Résultats des régionales en Occitanie : Il n’y aura pas d’accord entre Carole Delga (PS) et EELV

POLITIQUE En Occitanie, la présidente sortante Carole Delga (PS), n’a pas trouvé d’accords avec le candidat EELV, Antoine Maurice. La gouvernance et le nombre de places sur la liste ont été des pierres d’achoppement, tout comme la jurisprudence du mandat passé

Béatrice Colin

— 

Le candidat EELV, Antoine Maurice, et la présidente socialiste sortante, Carole Delga, n'ont pas trouve d'accord pour le second tour aux régionales en Occitanie.
Le candidat EELV, Antoine Maurice, et la présidente socialiste sortante, Carole Delga, n'ont pas trouve d'accord pour le second tour aux régionales en Occitanie. — Alain Robert / SIPA
  • En Occitanie, Carole Delga (PS) est arrivée en tête au premier tour des élections régionales avec 39,57 % des voix, devant le RN Jean-Paul Garraud (22,61 %) et le LR Aurélien Pradié (12,19 %).
  • La présidente socialiste sortante avait la possibilité de fusionner sa liste avec celle d’Antoine Maurice (EELV) qui a obtenu 8 %, mais aucun accord ne sera signé.
  • Les questions de la gouvernance ou du nombre de places sur la liste ont été au cœur des divergences.

Dimanche soir, on entendait résonner les appels à l’union de la gauche pour le second tour des régionales en Occitanie. Antoine Maurice, le candidat EELV arrivé en quatrième place avec 8,84 %, expliquait même que « le second tour c’est le temps du rassemblement », pensant aboutir ce lundi à un accord avec la socialiste Carole Delga, arrivée en tête (39,57 %). Mais ces déclarations se sont heurtées au mur des négociations.

En milieu d’après-midi, le candidat écologiste annonçait que les discussions avec l’équipe de Carole Delga étaient suspendues, le regrettant. Dans un communiqué, il se disait prêt à mettre un mouchoir sur son opposition au projet d’agrandissement de Port-la-Nouvelle ou encore à celui de l’autoroute Toulouse-Castres, soutenus par la présidente socialiste sortante. Et de conclure qu’il espérait que sa « main tendue » puisse encore être saisie. Moins d’une heure plus tard, la principale intéressée fermait définitivement la porte à une possible fusion.

« A un moment donné on se doit d’avancer. Nous n’avons pas trouvé d’issue favorable, les discussions n’ont pas permis de trouver d’accord, et sur le nombre de conseillers régionaux, et sur le fonctionnement de la majorité. J’ai proposé huit places ils en réclamaient 18. Nous avons un projet écologique et citoyen qui répond à l’urgence écologique » a indiqué Carole Delga lors d’un point presse.

Cette dernière présentera donc la même liste au premier tour qu’au second, faisant valoir qu’elle compte parmi ses troupes des représentants de l’écologie, notamment Agnès Langevine, vice-présidente sortante suspendue par EELV, et qu’elle bénéficie aussi du soutien de têtes d’affiche comme José Bové.

Gouvernance et jurisprudence

Au-delà des divergences sur la future gouvernance, Carole Delga peut cette fois-ci se permettre de faire cavalier seul. Contrairement à 2015. Entre les deux scrutins, la socialiste a gagné près de 100.000 électeurs au premier tour alors que l’abstention est plus élevée cette année qu’au précédent scrutin. Elle est aussi arrivée en tête, devançant le RN Jean-Paul Garraud de 255.000 voix, quand en 2015 c’est Louis Aliot qui la supplantait de plus de 150.000 voix.

Ce dimanche, une partie des 133.388 électeurs qui se sont prononcés pour Antoine Maurice pourraient glisser naturellement son nom dans l’urne. Et Carole Delga pourrait bénéficier du sursaut de participation s’il y en a un, comme cela avait été le cas il y a six ans. Si elle est réélue, cela lui permettra de repartir aussi avec une majorité plus indéfectible, ce qui n’a pas été toujours le cas au cours du dernier mandat avec les écologistes. Sans parler des membres du Front de gauche, élus sur sa liste en 2015, et qui s’opposaient à certains projets de la majorité.

Carole Delga avait d’ailleurs annoncé de longue date qu’elle ne fusionnerait pas avec la liste de Myriam Martin (LFI/NPA) si celle-ci obtenait plus de 5 %. Ce qui a été le cas dimanche soir. « Son choix ne rassemble pas, il exclut. Le temps ne devrait pas être au sectarisme mais à l’humilité et à la vigilance démocratique », déplore la candidate Insoumise.