Régionales : Abstention, score en Paca, match à droite… Les points chauds du second tour

POLITIQUE Le Rassemblement national va-t-il décrocher une région ? Les écologistes peuvent-ils arriver en tête en Pays-de-la-Loire ? On fait le point

T.L.G.

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En région Paca, le sortant Renaud Muselier (LR) sera opposé à Thierry Mariani, investi par le RN
En région Paca, le sortant Renaud Muselier (LR) sera opposé à Thierry Mariani, investi par le RN — FREDERIC MUNSCH/SIPA
  • Le deuxième tour des régionales se déroule ce dimanche 27 juin.
  • Une semaine après le premier tour marqué par une abstention historique, la participation sera l’un des enjeux principaux.
  • Une région prise par le RN ? Quel score pour les présidentiables à droite ? Les écolos vont-ils remporter le Pays de la Loire ? On fait le point.

On entre dans la dernière ligne droite. A trois jours du second tour des régionales, les candidats tentent de mobiliser leur camp un peu partout en France. Les résultats de dimanche dernier, qui ont fait des présidents sortants les favoris, seront-ils confirmés dans les urnes ? Abstention, duel en Paca, match des présidentiables à droite… On revient point sur les points chauds du scrutin.

  • L’abstention diminuera-t-elle au second tour ?

Après l’abstention vertigineuse du premier tour (près de 67 % des inscrits), un record pour une élection depuis le début de la Ve République, la participation sera scrutée de près dimanche prochain. Critiqué par l’opposition pour son manque d’information, le gouvernement a lancé mercredi une campagne de communication « éclair sur les réseaux sociaux » pour inciter au vote. Sur le terrain, cette semaine, les candidats tentent de mobiliser les abstentionnistes, notamment du côté du Rassemblement national, l’un des partis le plus touchés par cette désertion des urnes. « On dit à nos électeurs : "Sortez dimanche, prenez vos responsabilités !" Sinon, c’est le camp minoritaire qui va l’emporter », plaide notamment Gilles Pennelle, candidat RN en Bretagne.

  • Le RN peut-il l’emporter en Paca ?

Les sondages flatteurs, qui donnaient les candidats RN en première position dans six régions, ont été balayés dans les urnes. Seul Thierry Mariani en Provence-Alpes-Côte-d'Azur a finalement devancé le président LR sortant Renaud Muselier (36,38 contre 31,91 %). Mais l’ancien ministre sarkozyste devra pleinement mobiliser son camp pour prendre la région à la droite. Comme en 2015, un « front républicain » s’est mis en place avec le retrait de la liste écologiste de Jean-Laurent Félizia, troisième dimanche (16,9 %). Et pour convaincre les électeurs de gauche, Renaud Muselier s’est « engagé » à créer un « comité » permettant de représenter les neuf formations politiques issues de cette liste.

Le sort de la Paca s’annonce crucial pour Marine Le Pen, qui espère prendre au moins une région pour dynamiser sa campagne présidentielle. « Il faut montrer qu’on est capable de gérer une collectivité aussi importante, c’est un enjeu de taille au niveau national pour la crédibilisation de notre mouvement », souligne un proche de la candidate.

  • A droite, quel présidentiable obtiendra le meilleur score ?

Les trois présidents sortants de droite ayant affiché leurs ambitions nationales pour les mois à venir ont dominé le premier tour dimanche. Leur score sera scruté, à quelques semaines de la désignation du candidat de droite pour la présidentielle. Xavier Bertrand, déjà candidat à la présidentielle, est arrivé en tête (41,42 %) dans les Hauts-de-France, loin devant le RN Sébastien Chenu (24,37 %) et la liste d’union de la gauche de Karima Delli (18,97 %). L’élimination du ministre Laurent Pietraszewski, qui a appelé à voter pour l’ex-LR dès dimanche, devrait lui faciliter la tâche.

En Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez est sur une voie royale. Le président LR écrase ses adversaires (43,85 %, trente points d’avance) en réalisant le meilleur score toutes régions confondues. Ni l’union des trois listes de gauche ( EELV, PS et PCF) ni la présence du RN (12,3 %), ne devrait empêcher sa réélection. En Ile-de-France, la marge d’avance semble moins importante pour Valérie Pécresse (36,18 %), qui affrontera la liste de gauche unie menée par l’écolo Julien Bayou, celle de Jordan Bardella (RN) et celle de Laurent Saint-Martin ( LREM).

  • Les écologistes peuvent-ils ravir une région à la droite ?

L’ambition verte est du côté des Pays-de-la-Loire. C’est probablement ici que les écologistes ont le plus de chance de l’emporter. L’ex-marcheur Matthieu Orphelin, allié à LFI, est arrivé en deuxième position dimanche (18,70 %), loin derrière la présidente LR sortante Christelle Morançais (34,30 %). Mais le candidat soutenu par EELV a réussi à s’allier avec le socialiste Guillaume Garot (16,31 %) et devrait bénéficier du maintien au second tour de François de Rugy (LREM, 11,97 %) et d’Hervé Juvin (RN, 12,53 %). « On mène une campagne depuis neuf mois dans la joie et la sérénité sur des thèmes du quotidien : la mobilité, le pouvoir d’achat, l’emploi. On va réussir ce que personne n’imaginait », espère Matthieu Orphelin.

  • Des régions ingouvernables ?

Et si le vote n’apportait pas toutes ses réponses dimanche soir ? Dans certaines régions, les tractations pourraient se poursuivre après les résultats du second tour. Le mode de scrutin prévoit que la liste arrivée en tête ait une prime de 25 % des sièges du conseil régional. Le reste des places est attribué à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5 %. Mais dans certaines régions, les candidats arrivés en tête pourraient obtenir un score insuffisant pour obtenir une majorité absolue. Ce pourrait être le cas en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine, où cinq listes se maintiennent pour le second tour.