Régionales en Ile-de-France : On vous dévoile en exclusivité l’accord entre Bayou, Pulvar et Autain

INFO « 20 MINUTES » Pour obtenir un rassemblement à gauche entre PS, LFI/PCF et EELV, Audrey Pulvar a lâché sur la gratuité totale des transports, et Julien Bayou sur son idée de transformer l’aéroport du Bourget en parc

Aude Lorriaux

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Audrey Pulvar, Julien Bayou et Clémentine Autain à Aubervilliers ce lundi après l'annonce de leur union en vue du second tour des régionales.
Audrey Pulvar, Julien Bayou et Clémentine Autain à Aubervilliers ce lundi après l'annonce de leur union en vue du second tour des régionales. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Habemus programme. Les trois candidats de gauche, Julien Bayou, Audrey Pulvar et Clémentine Autain, arrivés juste derrière Valérie Pécresse et Jordan Bardella au premier tour des régionales en Ile-de-France, se sont mis d’accord sur les grandes lignes de leur nouvelle union, qui a pour but de détrôner la présidente sortante, arrivée largement en tête avec 35,94 %.

« Nous allons mettre l'Ile-de-France dans la voie de l’écologie et justice sociale » a commenté le chef de file des écologistes, lors de leur premier déplacement à trois à Aubervilliers. C’est une négociation qui a réussi. Je constate que Valérie Pécresse est inquiète et elle a raison », s'est exclamée Clémentine Autain, alors qu'habitants, habitantes et enfants du quartier se pressaient autour des trois candidats et candidates. 

Sur quelles promesses ont-ils mis leur mouchoir ? Selon nos informations, Audrey Pulvar a cédé sur sa mesure emblématique, la gratuité totale des transports, dont elle faisait pourtant une condition sine qua non d’un rassemblement. Julien Bayou a quant à lui lâché sur sa proposition de transformer l’aéroport du Bourget en parc, qui irritait à gauche comme à droite.

Une gratuité sélective dans les transports en commun

La gratuité dans les transports en commun sera donc proposée par le trio de gauche aux moins de 25 ans et aux plus fragiles, conformément au programme des écologistes en Ile-de-France, qui ont ravi la place de première force à gauche dans ce premier tour. Mais si l’on regarde dans le détail, Audrey Pulvar avait elle-même fait évoluer sa proposition, annonçant que sa mesure phare s’appliquerait d’abord aux moins de 18 ans, aux demandeurs d’emploi et aux étudiants de 18 à 25 ans, repoussant une application générale à plus tard.

« On est tombés d'accord pour une gratuité au 1er septembre plutôt pour les jeunes et l'année suivante pour les personnes âgées et en situation de handicap, pour le reste il faudra poser la question à Julien [Bayou] », élude l'ancienne journaliste. « Il n’y a pas d’engagement pour ou contre une gratuité totale. Ce n’est ni un oui ni un non, dans un contexte d’incertitude sur les recettes de la région », nous répond Julien Bayou.  

Sur la gare de Gonesse, « on est d’accord sur l’essentiel »

Audrey Pulvar a dû aussi lâcher du lest sur la nouvelle gare du Triangle de Gonesse, à laquelle Clémentine Autain et Julien Bayou étaient opposés. Cette future gare de la ligne 17 du Grand Paris Express doit relier Saint-Denis à l’aéroport de Roissy-CDG en 2030, au prix d’une artificialisation de ces terres. La candidate soutenue par le PS était plus floue sur ce sujet. « On n'est pas tout à fait d’accord sur ce point, mais on est d’accord sur l’essentiel : que notre région produise ses fruits et légumes, de préférence bio », reconnaît Audrey Pulvar ce 21 juin.

Sont gardés dans le programme du trio le « Green New Deal » d’EELV, soit un plan d’investissement massif qui créerait jusqu’à « 200.000 emplois » dans la région, en investissant dans les énergies renouvelables, les transports, le vélo ou encore en proposant du 100 % bio dans les cantines des lycées. Ainsi que le plan zéro pesticide.

Les trois candidats et candidates poursuivent leur déplacement au milieu de la nuée de caméras venues immortaliser ce moment. Sur le chemin, des habitants apprenent la nouvelle. « Alors c’est fait l’alliance ? Merci la gauche ! », lance un homme. Des enfants s'exclament: « Wala c’est des stars !»,  « Un ministre ? Il est où Macron?», « On a trouvé le Premier ministre les gars ! ». Pas encore de Premier ou de Première ministre, mais un accord qui peut miner la sérénité de Valérie Pécresse, sans nul doute.