Résultats des départementales en Ile-de-France : La droite en pole position partout sauf en Seine-Saint-Denis

POLITIQUE La droite domine dans tous les départements d’Ile-de-France en Seine-Saint-Denis où la liste d'union de la gauche et des écologistes est arrivée en tête des suffrages exprimés au premier tour

Aude Lorriaux

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Stéphane Troussel, à la tête du département de Seine-Saint-Denis.
Stéphane Troussel, à la tête du département de Seine-Saint-Denis. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • La droite arrive en tête en Seine-et-Marne, dans l'Essonne, dans le Val-d’Oise, les Hauts-de-Seine, les Yvelines et le Val-de-Marne, département historiquement dirigé par le PCF.
  • Les résultats en Seine-Saint-Denis consacrent les efforts de Stéphane Troussel, président PS sortant, à faire une liste commune entre les gauches et les écologistes.
     

Qu’il s’agisse du sigle DVD (divers droite), LR (Les Républicains) ou encore UCDE (union du centre et de la droite), la droite domine dans presque tous les départements d’Ile-de-France, excepté la Seine-Saint-Denis. En Seine-et-Marne les LR raflent 23,15 % – talonnés par le RN – et dans le Val-d’Oise 20,63 %. Dans les Hauts-de-Seine, l’UCDE (union du centre et de la droite) est en tête avec 16,73 %, et dans les Yvelines ce sont deux formations de droite et le RN qui occupent les trois premières places du podium.

Le cas du Val-de-Marne est un peu à part, car il signe peut-être la fin d’un bastion communiste, détenu depuis 2001 par Christian Favier (PCF). Sa liste « Val-de-Marne en commun » emporte 12,07 %, contre 19,09 % pour les LR. A Maisons-Alfort, Olivier Capitanio (LR) a même fait exploser les compteurs avec 67,31 % de voix.

Pour Olivier Rouquan, politiste et chercheur associé au Cersa, cette chute est due à des évolutions sociologiques constatées depuis des années, avec un département qui se « boboïse », et à une « usure du pouvoir ». « Même si Christian Favier a une image dynamique, il y a dans la gestion des équipes toujours des rancœurs, des divisions. Tout va se jouer sur la mobilisation des abstentionnistes », commente le spécialiste.

Dans l'Essonne, les candidats soutenus par la majorité sortante de droite et du centre arrivent en tête dans 13 cantons sur 21. Les différentes listes de gauche ou écologistes représentent 35% des scrutins exprimés. Le département qui a basculé à droite en 2015 pourrait rester à droite mais la gauche peut aussi espérer le reprendre.

« L’ère post-Bartolone est une ère Stéphane Troussel »

Les résultats en Seine-Saint-Denis consacrent les efforts de Stéphane Troussel, qui avait réussi à rassembler socialistes (PS), écologistes (EELV), communistes (PCF), membres de Génération.s et de la Gauche républicaine et socialiste (GRS). Il obtient 36,23 %, très loin devant ses concurrents (les LR font 11,57%), alors qu’un match serré était annoncé. Ce qui fait dire à Olivier Rouquan : « C’est une belle réussite du sortant, qui a réussi à être visible au moment de la crise de la covid. L’ère post-Bartolone est une ère Stéphane Troussel. »

Pour autant l’abstention en Seine-Saint-Denis, traditionnellement plus élevée dans ce type de département populaire qu’ailleurs, atteint cette fois des sommets, à 75,65 %. Alors que les compétences des départements relèvent du social, de l’aide aux personnes fragiles (personnes handicapées, âgées) et de la solidarité (versement du revenu de solidarité active), toutes choses dont la Seine-Saint-Denis a grand besoin.

« On ne peut pas dire que cela ne concerne pas les gens du département. C’est symptomatique d’un paradoxe démocratique. Et il faut ajouter qu’en Ile-de-France le paysage décentralisé est particulièrement complexe, à cause du nombre de collectivités et de l’enchevêtrement des responsabilités qui est illisible pour beaucoup de monde. Cela renforce l’apathie électorale », relève Olivier Rouquan. Plus que les LR, Stéphane Troussel ou le RN, c’est bien l’abstention la grande « gagnante » de ces élections.