Régionales en Nouvelle-Aquitaine : « Les transports publics seront gratuits d’ici à la fin du mandat », annonce Clémence Guetté (LFI-NPA)

POLITIQUE La candidate de La France insoumise et du Nouveau parti anticapitaliste Clémence Guetté détaille à « 20 Minutes » les trois mesures indispensables pour prendre un virage écolo en Nouvelle-Aquitaine

Propos recueillis par Elsa Provenzano

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Clémence Guetté est la candidate LFI et NPA aux régionales en Nouvelle Aquitaine.
Clémence Guetté est la candidate LFI et NPA aux régionales en Nouvelle Aquitaine. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
  • Clémence Guetté (LFI-NPA) est candidate aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine, qui se tiennent les 20 et 27 juin.
  • Elle précise pour 20 Minutes trois des mesures du volet écologique du programme.
  • La gratuité des transports publics et le développement des énergies renouvelables sont au cœur des propositions.

A 29 ans, Clémence Guetté est à la tête de la liste « On est là », constituée par La France insoumise (LFI) et le  Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Originaire des Deux-Sèvres, elle précise à 20 Minutes trois propositions fortes du programme pour amorcer une « bifurcation écologique » à l’échelle de la région.

Vous portez l’idée de rendre progressivement les transports publics gratuits ?

Oui, une de nos mesures phares ce sont les transports publics et locaux gratuits d’ici à la fin du mandat, en commençant par des publics prioritaires et en généralisant par la suite parce que les transports représentent 39 % des émissions de gaz à effet de serre dans la région. On a constaté depuis la mobilisation des « gilets jaunes », dont on se sent proches politiquement, que c’est le levier qui [au niveau individuel et collectif] impacte le plus les gens financièrement et crée ensuite l’accès aux services publics essentiels.

Comment parvenir à financer cette mesure ?

Il y a par exemple de l’argent public qui est utilisé pour financer des autoroutes qui in fine seront privatisés et mettront de l’argent dans les poches de Vinci. On peut récupérer de la marge de manœuvre financière sur les transports en faisant d’autres choix. Et d’ailleurs, on n’est pas les seuls en France à proposer cette gratuité des transports.  Audrey Pulvar le propose aussi en Ile-de-France par exemple. Ce n’est pas forcément marqué politiquement la gratuité, je crois juste que c’est un choix nécessaire pour demain.

Dans votre programme, vous expliquez que l' hydraulique est la première énergie renouvelable dans la région et qu’il faut la développer. Par quels moyens ?

Il y a un vrai sujet dans notre région sur le potentiel hydraulique. Il y a des propositions de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) qui permettraient au lieu de fonctionner juste avec le flux d’une rivière soumis à la fonte, etc., ce qui suppose nécessairement des irrégularités, de créer un circuit fermé et donc alimenté en continu. Il y a des technologies sur lesquelles on devrait investir davantage. On a, en comptant tous les petits barrages, 500 à 600 barrages, ce qui est massif.

Leurs potentiels ne sont pas exploités à fond et il y a même des absurdités totales, parce qu’ils sont parfois privatisés et mis dans le marché de l’énergie au sens large. Par exemple, des salariés m’ont raconté que pendant la crise sanitaire (qui a donné lieu à des changements de consommation énergétique), ils se sont retrouvés à produire plus d’énergie que ce qu’il était rentable de vendre. Ils en sont arrivés à fermer les barrages, à ce que la rivière coule par-dessus, pour ne pas perdre de l’argent dans les centrales. Alors comment on l’optimise pour servir l’intérêt général et le garder dans le giron public ? Cela dépasse un peu les compétences régionales mais on peut aussi peser sur les décisions vis-à-vis de l’Etat, quand on est une région qui représente 1/8e du territoire métropolitain.

Vous voulez mettre en place un plan régional pour avoir 100 % des toitures des logements utilisables équipées en panneaux solaires d’ici 2027. Quels leviers prévoyez-vous d’actionner ?

Ill faut utiliser les friches, les terres polluées ou déjà artificialisés pour installer du solaire. Cela fait partie des incitations financières dévoyées notamment de la politique agricole commune (PAC) puisque les agriculteurs, si jamais ils implantent des panneaux solaires sur des terres agricoles utiles, en tirent un meilleur rendement que s’ils font de l’agriculture. Nécessairement, quand vous essayez de survivre et que la question financière se pose, vous faites un choix. Ce sera très facile sur les toitures des bâtiments publics et on développera un système d’incitations financières pour les particuliers, c’est par là qu’on va pouvoir réussir.

Tout ça demandera de l’explicitation, des assemblées citoyennes car on ne fera pas sans la population. L’écologie, ce n’est plus un sujet d’écologiste mais d’intérêt général et d’utilité publique, dont tout le monde doit se saisir.

Retrouvez les résultats des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine le dimanche 20 juin dès 20h sur 20minutes.fr.