Régionales en Paca : C’est quoi cette liste des « amis d’Eric Zemmour » ?

POLITIQUE Menée par Valérie Laupies, cette liste dissidente du RN aux élections régionales en Paca pousse « pour une candidature d’Eric Zemmour en 2022 » et présente des candidats qui regrettent d’avoir accepté d’y figurer

Alexandre Vella

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Affiche électorale de Valérie Laupies.
Affiche électorale de Valérie Laupies. — SYSPEO / SIPA
  • La liste des « amis d’Eric Zemmour » pour les régionales en Paca, animée dans l’ombre par les Bompard, dit faire avant tout campagne pour que le polémiste soit candidat à la présidentielle de 2022.
  • L’intéressé s’est publiquement désolidarisé de l’initiative, par ailleurs jugée « flatteuse ».
  • De quoi diviser au sein de cette étrange formation où figurent des candidats « malgré eux ».

Les élections réservent souvent des surprises. L’étonnante liste « Zou », menée aux élections régionales par Valérie Laupies (ex- RN) et soutenue par Jacques Bompard (Ligue du sud), est de celle-ci. Cet étonnant regroupement de nostalgiques de Jean-Marie Le Pen et d’anciens de Debout la France fait avant tout campagne pour qu' Eric Zemmour soit candidat à la présidentielle de 2022. Voilà l’idée centrale de leur programme, dont les deux autres points tiennent en deux phrases : « une région souveraine » et « une région plus sûre ».

Pour le reste, Joël Houvet, tête de liste dans le Var préfère laisser parler son héros. « Si autant de gens l’écoutent, c’est qu’il a de bonnes idées », affirme cet ancien syndicaliste de FO, passé par le FN, puis par Debout la France, sa dernière famille politique en date, quittée il y a deux ans. Désormais, « il attend que Zemmour crée un parti pour s’engager ».

Mais voilà, le chroniqueur star de Cnews, condamné plusieurs fois pour « provocation à la haine ou à la violence » à raison d’une religion, ne semble pas prêt à sauter le pas, ni à se laisser forcer la main. Le 3 mai dernier, en direct à la télé, il déclare « ne pas soutenir cette liste », initiative qu’il trouve par ailleurs « très flatteuse » et assure au passage Jacques Bompard de sa « sympathie ». Car ce sont bien les Bompard, dissidents du FN de la première heure, dont le père Jacques, ne garde pour l’heure son fauteuil de maire d’Orange qu’à la faveur d’un pourvoi en cassation, qui semble être à la manœuvre. Le fils, Yann, préside l’association « Comités Zemmour », créée en février dernier et édite le site JesignepourZemmour.fr.

Candidats malgré eux, ils ne voteront pas pour leur liste

Toute cette cuisine n’est pas du goût de Didier Monnin, un temps engagé dans cette aventure électorale et qui souhaite tout de même ardemment une candidature en 2022 de son journaliste préféré. « Soutenir Zemmour est un plaisir et un honneur » pour cet homme qui se dit proche de l’Action française et « un dur et un pur du nationalisme national ». Mais lorsqu’il apprend que son héros ne soutient pas officiellement la liste Zou, il s’estime « trahi » et « manipulé » par Valérie Laupies. Il ne voit désormais chez elle qu’une personne désireuse « d’aller à la gamelle et de conserver ses 1.300 euros d’indemnité de conseillère », élue à la région Paca en 2016 sous la bannière du FN. Lui est parvenu à sortir de cette liste, mais pas de ses amis, Cédric Mazolenni, Michèle Clergé et Corinne Pace.

« Nous sommes allés demander notre retrait de la liste le 31 mai à la préfecture de Marseille, mais c’était trop tard », regrette Michèle Clergé. « Donc je figure sur cette liste malgré moi. Il aurait fallu aller au tribunal administratif et nous n’allions nous engager dans ces procédures », ajoute celle qui se dit aussi avoir été « menacée de rembourser 5.000 euros pour les frais de campagne en cas de retrait ». Candidats malgré eux, il y a peu de chance qu’ils votent pour la liste sur laquelle ils figurent. Michèle Clergé n’en fait d’ailleurs pas mystère, « voter Laupies, c’est non » !, insiste-t-elle, « et Mariani, ce n’est pas possible ». Avec de tels amis, il n’est pas écrit que Zemmour ait besoin d’ennemis.