Résultats des régionales en Bretagne : EELV ou LREM ? Avec qui Loïg Chesnais-Girard va-t-il se marier ?

POLITIQUE Président socialiste sortant, Loïg Chesnais-Girard est arrivé en tête du premier tour des élections régionales en Bretagne avec près de 21 % des voix

Jérôme Gicquel
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Président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard va être très courtisé dans les prochaines heures.
Président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard va être très courtisé dans les prochaines heures. — Alain ROBERT/SIPA
  • Dans un scrutin marqué par une forte abstention, Loïg Chesnais-Girard est arrivé en tête du premier tour des régionales en Bretagne.
  • Le grand perdant du scrutin est le Rassemblement national qui était annoncé en tête des intentions de vote et se retrouve assez loin du président socialiste sortant.
  • Dès les résultats connus, Claire Desmares-Poirrier (EELV) et Thierry Burlot (EELV) ont fait des appels du pied à Loïg Chesnais-Girard pour fusionner.

On annonçait un scrutin ouvert et indécis en Bretagne. Le premier tour des régionales a surtout été marqué dimanche par un taux d’abstention historique avec deux tiers des électeurs bretons qui ont boudé les urnes. Ce premier round n’a pas non plus débouché sur un grand bouleversement politique avec le président socialiste sortant Loïg Chesnais-Girard qui arrive assez confortablement en tête. Dès l’annonce des résultats, Thierry Burlot, candidat soutenu par LREM, et l’écologiste Claire Desmares-Poirrier lui ont fait des appels du pied pour fusionner.

La prime au président sortant

Il n’a pas écrasé le match comme l’avait fait Jean-Yves Le Drian en 2015 (plus de 35 % de voix). Mais Loïg Chesnais-Girard a tout de même réussi son pari en arrivant assez largement en tête du premier tour dimanche avec 20,95 % des voix. « Les Bretonnes et les Bretons ont fait un choix clair », s’est félicité l’élu socialiste. Derrière lui, les résultats sont en revanche très serrés pour la seconde place. Au coude-à-coude jusque tard dans la soirée, Isabelle Le Callennec (Les Républicains), Thierry Burlot, candidat soutenu par le LREM, et la candidate écologiste Claire Desmares-Poirrier se tiennent dans un mouchoir de poche avec respectivement 16,27 %, 15,53 % et 14,84 % des suffrages.

Le Rassemblement national boit la tasse

C’est la soupe à la grimace du côté du Rassemblement national. Un sondage réalisé il y a deux semaines plaçait ainsi le parti de Marine Le Pen en tête des intentions de vote dans la région. Sa tête de liste Gilles Pennelle se montrait lui aussi très confiant cette semaine, indiquant qu’il arriverait « largement en tête » dimanche soir. Il n’en a rien été, le candidat RN arrivant très loin de Loïg Chesnais-Girard avec 14,27 % des votes. « C’est la participation ridicule qui nous pénalise, a-t-il estimé. Les jeunes et les catégories populaires qui forment notre électorat ne se sont pas déplacés. »

Une fusion au second tour mais avec qui ?

Le téléphone portable de Loïg Chesnais-Girard devrait chauffer ces prochaines heures. Sitôt les résultats connus, les appels à des fusions pour le second tour se sont multipliés. L’écologiste Claire Desmares-Poirrier a ainsi appelé de ses vœux au rassemblement de « toutes celles et ceux qui placent l’écologie et les valeurs de gauche au cœur de leurs préoccupations ». Thierry Burlot s’estime quant à lui en capacité « de créer une large majorité », annonçant même « une grande surprise » dimanche prochain.

Entre ces deux camps, le président sortant Loïg Chesnais-Girard a refusé de choisir dimanche soir. « Cela aurait été formidable qu’ils viennent avec moi dès le début », a-t-il indiqué, attendant d’avoir les résultats définitifs avant de se prononcer. Dans une interview accordée à Ouest-France la semaine dernière, Jean-Yves Le Drian avait exhorté son successeur à se marier avec Thierry Burlot, mais surtout pas avec les Verts.

Loin de ces tractations, qui s’achèveront mardi en fin de journée avec le dépôt des listes, Isabelle Le Callennec croit elle aussi en ses chances pour le second tour. « On peut tous se maintenir et aller au second tour sous nos propres couleurs, estime-t-elle. Le scrutin régional est tel que nous avons encore tous nos chances ».