Elections régionales : 26,72 % de participation à 17 heures, en chute libre par rapport à 2015

POLITIQUE Cet effondrement de la mobilisation devrait déboucher sur un record d’abstention pour un premier tour des régionales

20 Minutes avec AFP

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Des passants marchent devant les panneaux des candidats aux régionales à Paris, le 20 juin 2021.
Des passants marchent devant les panneaux des candidats aux régionales à Paris, le 20 juin 2021. — Lucas BARIOULET / AFP

Ce n'est malheureusement pas une surprise. La participation au premier tour des élections régionales et départementales s’établit à 26,72 % ce dimanche à 17 heures en France métropolitaine, en chute libre par rapport aux régionales de décembre 2015 (43,01 %) et départementales de mars 2015 (42,75 %), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Cet effondrement de la mobilisation devrait déboucher sur un record d’abstention pour un premier tour des régionales qui avait atteint son plus haut en 2010 avec 53,67 %. Le taux de participation était déjà en baisse à la mi-journée avec un taux de participation de 12,22 %.

De nombreux enjeux

Les compétences dévolues aux régions (transports, lycées, formation professionnelle...) et départements (collèges, RSA, aides sociales...) touchent pourtant au plus près à la vie quotidienne des Français. Et les enjeux de ce double scrutin sont multiples: le RN va-t-il décrocher sa première région ? Quel avenir pour les candidats potentiels à l'Elysée, nombreux à droite ? La majorité limitera-t-elle la casse ? Qui imposera sa marque à gauche ? Quelles alliances pour le second tour dimanche 27 juin ?

Mais, au bout d'une campagne anesthésiée par la crise sanitaire et alors que la vie semble retrouver un semblant de normalité, l'intérêt n'a jamais décollé. Pour ne rien arranger, plusieurs bureaux de vote n'ont pas ouvert dans la matinée à Marseille faute d'assesseurs, une «honte» selon Jean-Luc Mélenchon.

La sécurité s'invite dans la campagne

Et de nombreux élus ont regretté les dysfonctionnements constatés dans la distribution de la propagande électorale sur tout le territoire. Le président de la République Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont voté à l'heure du déjeuner au Touquet dans le Pas-de-Calais, le même département où son adversaire Marine Le Pen a glissé son bulletin dans l'urne à Hénin-Beaumont. La proximité de l'élection présidentielle a exacerbé mais aussi phagocyté les enjeux de ce scrutin.

La sécurité s'est ainsi immiscée parmi les sujets majeurs, alors qu'elle n'est pas une compétence des régions. Deux candidats potentiels de la droite à l'Elysée, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ont annoncé qu'ils arrêteraient la politique s'ils n'étaient pas réélus dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France, contribuant à nationaliser l'échéance. Le Rassemblement national compte, lui aussi, utiliser ces régionales comme tremplin pour Marine Le Pen, candidate déjà déclarée pour 2022.

Le RN gagnera-t-il du terrain ?

Favorisé par un scrutin à la proportionnelle, le RN est donné en tête au premier tour dans six régions sur treize, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne. Dans les sondages, il talonne les présidents sortants dans les Hauts-de-France, Grand Est et en Normandie.

En 2015, l'élan du parti d'extrême droite était déjà fort à l'issue du premier tour. Mais il s'était brisé contre la digue du front républicain, dressée notamment par le sacrifice du Parti socialiste en Paca et dans les Hauts-de-France. Cette fois, les partis traditionnels semblent plus réticents à s'effacer complètement pour les six prochaines années. L'entre-deux tours promet des tractations intenses, jusqu'au dépôt des listes mardi 18 eures, avec des triangulaires et quadrangulaires à prévoir.

Un remaniement à la clé ?

En cas de grosse claque, la question d'un remaniement gouvernemental risque de se poser, alors qu'Emmanuel Macron doit exposer début juillet la feuille de route pour la dernière année de son quinquennat qu'il souhaite «utile». Pour les départementales, le scénario est identique: les sortants devront faire face à la poussée du RN qui, là non plus, ne détient aucun département.

Cinq collectivités d'outre-mer - Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique - sont également appelées aux urnes pour renouveler les élus de leur département, régions ou collectivité territoriale.