Régionales : La droite souhaite un « front républicain » contre Jean-Luc Mélenchon et EELV

POLITIQUE Des candidats de droite ont demandé aux listes de la majorité de se retirer pour éviter une victoire « de l’extrême gauche » dans certaines régions

Thibaut Le Gal

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Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon. — CHAMUSSY/SIPA
  • A l’approche du second tour des régionales, plusieurs candidats de droite ont demandé un « front républicain » contre les insoumis et les écologistes.
  • Le président des LR, Christian Jacob, a demandé le retrait des listes présidentielles dans trois régions, les Pays-de-la-Loire, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire.
  • La gauche dénonce une « tactique » électorale, montrant « la panique de la droite ».

On connaissait le « front républicain » contre le Rassemblement national. Mais avant le deuxième tour des régionales, dimanche prochain, la droite tente de construire un autre barrage. Christian Jacob a demandé lundi « le retrait des listes de la majorité présidentielle » de Marc Fesneau, François de Rugy et Denis Thuriot pour éviter l’arrivée au pouvoir « de l’extrême gauche » dans trois régions : les Pays-de-la-Loire, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire.

« Il y a un risque de gouvernance avec des équipes de l’extrême gauche ou des Verts extrémistes dans un certain nombre de régions », a justifié le président des Républicains, à l’issue d’un conseil stratégique du parti. L’attaque vise certains candidats d’Europe Ecologie-Les Verts ou de La France insoumise, alliés au PS en vue du second tour.

Mélenchon, épouvantail de la droite… et de la gauche ?

Ce mardi, à l’Assemblée nationale, le patron du groupe LR Damien Abad a aussi demandé le retrait des listes LREM dans ces régions. « Le front républicain ne peut être à géométrie variable, l’extrémisme existe aussi à gauche », a affirmé le député de l’Ain. Des arguments déclinés par les candidats sur le terrain, à l’image de la tête de liste LR en Centre-Val-de-Loire.  Sur France Bleu, Nicolas Forissier a appelé à « éviter que les extrémismes de gauche, les ultras verts ou les extrémismes du RN » ne l’emportent, alors que le président PS sortant a fusionné sa liste avec celle d’EELV-LFI.

En Pays-de-la-Loire, la droite avait dès la semaine passée dénoncé « l’alliance de la honte » entre le candidat écolo Matthieu Orphelin et les insoumis. « Derrière l’écologie de façade et le paravent de la respectabilité, il y a une gauche radicale et dangereuse, qui se revendique des "gilets jaunes" ou proches des zadistes. Mélenchon a été le premier à se réjouir de la qualification de Monsieur Orphelin, c’est la gauche extrême », fustige l’entourage de la présidente LR sortante, Christelle Morançais.

Même tonalité pour la dirigeante d’Ile-de-France Valérie Pécresse, ce mardi sur France inter, qui appelle « à la mobilisation de tous les républicains sincères. Il faut faire rempart aux idées de M. Mélenchon », dit-elle, accusant la candidate insoumise Clémentine Autain, récente alliée de l’écologiste Julien Bayou, de ne pas avoir « critiqué les propos complotistes et ignobles » du patron LFI sur les attentats avant les présidentielles. Cette sortie semble avoir laissé des traces aussi à gauche, puisque la présidente PS d’Occitanie Carole Delga a également refusé toute alliance avec LFI, indiquant que son « projet n’est pas compatible avec les propos de Jean-Luc Mélenchon ».

« Cela montre la panique de la droite »

« Ces déclarations sont honteuses et brouillent un peu plus le paysage politique, déplore Eric Coquerel. Mais je crois que la droite et certains au PS sont déjà dans la tactique présidentielle. LR tape sur Jean-Luc Mélenchon car ils nous perçoivent comme un adversaire pour le second tour et le PS veut rester un parti majeur à gauche », ajoute le député LFI de Seine-Saint-Denis.

Du côté des écologistes, aussi, on balaie ces appels au barrage. « Un front républicain contre moi et l’écologie ? C’est n’importe quoi. Ils veulent me dépeindre en khmer vert ou en mélenchoniste ? Je crois qu’ils n’ont pas choisi le meilleur modèle. J’aime le Tour de France, j’aime les sapins de Noël et j’aime la viande ! », ironisait la semaine passée l’ex-macroniste Matthieu Orphelin en référence aux polémiques dont ont fait l'objet plusieurs maires EELV.

« Cette histoire de front républicain montre la panique de la droite. Plutôt que de parler d’enjeux locaux, ils tentent de disqualifier leurs adversaires et font une campagne en surfant sur les paniques identitaires, complètement détournées des compétences régionales, c’est une faute », ajoute le chef de file écolo Yannick Jadot. Les appels de la droite sont d’ailleurs restés sans réponse, car les listes de la majorité se sont toutes maintenues dans les régions concernées.