Résultats des régionales en Auvergne-Rhône-Alpes : Le triomphe de Laurent Wauquiez, l'effondrement du RN et la déception de la gauche

POLITIQUE Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes retrouve son siège en écrasant la concurrence. Il récolte 55,17 % des suffrages, reléguant la gauche et le RN à 22 et 45 points

Caroline Girardon
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Laurent Wauquiez a été réélu haut la main le dimanche 27 juin à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Laurent Wauquiez a été réélu haut la main le dimanche 27 juin à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes. — Jeff Pachoud / AFP
  • Laurent Wauquiez a été réélu dimanche soir (55,17 %) à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes en ne laissant que des miettes à ses adversaires.
  • Les Verts, désormais première force de la gauche, ne transforment toutefois pas à transformer l’essai des municipales.
  • Quant au rassemblement national, il confirme son déclin dans la région en récoltant deux fois moins de voix qu’il y a six ans.

Les sondages lui prédisaient un score de 58 %. Ils ne se sont guère trompés. Laurent Wauquiez a été réélu dimanche soir à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes à la faveur d’une triangulaire, avec 55,17 % des voix. Un plébiscite dans les urnes qu’il faut toutefois relativiser au regard de la très faible participation (33,4 %), un record en matière d’abstention. Voici ce qu’il faut retenir des résultats de ce second tour des élections régionales.

Laurent Wauquiez en patron

La réélection du candidat des Républicains n’aura été qu’une formalité tant le président de la région a écrasé la concurrence. Le score, enregistré lors du premier tour (43,8 %) ne laissait guère de doute sur l’issue. Dimanche soir, Laurent Wauquiez s’est pourtant payé le luxe de l’améliorer de près de 12 points. Plus d’un électeur sur deux, qui s’est déplacé aux urnes, a glissé un bulletin en sa faveur dans l’isoloir. C’est bien plus qu’en 2015, lorsque l’ancien maire du Puy-en-Velay avait ravi la région à la gauche en récoltant 40,6 % des sondages, toujours à la faveur d’une triangulaire.

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Facilement reconduit dans son fauteuil, Laurent Wauquiez prend désormais une autre dimension à l’échelle nationale. Banni de la droite pour ses idées parfois très contestées, l’Auvergnat signe un retour fracassant dans le paysage politique français. De là à imaginer qu’il pourrait porter les couleurs des Républicains lors de la prochaine élection présidentielle…

Les Verts ne transforment pas l’essai

Si les écologistes s’imposent désormais comme la première des forces de gauche, ils ne parviennent toutefois pas à transformer l’essai des municipales. Fabienne Grebert, qui avait noué une alliance avec Najat Vallaud-Belkacem (PS) et Cécile Cukierman (LFI-PC) en vue du second tour, réalise grosso modo mathématiquement le score (33,65 %) que la fusion des trois listes pouvait générer. Quoique en dise la principale concernée, la dynamique n’a pas réellement fonctionné. Les électeurs ne se sont guère plus mobilisés qu’au premier tour. La gauche dans son ensemble est distancée de plus de 22 points par Laurent Wauquiez. Elle réalise même un score inférieur à celui du socialiste Jean-Jack Queyranne en 2015 (36,34 %).

L’effondrement du RN

La contre-performance de la soirée est à mettre à l’actif d’Andrea Kotarac. Le candidat du Rassemblement national, qui ne disposait d’aucun réservoir de voix, récolte 11,18 % des suffrages, légèrement moins que lors du premier tour (12,3 %). Lui-même constatait amèrement que les « jeunes, les ouvriers et les catégories populaires » ne s’étaient pas déplacés aux urnes. Une chose est sûre : après les élections municipales, l’extrême-droite confirme qu’elle est en perte de vitesse. Un chiffre pour l’étayer : le score enregistré, dimanche soir en Auvergne-Rhône-Alpes, est deux fois moins élevé que celui de 2015. Pour rappel, Christophe Boudot avait récolté à l’époque 22,55 % des suffrages.

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