Lyon : L’effondrement de la « Macronie » se confirme élections après élections

POLITIQUE Après le fiasco de l’été dernier aux élections municipales, le parti de la majorité présidentielle n’a pas réussi à relever la tête et se retrouve bien moins influent dans le paysage politique lyonnais

Caroline Girardon

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Emmanuel Macron à Château-Thierry jeudi.
Emmanuel Macron à Château-Thierry jeudi. — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA
  • Le premier tour des élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes a montré que la République en marche avait grandement perdu de son influence à Lyon.
  • Le parti de la majorité présidentielle, mis KO par les écologistes aux dernières élections municipales, n’a pas su se relever.
  • En parallèle, la droite classique confirme son redressement.

Un camouflet pour La République en marche. Les résultats, enregistrés dimanche soir lors du premier tour des élections régionales, confirment le déclin de la majorité présidentielle entre Rhône et Saône. A Lyon, considérée il y a encore deux ans comme la capitale de la «Macronie», le candidat Bruno Bonnell pointe à 16,46 %, très loin derrière les 32,2 % de Laurent Wauquiez (LR). Il se trouve même battu par l’écologiste Fabienne Grébert ayant récolté 22,66 % des suffrages.

A l’échelle de la métropole de Lyon, la situation reste la même. Là encore, les électeurs ont préféré donner une large avance à Laurent Wauquiez (36 %) en reléguant Bruno Bonnell à la troisième place (15 %). Comment expliquer un tel recul dans les urnes ?

Le fiasco des municipales

Selon le politologue Daniel Navrot, l’une des explications est liée au fiasco des municipales. L’an dernier, Gérard Collomb et David Kimelfeld, qui ambitionnaient tous deux de conserver la ville de Lyon et la métropole, s’étaient livrés une guerre fratricide sans merci. Pour finalement offrir un boulevard aux écologistes. « Avant ces élections, la famille a explosé pour se scinder en deux camps. La République en marche n’a pas résisté aux élections municipales. Elle ne s’en est pas relevée », observe-t-il.

De là à imaginer que Laurent Wauquiez aurait eu du fil à retordre si Gérard Collomb avait été reconduit, l’été dernier, pour un autre mandat ? « On ne peut pas le savoir, cela relèverait de la politique-fiction, répond le politologue. Mais ce qui est sûr, est que tout le cadre mis en place il y a quelques années, a été balayé. La République en marche, qui n’est pas un parti politique, ne pouvait pas reprendre les choses en main. C’était même impensable ». Et d’ajouter : « La Macronie n’a pas complètement disparu du paysage politique mais elle se retrouve aujourd’hui dans une situation très minoritaire, entre la droite classique et une gauche désormais pilotée par les Verts ».

Le redressement de la droite classique

En politique, chacun le sait, tout est une histoire de dynamique. Et LREM en manque désormais cruellement. Les Verts, qui ont raflé la mairie et la métropole de Lyon en 2020, confirment qu’ils sont aujourd’hui la première force parmi les partis de gauche.

« On observe également un redressement de la droite classique. On l’avait pressenti lors des élections municipales, on savait qu’il y aurait cette couronne bleue autour de Lyon et Villeurbanne. Les raisons sont doubles. Il y a d’abord une déception de l’électorat modéré, qui a été tenté par la macronie et qui se reporte désormais vers la droite, analyse Daniel Navrot. Il y a ensuite les idées portées par les écologistes. Elles peuvent effrayer un électorat très modéré, qui va se tourner vers la droite pour faire barrage à cette gauche triomphante ». Et qui ne fait plus confiance à la majorité présidentielle.

Une chose est sûre : une victoire de Laurent Wauquiez dimanche prochain lors du second tour des élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes « rééquilibrerait les forces en présence sur la métropole de Lyon », souligne Daniel Navrot. Et pourrait ainsi diminuer l’influence des écologistes pour les années à venir.