Régionales en Bretagne : En tête des sondages, le Rassemblement national peut-il gagner ?

PRONOS La liste emmenée par Gilles Pennelle rêve de créer la surprise dans une région qui lui a longtemps été hostile

Camille Allain

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La tête de liste du Rassemblement national aux élections régionales Gilles Pennelle espère arriver en tête au premier tour.
La tête de liste du Rassemblement national aux élections régionales Gilles Pennelle espère arriver en tête au premier tour. — C. Allain / 20 Minutes
  • Annoncé en tête au premier tour dans un récent sondage, le Rassemblement national rêve de créer la surprise et de s’imposer en Bretagne.
  • La tête de liste RN Gilles Pennelle espère conquérir les voix de la droite et profiter de la fragmentation à gauche et chez LREM.
  • Le politologue Romain Pasquier estime que le RN a peu de chances de s’imposer en raison des alliances à venir.

Il a le buste droit et parle fort. Dans la chaleur de son petit bureau où s’affichent le drapeau français et le portrait de Marine Le Pen, Gilles Pennelle déborde de confiance. Tête de la liste du Rassemblement national en Bretagne, le candidat frontiste rêve de créer la plus grande surprise de ces élections régionales.

A quelques jours du premier tour prévu ce dimanche, sa liste semble sur un nuage, comme portée par les résultats du dernier sondage réalisé par Ipsos pour France 3. Réalisée le 8 juin, l’enquête donnait le Rassemblement national en tête au soir du premier tour avec 20 % des intentions de vote, un point devant Loïg Chesnais-Girard (PS) et Thierry Burlot (LREM).

Inexistant il y a quelques années dans une région qui lui a toujours été hostile, le Rassemblement national avait obtenu 19 % des suffrages en 2015, faisant son entrée au conseil régional. Six ans plus tard, sa tête de liste est devenue le principal adversaire pour le président sortant Loïg Chesnais-Girard. « Nous sommes la seule force politique capable de le battre », lance Gilles Pennelle, sûr de lui. A quelques jours du scrutin, le proche de Marine Le Pen lance un appel aux électeurs de droite à le rejoindre pour faire basculer un scrutin qui s’annonce indécis.

« On dirait des enfants qui se chamaillent »

Lundi soir, c’est l’ancien président Jean-Yves Le Drian qui a semé la pagaille en demandant à son successeur de fusionner avec la liste LREM pour le second tour et de ne « surtout pas » s’allier avec les écologistes. D’après le sondage réalisé par Ipsos, cette configuration serait la plus favorable au RN, dans un paysage politique morcelé.

« Je suis très confiant et je pense que nous arriverons largement en tête dimanche. Cela va créer un espoir et je suis persuadé que nous pouvons gagner », lance le candidat. Mais il reconnaît qu’il « ne croit pas à la réconciliation » entre Burlot et Chesnais-Girard. « On dirait des enfants qui se chamaillent. Et le papa qui vient les réconcilier », tacle l’élu dans son habituel franc-parler.

Pour être si haut dans les intentions, le candidat critiqué pour avoir appartenu au groupuscule néopaïen racialiste Terre et Peuple​, sait où frapper. Il critique « l’agribashing, l’insécurité, la fermeture des services publics ». Gilles Pennelle se place aux côtés des agriculteurs, de l’agroalimentaire, des pêcheurs, des territoires ruraux et de tous ceux qui se sentent « abandonnés » par la politique régionale. Il a aussi reçu le renfort de Florent de Kersauson, sa tête de liste dans le Morbihan. Mais peut-il réellement gagner l’élection ?

Abstention et divisions font le lit du RN

« Le Rassemblement national profite d’une dynamique mais il n’est pas en très forte progression. Il profite simplement de la très forte fragmentation politique de la région », estime le politologue Romain Pasquier. « Je ne le vois pas gagner, car il n’a pas d’alliés en vue du second tour. S’il y a des alliances, il sera sans doute battu ».

Le bon score du parti d’extrême droite pourrait aussi dépendre de l’abstention, qui s’annonce très haute. « On sait que l’électorat du Rassemblement national se mobilise en général », précise le politologue. En Bretagne comme ailleurs, le parti de Marine Le Pen pourrait aussi profiter d’un report des voix de la droite. En retrait dans cette campagne, la candidate Les Républicains Isabelle Le Callennec était annoncée à 14 % dans un sondage. « La campagne tourne beaucoup autour du score du RN et du duel entre Chesnais-Girard et Burlot. Isabelle Le Callennec n’est ni dans l’un, ni dans l’autre », conclut le politologue rennais. Verdict dimanche soir. On s’attend à de délicates négociations.

Retrouvez les résultats des élections régionales en Bretagne le dimanche 20 juin dès 20 h sur 20minutes.fr