Régionales : Les prestataires de la propagande électorale sommés d'être prêts pour le second tour

ELECTIONS  Adrexo et La Poste ont promis lundi de renforcer leurs dispositifs.

J.-L.D. avec AFP

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Un facteur et un véhicule de La Poste. (Illustration)
Un facteur et un véhicule de La Poste. (Illustration) — ROMAIN DOUCELIN / SIPA/SIPA

Gérald Darmanin a sommé ce lundi Adrexo et La Poste, les deux prestataires pour l’acheminement de la propagande électorale, de prendre « toutes les mesures afin de rétablir un service normal » pour  le second tour des régionales et départementales. Les deux prestataires ont, dans la foulée lundi, promis de renforcer leurs dispositifs.

Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur avait expliqué les avoir convoqués au ministère ce lundi matin « à la suite des dysfonctionnements inacceptables liés à la qualité de l’acheminement de la propagande électorale du premier tour des élections départementales et régionales ».

Obligation de résultat

« A court terme », il « leur a rappelé l’obligation de résultat qui les liait » et leur a « demandé expressément de garantir que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent pas pour le second tour » dimanche prochain. Il les a « enjoints de prendre toutes les mesures afin de rétablir un service normal ».

Le ministre a ajouté que les deux prestataires « communiqueront directement afin d’apporter toutes les réponses légitimement attendues par les élus et candidats, ainsi que par nos concitoyens ». Ils « proposeront d’ici ce soir des mesures fortes pour améliorer très concrètement l’information des électeurs », a poursuivi Gérald Darmanin. Il a prévenu enfin que « tous les enseignements des erreurs commises seront tirés au lendemain du second tour de ces élections ».

Stabilisation des systèmes d’informations pour le second tour

« La gestion opérationnelle de cette mission (d’acheminement de la propagande électorale) a connu des perturbations en mai », a reconnu Adrexo lundi dans un communiqué, disant avoir été « victime » d’une « cyberattaque ».

« Avec la résolution de cet incident, Adrexo s’est organisée pour permettre à ses équipes de distribuer dans les meilleures conditions malgré les fortes contraintes informatiques et opérationnelles », a ajouté l’entreprise après sa convocation au ministère de l’Intérieur, assurant avoir « stabilisé ses systèmes d’informations » en vue du second tour.

Plaintes des partis

Adrexo précise également mettre en place « un suivi de campagne spécifique au niveau local » via une « cellule d’accompagnement dédiée, à destination des préfectures, sous-préfectures et mairies et des procédures de suivi des distributions localement renforcées ». La Poste et Adrexo avaient remporté l’appel d’offres du ministère concernant la distribution des professions de foi des candidats.

Cette semaine, plusieurs candidats et partis, dont La France insoumise (LFI), se sont plaints de problèmes dans l’acheminement des professions de foi chez les électeurs et ont mis en cause le nouveau prestataire Adrexo.

Les syndicats montent au créneau

« En aucun cas la responsabilité des postières, postiers ou de leurs collègues d’Adrexo n’est engagée », estime la CGT-FAPT (fédération nationale des activités postales et de télécommunication) dans un communiqué. Pour ce syndicat, c’est « bien la logique de privatisation des activités postales, le choix assumé de la mise en concurrence et du moins-disant social, contre celui du service public qui répond aux besoins de la société avant ceux des actionnaires », qui sont en cause.

« En faisant le choix de soumettre la distribution des plis électoraux à la loi du marché par un appel d’offre, ce gouvernement porte l’entière responsabilité d’une rupture d’égalité entre les citoyens », ajoute le syndicat, pour qui ce choix « fragilise la démocratie ».

A la défense de la Poste

SUD-PTT pointe lui aussi les conditions d’embauche et de rémunération des salariés d’Adrexo, qui « a pris en charge une activité surdimensionnée par rapport à ses capacités » et organisé « en catastrophe la production en bricolant dans tous les sens ».

Quant à La Poste, « dès avant l’entrée en lice d’un nouvel opérateur », Adrexo, elle était « passée sous le régime du profit maximum, au détriment des postiers et postières – privés de toute compensation financière – comme de la qualité de service », estime le syndicat dans un autre communiqué.

SUD-PTT demande « une remise à plat totale de l’organisation de la distribution des plis électoraux » et la « transparence sur les conditions de l’appel d’offre, et notamment sur les sommes allouées aux deux opérateurs ».