Régionales : Le RN en position de force à la veille du premier tour

COMPTE A REBOUR Le parti de Marine Le Pen est le favori pour remporter la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, et est bien placé dans plusieurs autres secteurs

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen lors d'une conférence de presse de Thierry Mariani, tête de liste RN en Paca.
Marine Le Pen lors d'une conférence de presse de Thierry Mariani, tête de liste RN en Paca. — Daniel Cole/AP/SIPA

Le Rassemblement national aborde le premier tour des élections régionales dimanche en tête dans six régions métropolitaines sur 13, avec l’ambition de briser, moins d’un an avant la présidentielle, le front républicain qui lui avait barré la route en 2015. Favorisé par un scrutin à la proportionnelle, le RN est donné en tête, dans les sondages, au premier tour en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne. Il talonnerait les présidents sortants dans les Hauts-de-France, Grand-Est et en Normandie.

« Ce n’est pas tant la progression en voix qui semble frappante, mais bien l’augmentation des chances de victoire du RN » par rapport aux régionales de 2015, explique Bernard Sananès, président de l’institut Elabe. « Les chances de victoire sont plus importantes, car il y a une fragmentation de l’offre électorale qui est plus grande, avec l’irruption de LREM », le parti présidentiel qui n’était pas encore né en 2015, souligne Bernard Sananès. Et avec une abstention qui s’annonce historique (jusqu’à 64 % selon Elabe), « l’électorat du RN semble très déterminé à aller voter », ajoute-t-il.

La question du « front républicain »

Dans ces conditions, dès que les premières estimations tomberont dimanche soir à 20 heures, la question du « front républicain » se posera pour la gauche, la droite, mais aussi pour la majorité présidentielle. Le tout dans un contexte où l’idée s’effrite, comme l’atteste un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche publié jeudi : un Français sur deux (51 %) y estime qu’une victoire du RN dans une ou plusieurs régions lors du scrutin du 20 et 27 juin ne représenterait pas un danger pour la démocratie. « Un front républicain des états-majors n’est pas forcément suivi dans les urnes », prévient Bernard Sananès.

Bien que locales, ces élections ont une dimension nationale et devraient donner le coup d’envoi de la campagne pour 2022. A droite, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui se sont engagés à se retirer de la vie politique s’ils sont battus, ainsi que Laurent Wauquiez attendent du scrutin un tremplin pour se lancer potentiellement dans la course à l’Elysée. Des trois, le président des Hauts-de-France a déjà annoncé qu’il serait candidat en 2022, sauf défaite le 27 juin.

Les écologistes en quête d’une région

A gauche, les Verts comptent profiter de la dynamique qui les a portés à la tête de plusieurs grandes villes l’an dernier lors des municipales. Ils misent sur un succès en Pays-de-la-Loire, où un sondage donne vainqueur au second tour l’écologiste Matthieu Orphelin face à la sortante LR Christelle Morançais. Mais la gauche part divisée, à l’exception des Hauts-de-France où l’écologiste Karima Delli est parvenue à la rassembler autour de sa candidature.

Pour les élections départementales, qui ont lieu simultanément, le scénario est identique : les sortants devront faire face à la poussée du Rassemblement national, qui ne détient aucun d’entre eux. Cinq collectivités d’outre-mer – Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique – sont également appelées aux urnes pour renouveler les élus de leur département, régions ou collectivité territoriale.

Retrouvez les résultats des élections régionales et départementales le dimanche 20 juin dès 20 heures sur 20minutes.fr