Régionales en Nouvelle-Aquitaine : Pas d'accord entre le président socialiste sortant et les Verts avant le second tour

POLITIQUE Aucun arrangement n'a été trouvé entre les candidats socialiste et écologiste avant le dépôt des listes pour le second tour, qui doit avoir eu lieu mardi soir 

Elsa Provenzano

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Nicolas Thierry, candidat EELV aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine
Nicolas Thierry, candidat EELV aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine — UGO AMEZ/SIPA
  • Les négociations entre le président sortant socialiste et le candidat EELV ont échoué et les listes partent séparément pour le second tour, dimanche prochain.
  • A droite non plus, aucune alliance ne se profile ce qui annonce une pentagulaire.

C’est une grosse surprise au lendemain des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine. Alors que l’alliance entre le président socialiste sortant Alain Rousset (qui a récolté 28,84 % des voix au premier tour) et Nicolas Thierry, candidat EELV (12,08 % des suffrages), vice-président à l’environnement sous l’ancienne mandature, semblait une formalité, toute possibilité d’alliance est écartée ce lundi.

Nicolas Thierry déplore le « passage en force et l’autoritarisme » d’Alain Rousset qui a, selon les écologistes « été d’une brutalité inacceptable en refusant toutes les mesures programmatiques que nous portions ». « Nous refusons que le prochain mandat ne se résume à un saupoudrage écologique », rapporte à 20 Minutes Michaël Luze, chargé de la communication du candidat EELV.

Les engagements du président sortant ne permettraient pas de porter « assez d’ambition pour la transition écologique. il reste dans une logique dépassée et veut gouverner en solitaire », précise-t-il. Considérant qu’Alain Rousset faisait peu cas de l’écologie, le vice-président avait décidé de se présenter il y a dix mois. Selon Michaël Luze, « aucun engagement précis sur la sortie des pesticides, la LGV ou les bassines », n’ont pu être obtenu du président sortant, lors des discussions d’entre-deux-tours.

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Pas d’accord LR-LREM

Les négociations concernant le nombre de sièges auraient aussi été ardues, les Verts arguant avoir doublé leur score (par rapport aux régionales de 2015), ils n’auraient pas accepté un arrangement dans lequel leur revenaient 40 % des sièges. Si Rousset semblait condamné à passer une alliance, avec un RN sur les talons, les résultats du premier tour (18,21 % pour le RN) lui ont laissé davantage de marge de manœuvre. « Il est jouable qu’il augmente de 5 à 6 points son score pour le second tour, observe Jean Petaux, politologue bordelais. Mais c’est un jeu un peu risqué je pense ».

La liste du candidat écologiste va donc se maintenir au second tour. Et à droite non plus il n’y aura pas d’alliance puisque Florian a fermé la porte à la fois à Geneviève Darrieussecq (Modem-LREM) et à Eddie Puyjalon (Mouvement de la ruralité et résistons avec Jean Lassalle). « On va vers une pentagulaire, et c’est assez rare, il y en a eu une en Bretagne en 2015 », commente le politologue.