Ipsos). C’est un chiffre presque équivalent à son score de 2015, où elle affichait 44 % de voix. Ce résultat est toutefois à relativiser du fait de la faible participation cette année, seulement un tiers des Franciliens et Franciliennes ayant franchi les urnes. En 2015, plus de 54 % s’étaient déplacées.

« A tous, je voudrais vous dire que je continuerai à diriger la région comme je l’ai fait depuis six ans, j’ai été et je serai la présidente de tous les Franciliens », a commenté Valérie Pécresse après ces premières estimations. La présidente sortante de la région Ile-de-France a bénéficié de la même prime aux sortants et sortantes qui a prévalu partout en France durant ces élections, où les présidents et présidentes de région en place ont presque systématiquement remporté la mise (sauf à La Réunion), selon ces premières estimations.

Elle repart ainsi pour un mandat de six ans, à moins… qu’elle ne se déclare candidate à la présidentielle de 2022, comme le souhaitent nombre de ses soutiens. Valérie Pécresse a quant à elle tout le temps éludé la question, affirmant en juin « ne pas se poser la question », ou bottant en touche en avril : « Le temps des campagnes n’est pas venu. »

Même unie, la gauche reste loin derrière

Mathématiquement, le total de leurs voix (12,97 %, 11,07 % et 10,23 % soit 34,27 %) pouvait prétendre menacer la présidente sortante de la région, qui avait fait 36,18 % au premier tour. Mais la liste d’union de gauche du trio mené par l’écologiste Julien Bayou, allié à la candidate soutenue par le PS Audrey Pulvar et la candidate de LFI Clémentine Autain, reste loin derrière Valérie Pécresse, avec autour de 34 % selon différentes estimations (33,6 % selon l’Ifop et Ipsos, 34,4 % selon Elabe).

Les élections ne sont pas une science arithmétique, et il est probable qu’une partie des voix du RN et de LREM se soient reportées sur Valérie Pécresse, puisque ces deux listes perdraient respectivement environ deux points par rapport à leurs résultats du premier tour. C’est un vrai recul pour la gauche en Ile-de-France, puisque en 2015, le candidat PS Claude Bartolone raflait 42 % des suffrages, soit huit points de plus. Mais Julien Bayou s’est félicité de la naissance d' « une belle dynamique » autour de ce rassemblement : « Le travail que nous avons commencé avec Audrey et Clémentine ne fait que commencer, l’espoir est là. »

Les espoirs déçus de LREM et du RN

Elle en avait fait le porte-parole du parti, puis la tête de liste aux Européennes en 2019, et enfin le Vice-président de son parti : mais le poulain de Marine Le Pen, le jeune Jordan Bardella (26 ans), aura douché les espoirs de sa patronne. Il remporterait seulement entre 10 et 11 % des voix, selon les estimations (11 % pour l’Ifop et Ipsos, 10 % pour Elabe). Soit bien moins que les 20 % que fait le RN au niveau national, et en recul par rapport son prédécesseur Wallerand de Saint-Just, qui cumulait 14 % au second tour.

Quatrième sur le podium, le candidat LREM obtiendrait moins de 10 % des voix (9,8 % selon l’Ifop, 9,10 % % selon Elabe, 9,4 % selon Ipsos). C’est presque trois fois moins que le score d’Emmanuel Macron localement à la présidentielle de 2017 au premier tour (28.63 %). Laurent Saint-Martin comptait pourtant cinq ministres sur ses listes.