Elections départementales en Haute-Garonne : La majorité sortante de gauche très bien partie pour rempiler

POLITIQUE Les 27 binômes de la majorité sortante de gauche en Haute-Garonne sont qualifiés pour le second tour, dans des duels qui les opposent dans la plupart des cas au RN ou à EELV

Béatrice Colin

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Les bâtiments du conseil départemental de la Haute-Garonne.
Les bâtiments du conseil départemental de la Haute-Garonne. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • La majorité sortante de gauche du conseil départemental de la Haute-Garonne a réuni 37.89 % des voix dimanche aux élections départementales, devançant le Rassemblement national (18.06 %) et les écologistes (16.70 %) sur les 27 cantons.
  • Dans de nombreux cantons, c’est face à ces deux formations politiques que les candidats de la majorité départementale devront batailler, souvent dans un contexte de ballottage favorable.
  • La droite et le centre, partis en ordre dispersé, ont d’ores et déjà perdu le canton de Toulouse 4 détenu depuis 1973 par la droite.

Comme pour les régionales, la prime au sortant a largement profité à la majorité de gauche sortante du conseil départemental de la Haute-Garonne qui arrive en tête sur l’ensemble des cantons.

En rassemblant 37.89 % des voix, elle devance le Rassemblement national (18.06 %) et les écologistes (16.70 %). Si aucun des binômes qui la représentait dans les 27 cantons n’est passé au premier tour faute de participation suffisante (36,65 %), tous sont qualifiés pour le second tour.

Beaucoup de duels avec EELV ou le RN pour la majorité sortante

Certains sortants avec des avances confortables, comme le président sortant Georges Méric (PS) qui a obtenu 46 % de suffrages et affrontera un binôme écologiste au second tour. Sébastien Vincini, le premier fédéral du parti socialiste de Haute-Garonne et maire de Cintegabelle, a obtenu avec son binôme Maryse Vezat-Baronia un score de 49.51 %, devançant Eric Oliveira et Emmanuelle Pinatel du Rassemblement national.

Dans une dizaine de cantons, dimanche 27 juin, les candidats PS/PCF/PRG en ballottages favorables seront opposés à ceux du Rassemblement national. Dans huit cantons, en particulier urbains, les sortants de la majorité départementale devront ferrailler face à des duos écologistes.

Le patron du RN éliminé à 7 voix près

A Tournefeuille, sur les cantons de Castanet, Toulouse 11, Toulouse 8 et Toulouse 7, la majorité de gauche est en dans une position favorable face à des listes d’union de la droite et du centre.

Sur le canton de Villemur, le maire divers-droite de la commune, Jean-Marc Dumoulin arrive en tête avec 27,11 % des suffrages et sera confronté à la majorité départementale (23,76 %). A noter que le délégué départemental du RN en Haute-Garonne, Julien Leonardelli, passe à côté de la qualification au second tour à 7 voix près.

La droite perd un canton historique

Depuis 1973, le canton de Toulouse 4 était détenu par la droite. André Ducap avait ainsi succédé en 1988 à son père Armand. Il avait décidé de ne pas se représenter et son binôme de 2015, Jacqueline Winnepenninckx-Kieser s’était lancé dans la bataille sous les couleurs de la majorité présidentielle, tandis que les Républicains présentaient son propre duo. Des dissensions à droite qui ont certainement joué en faveur de la gauche, puisque le binôme de la majorité départementale est arrivé en tête (28,97 %) et affrontera les écologistes.

Une droite qui a par contre tiré son épingle du jeu dans le canton Toulouse 10 où les conseillers départementaux sortants LR, Jean-Baptiste de Scorraille et Sophie Lamant, arrivent largement en tête avec 40,03 % devant le duo de la gauche (28,14 %).

Dans le canton de Saint-Gaudens, c’est le maire divers gauche de la commune, le sortant Jean-Yves Duclos (50,55 %) qui arrive en tête de ce premier tour. En ballottage favorable, il affrontera au second tour le binôme de la majorité départementale.

Dans le canton de Toulouse 9, où le duo de conseillers départementaux de la majorité sortante ne se représentait pas, le maire de L’Union, Marc Péré, et l’élue toulousaine d’opposition, Caroline Honvault, tous deux soutenus par LFI, arrivent en tête (23,88 %) devançant le binôme de la gauche départementale, Pierre-Nicolas Bapt et Cécile Ramos (22,91 %).