Régionales en Bretagne : On aura le droit à une quinquangulaire dimanche

CLUB DES CINQ Aucun accord n’a été trouvé entre les cinq têtes de liste qualifiées pour le second tour aux élections régionales en Bretagne

Jérôme Gicquel

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Loïg Chesnais-Girard, Claire Desmares-Poirrier, Thierry Burlot, Isabelle Le Callennec et Gilles Pennelle s'affronteront dimanche lors du second tour des élections régionales en Bretagne.
Loïg Chesnais-Girard, Claire Desmares-Poirrier, Thierry Burlot, Isabelle Le Callennec et Gilles Pennelle s'affronteront dimanche lors du second tour des élections régionales en Bretagne. — 20 Minutes/AFP/SIPA
  • Le scénario d’une quinquangulaire sera donc inédit dans la région dimanche soir.
  • Le second tour mettra aux prises Loïg Chesnais-Girard (PS), Isabelle Le Callennec (LR), Thierry Burlot (LREM), Claire Desmares-Poirrier (EELV) et Gilles Pennelle (Rassemblement national).

Ils étaient cinq en position de se maintenir. Et ils seront cinq à se présenter dimanche face aux électeurs. Le second tour des élections régionales va offrir un scénario inédit en Bretagne puisqu’on assistera à une quinquangulaire qui mettra aux prises le président socialiste sortant Loïg Chesnais-Girard, Isabelle Le Callennec (Les Républicains), Thierry Burlot, candidat soutenu par LREM, Claire Desmares-Poirrier (EELV) et Gilles Pennelle (Rassemblement national).

Après une nuit de tractations, aucun accord n’a été trouvé lundi entre les cinq listes qualifiées qui feront donc cavalier seuls. Arrivé en tête du premier tour avec près de 21 % des voix, Loïg Chesnais-Girard pourra toutefois compter sur le soutien du candidat écologiste indépendant Daniel Cueff, qui a recueilli 6,52 % des suffrages.

« Cette alliance doit nous permettre d’amplifier la dynamique du premier tour afin de virer largement en tête dimanche soir », a indiqué lundi en fin de journée le successeur de Jean-Yves Le Drian. Pendant toute la campagne, Daniel Cueff, connu pour son combat contre les pesticides, avait pourtant refusé l’idée d’une alliance avec quiconque. Sollicité de tout bord, il a finalement accepté la proposition de son désormais allié socialiste. « Mon projet politique ne disparaît pas, il est même conforté avec cette alliance », a estimé Daniel Cueff.

Chesnais-Girard dénonce « l’intransigeance » des Verts

Avant de se tourner vers le candidat écologiste, Loïg Chesnais-Girard avait engagé des discussions pour fusionner sa liste avec celle de la candidate EELV Claire Desmares-Poirrier, qui s’est classée quatrième avec 14,84 %. Mais elles n’ont pas abouti sur un accord, chacun se renvoyant la balle pour expliquer cet échec. « On avait la possibilité de construire une large majorité autour des valeurs de gauche et de l’écologie et de tourner la page Le Drian mais Loïg Chesnais-Girard n’a pas été capable de faire cet acte politique fort et courageux », a regretté la candidate écologiste, y voyant « une forme de peur du changement » chez son adversaire.

Ce dernier a répliqué en rejetant la faute sur les Verts, qui se seraient montrés trop gourmands lors des négociations. « Ils avaient un certain nombre d’exigences mais quand cela se transforme en intransigeance, cela ne peut pas marcher », a-t-il réagi.

Un second tour qui en appelle un troisième

Comme l’appelait de ses vœux Jean-Yves Le Drian avant le scrutin, l’éventualité d’un accord entre Loïg Chesnais-Girard et Thierry Burlot a également existé. Mais il a vite été balayé par le président socialiste sortant. « J’ai reçu une offre mais qui ne correspondait pas du tout aux attentes, a-t-il indiqué. Et puis les déclarations de dimanche soir ne donnaient pas une envie furieuse de travailler ensemble. » A l’annonce des résultats, Thierry Burlot, qui a été vice-président de Loïg Chesnais-Girard, avait en effet ironisé sur le score réalisé par ce dernier. « Le président sortant le moins bien élu de France, c’est lui », avait-il souligné.

Si personne n’a réussi à s’entendre, tout le monde croit en revanche en ses chances pour dimanche soir, espérant capter les nombreux électeurs bretons qui ont boudé les urnes. « Nos réserves de voix sont chez les abstentionnistes », a estimé Isabelle Le Callennec sur l’antenne de Tébéo, voyant dans ce second tour « une occasion historique de ramener la droite républicaine et le centre-droit à diriger la région Bretagne ». Le match promet en tout cas d’être serré. Avec déjà la perspective d’un troisième tour quand le ou la présidente élu(e) devra trouver une majorité au sein du conseil régional.

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